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Il était une fois au sanctuaire

 
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Chrysos
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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 11:04 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

IL ETAIT UNE FOIS AU SANCTUAIRE…

PARTIE 5 : LE PENDULE COSMIQUE

89) SOUS LE SIGNE DU TAUREAU

Le soleil de midi se reflétait sur cet appât beaucoup trop visible. Cachés dans les soubassements de la citadelle, le vieux maître et ses congénères trompaient leur ennui comme ils le pouvaient. L’air absent, AYOROS détacha son bandeau frontal et l’observa silencieusement.
- A quoi penses-tu, l’interrogea son comparse, à l’interminable chevelure bleutée.
- Ce bandeau m’a été offert par GALAN lorsque nous étions enfants. Cet idiot voulait remplacer celui qu’il m’avait déchiré à l’entraînement. Depuis, ce petit bout de chiffon est un peu devenu mon porte-bonheur. Vieux maître, estimez-vous qu’il soit préjudiciable à un SAINT d’attacher de l’importance à une relique aussi commune ?
- Pour être franc, je n’en ai pas la moindre idée. Mais si cela peut te rassurer, CALAHËL, le précédent porteur de ton armure, avait des lubies autrement plus déconcertantes. Sa tignasse, par exemple, était un fatras composé de mille et un…
L’arrivée brutale et bruyante d’un inconnu stoppa les récits d’ancien combattant du vieux maître.
- Enfin, annonça le frère d’AYOLIA.
- Son pas est lourd et régulier, observa SAGA. Malgré l’évidence du traquenard, il marche sans craintes ni appréhensions, certain d’être le chasseur et non le chassé. Vieux maître, devons-nous l’arrêter avant qu’il n’ait repris possession de son bien ?
- Non. Cette armure a attendu son retour pendant plus de 200 ans. Mais n’ayez craintes, leur réunion n’en sera que plus éphémère. Car, comme vous le savez, une armure d’or ne peut reconnaître qu’un seul et unique maître. L’armure ne se joindra donc à lui aujourd’hui que pour mieux le quitter demain. Et, une fois leur rupture consommée, revenir à son nouveau propriétaire, ALDEBARAN !
L’armure du taureau, que ces multiples indices ont permis d’identifier, entra en symbiose avec son ancien porteur. Dans une lueur aveuglante, elle se décomposa et revint sur ses épaules tannées par les rayons du soleil.
- Armure, dit-il. Je ressens ton sentiment de solitude mais ne peux le partager. Notre séparation, qui dura pour toi plus que la vie de deux hommes, ne fut pas même pour moi l’équivalent d’un hiver. Parle-moi armure. Montre-moi où se cachent ceux qui t’ont déposé dans ce château.
L’armure d’or qui, comme ses consoeurs l’avaient déjà prouvé, était animée d’une conscience, refusa de trahir SAGA et les siens. Dépité, AUROCH vociféra :
- Tant pis ! Tu m’obliges donc à employer les grands moyens ! TAURUS SISMIC WAVE !!!
L’homme aux cicatrices disgracieuses frappa le sol de son poing. L’onde de choc pulvérisa les rares parties indemnes de la citadelle et provoqua, ensuite, un glissement de terrain. Comme la mythique Ys, la citadelle et ses débris sombrèrent dans un océan de sable. Décrispé, le SAINT du TAUREAU s’écria :
- Ta place est aux enfers ! HADES se servira de tes pierres pour édifier un monument à la gloire de la folie humaine ou une prison pour les châtier !
- Voilà ce qui s’appelle une entrée en fanfare, commenta une petite silhouette se dessinant dans le nuage de poussière que son attaque avait soulevé.
- DOHKO, je suis un fervent partisan de la politique de la terre brûlée, lança AUROCH, physionomiste autant que philosophe. Ce changement d’époque ne fera pas évoluer mes mentalités. Alors, vieux fossile, comment te portes-tu ? Es-tu satisfait d’être devenu celui qu’autrefois tu as tant haï ?
- Ma vie est un peu routinière, mais elle est agréable. En définitive, je ne regrette pas de m’être laissé capturer par la destinée.
- Je vois que le tigre enragé a perdu ses griffes. A moins que ceci ne soit qu’une autre supercherie. Te dissimules-tu derrière cette apparence rabougrie pour tromper tes nouveaux compagnons de jeu ?
SAGA et AYOROS apparurent enfin à la lumière du jour. Leurs armures produisirent un halo doré qui éblouit AUROCH.
- La dernière récolte s’annonce prometteuse, jugea celui-ci en dévisageant le SAINT du SAGITTAIRE. Si je ne m’abuse, tu dois être AYOROS, le frère aîné d’AYOLIA. Je conçois mieux d’où celui-ci puise sa fougue et ses pouvoirs. Le lion est éduqué par un fauve en puissance !
Les futurs sauveur d’ATHENA et usurpateur du grand POPE s’observèrent silencieusement. Le vainqueur de TYPHON, devinant leur incompréhension, supposa alors :
- Je vois que tu n’as révélé que le strict nécessaire à tes assistants, DOHKO. Peut être seraient-ils intéressés par l’énumération exhaustive des rebondissements composant ta sombre existence !?
- Certainement, rétorqua le maître de SHIRYU. Mais nous avons mieux à faire que de nous perdre en explications interminables, ne crois-tu pas ? Mes « assistants » sont impatients de croiser le fer avec toi !
- Exact, répondit AUROCH en faisant craquer les phalanges de ses doigts. Jeunes gens, préparez-vous à essuyer les plâtres de ce vieux fossile et à découvrir à sa place ma technique expérimentale, L’ILLUSION DIABOLIQUE !
- L’ILLUSION DIABOLIQUE, s’exclama DOHKO. C’est donc toi le créateur de cette ignominie !?
- Avant que je ne mette au rancart ces avortons, permets-moi de te poser une question existentielle, poursuivit le SAINT balafré. Lors de notre combat, pourquoi suis-je le seul à avoir été aspiré vers cette époque infernale ?
- Un autre vieillard te l’expliquera, éluda le SAINT de la BALANCE. Je n’ai jamais été bien doué pour disserter sur les implications de ce maudit mouvement pendulaire…

90) DOULOUREUSE REVELATION

Pas un souffle d’air ne balayait l’océan Indien. Pour se détendre, VENTÔSE faisait quelques brasses dans cette véritable mer d’huile. Nageant avec grâce, son style tenait, par atavisme, moins de l’homme que du poisson. Soudain, il réalisa avec étonnement qu’il n’avait pas pris le temps de faire « trempette » depuis des lustres. Avec encore plus d’étonnement, il se rendit compte que son dernier crawl correspondait au jour où, sur son archipel natal, il avait cédé à l’appel de bien étranges sirènes :

VENTÔSE, habillé d’un simple pagne, paressait au soleil. Allongé sur une plage de sable blanc, il faisait rôtir son corps d’athlète afin de se sécher de sa petite baignade. Mais une ombre malingre s’allongea jusqu’à son visage et l’empêcha de goûter à un repos bien mérité.
L’homme au tatouage, ouvrant les yeux, se releva aussitôt. Il présenta ses hommages à HATTI, le devin de la tribu, lequel s’était permis de le déranger pendant sa sieste crapuleuse. HATTI était autrefois un homme d’une force et d’une vigueur peu commune. Mais les ans et les multiples jeunes ascétiques avaient desséché ses muscles et scarifié sa peau tatouée d’innombrables rides, plis et replis.
- Bonjour VENTÔSE, dit le devin. Lorsque, jadis, je te disais qu’il n’y avait pas d’heure pour les braves, je ne pensais pas que tu prendrais mon sermon au pied de la lettre. A tes cernes, je conclus que tu as encore passé la nuit à t’entraîner.
- Le grade de GENERAL ne s’acquiert pas en se reposant sur ses lauriers, répondit le jeune homme. Et puis, je préfère m’astreindre dès à présent une discipline de fer. Lorsque la guerre SAINTE éclatera, il est plus que probable que les nuits sans sommeil deviennent mon lot quotidien.
- La guerre SAINTE, répéta HATTI, une intonation étrange dans la voix.
Le devin, marchant vers la jetée, caressa la peau de son crâne dégarni. Une fois à trois pas de VENTÔSE, il tourna son cou de lézard vers lui et déclara :
- VENTÔSE, tu n’es pas sans savoir que, cette nuit, je suis parti à la barrière de corail afin de consulter les oracles…
- Comment, répondit celui-ci à demi somnolant. Heu… Oui, bien sûr !
- Ce que les oracles m’ont appris, je me dois malheureusement de le partager avec toi, continua HATTI. Malheureusement, car cette révélation risque fort de t’anéantir.
- Que voulez-vous dire, s’empressa de questionner l’homme au tatouage, sur qui les paroles du devin venaient soudain de faire l’effet d’une douche glacée.
- VENTÔSE, reprit le vieillard, peinant à trouver ses mots. Les craintes qui assombrissaient mes pensées ont été confirmées. POSEIDON, dieu parmi les dieux, ne renaîtra pas en cette ère ou tout du moins se cantonnera-t-il à une mission d’observation « en tapinois ».
- Vous plaisantez, s’écria le futur fils de la nouvelle aube, complètement réveillé. Les oracles se sont forcément trompés ! Le trident de sa majesté POSEIDON ! Il m’apparaît en rêve depuis mon enfance ! Vous m’avez vous-même affirmé que c’était un signe irréfutable !
- Je comprends quelle peut être la déception qui t’étreint, essaya de le consoler le devin. Pendant douze longues années, tu t’es entraîné durement afin de pouvoir un jour incorporer l’armée des MARINAS. Tu as sciemment négligé famille et amis, sacrifiant tes années d’innocence au nom d’une cause aussi lointaine qu’utopique.
- Un autre Eden, gémit VENTÔSE, tombé à genoux.
- La décision des puissances divines est irrévocable, tu le sais parfaitement, VENTÔSE. Mais celles-ci n’agissent jamais par hasard. Si elles n’ont pas souhaité réintroduire le seigneur POSEIDON dans le cours normal de cette ère, c’est que l’heure de son avènement n’était tout simplement pas encore venu. Ce cosmos, si pur et si puissant, ne t’as pas non plus était offert par hasard. Tu as une mission à accomplir VENTÔSE.
- Quelle mission, s’exclama-t-il, dépité. Comment pourrais-je servir le seigneur des océans si celui-ci reste prisonnier de l’urne où ATHENA a scellé son âme !
- En portant ton regard par delà cet océan et en embrassant du bout des lèvres les forces telluriques de ces minuscules îlots nommés continents, philosopha HATTI.
- Pardon !?

Un peu plus tard, VENTÔSE promenait son affliction à proximité de la barrière de corail. Cette dernière, mise à nue par la marée, resplendissait d’un éclat grenat chatoyant. L’homme au tatouage tribal, le corps encore couvert de sel marin, voulut crier sa rage aux oracles, qui par leur prédiction, avaient démoli ses idéaux et ses rêves de grandeur. Il prit une longue inspiration d’air iodé pour se donner de l’inspiration. Mais, subitement, tous les coraux de cette barrière naturelle vibrèrent au son d’une mélopée douceâtre.
- Ce n’est pas ta meilleure partition, NIVOSE, jugea une voix étrangère. Tu nous avais habitué à un peu plus de maestria !
Cinq cosmos, d’intensités presque égales, se juxtaposèrent à la barrière de corail. Les cinq énergies cosmiques appartenaient à autant de guerriers d’allure et de style vestimentaire divers et variés.
Trois d’entre eux étaient des « gravures de mode » typiques de cette époque et portaient redingote et autres foulards vaporeux. Un autre s’habillait probablement chez « kilts et compagnie ». Quand au dernier, il devait sûrement être son propre tailleur. Car aucun homme sensé n’aurait gâché une aussi longue pièce d’étoffe en la cousant de cette manière saugrenue.
- Etes-vous… Etes-vous les oracles, demanda candidement VENTÔSE, qui n’avait aucune idée précise de l’apparence de ces mystérieuses entités que seul HATTI parvenait à voir.
- Non, répondit l’un des personnages de sa voix apaisante. Nous sommes les fils de la nouvelle aube. Je te présente mes amis. Voici GERMINAL, THERMIDOR, BRUMAIRE et NIVOSE, notre ménestrel officiel. Quant à moi, je me nomme MESSIDOR.
NIVOSE, continuant à jouer de sa flûte de Pan, salua du menton l’individu au tatouage. THERMIDOR et GERMINAL furent plus démonstratifs et, en sus de leur présentation, donnèrent leur état de service à VENTÔSE. Enfin BRUMAIRE, à l’habit d’un noir profond, déversa le contenu d’une bouteille d’absinthe dans cinq grands verres à pied.
- Les fils de la nouvelle aube, reprit VENTÔSE qui, comme tous les personnages de cette histoire, avait pour habitude de constamment répéter tout ce qu’il entendait afin de permettre à l’auteur de « meubler » entre deux dialogues. Qu’est-ce donc ?
- Une association à but non lucrative, rétorqua pécuniairement THERMIDOR.
- Une guilde d’écorchés vifs, déclara BRUMAIRE.
- Un espoir, proposa GERMINAL.
- Ou peut être un vaste canular, scanda NIVOSE, lassé de jouer pour un auditoire aussi hermétique.
MESSIDOR, voyant que VENTÔSE ne comprenait goutte à toutes ces propositions, expliqua brièvement ce qu’était leur groupuscule.
- ACHIGAN, notre doyen et mécène, suit depuis longtemps ta germination, intervint GERMINAL. Considérant la grappe suffisamment mûre, il nous a envoyé pour la vendanger.
- Toi et tes comparaisons terreuses, critiqua BRUMAIRE. Tu ne vois donc pas qu’il ne comprend rien à tout ton charabia ! Tiens camarde, bois ça ! A défaut de t’éclairer, cette lichette te lubrifiera le gosier !
Le jeune homme offrit évidemment un verre d’absinthe à VENTÔSE. Celui-ci prit le verre en main mais le jeta aussitôt sur le sol. BRUMAIRE, scandalisé, s’exclama :
- Morbleu ! Tu es fou ! Avant de briser le calice, il faut le boire jusqu’à la lie !
L’homme au tatouage, hors de lui, hurla soudain à en briser le corail :
- Je ne veux avoir aucun commerce avec vous ! Déguerpissez avant que je ne vous arrache les yeux !
_________________
- Where's Bian?
- Bian is in the ki... is in front of the North pacific's pillar.


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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 11:04 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Chrysos
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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 11:06 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

91)LES CHASSEURS DE TÊTE

- Furioso, s’amusa NIVOSE.
- ACHIGAN savait que tu réagirais ainsi, s’écria SYLAS MESSIDOR. Afin que tu prennes au sérieux notre association, il nous a permis de faire la démonstration de sa force de frappe.
- Les têtes de mule ne comprennent que les coups de bâtons, s’immisça THERMIDOR. J’en sais quelque chose ! Permets-moi donc d’être le premier à tenir le manche de la cognée !
L’Ecossais s’avança, mais BRUMAIRE le retint en lui posant la main sur l’épaule. THERMIDOR, avec la vivacité d’esprit qui le caractérise, déclara alors :
- Bon, passe donc le premier ! De tout façon, j’ai tout mon temps !
- Merci, répondit l’homme vêtu de noir. Je vais lui montrer ce qu’il en coûte de refuser mon toast et de gaspiller cet élixir de vie !
- J’en doutes, le railla VENTÔSE. Je jure sur ces coraux que tu ne parviendras pas même à effleurer mon tatouage !
- Sur ces coraux, dis-tu, observa BRUMAIRE. J’ai récemment appris que le corail n’était pas une roche mais un animal ! Prends garde à ce qu’il ne te dévore pas !
- Quoi ? Mais… !?
Subitement, tous les fils de la nouvelle aube disparurent. VENTÔSE, déboussolé, constata avec horreur qu’il avait tout bonnement rapetissé. Réduit à la taille d’une fourmi, il se retrouvait perdu au cœur d’un labyrinthe de corail. Mais, étant prisonnier du MADNESS LAND de BRUMAIRE, il comprit bien vite que la notion de réalité n’était plus la même en cet univers psychédélique.
Le corail, sur lequel de gigantesques gueules de requins venaient d’apparaître, bougea soudain. Comme une plante carnivore de dessin animé, il essaya de gober le malheureux VENTÔSE. Heureusement BRUMAIRE, déguisé en créature sub-aquatique, attrapa la minuscule proie dans la paume de sa main palmée, avant que le prédateur corallien n’en fasse son repas. Puis il la glissa dans un grand coquillage dans lequel il souffla comme dans une conque. VENTÔSE, propulsé dans les airs, crut qu’il allait se faire déchiqueter par cette barrière naturelle ou plutôt l’enchevêtrement de fils barbelés qu’elle était devenue. Mais, curieusement, il rouvrit les yeux sur NIVOSE, successeur de l’assoiffé BRUMAIRE. Celui-ci ramassa une poignée de sable qui, dans ses mains, se transforma aussitôt en cristal incandescent.
- Quoi que BRUMAIRE t’ait montré, ce ne sera que bagatelle en comparaison de la suite, dit le flûtiste. PETRIFY BREATH !!!
NIVOSE souffla son adversaire mais ce dernier contre-attaqua avant de finir métamorphosé en statue de verre. Visant le flûtiste, il expédia une onde énergétique à courte portée. Mais ce fut THERMIDOR qui, en bouclier humain, l’encaissa. Du sang dans la bouche, l’Ecossais cria :
- C’est enfin à moi ! BENANDONNER PUNCH !!!
VENTÔSE fut derechef repoussé en arrière. Mais les rayons du BEASTLY RUSH de MESSIDOR le contournèrent et, par une poussée équivalente à celle qu’avait exercé l’attaque de THERMIDOR, réussirent à freiner l’homme au tatouage. Retombé sur le sable humide de cette plage éphémère, il releva le nez sur GERMINAL, qui puisait un assortiment de graines dans sa sacoche.
- Je te laisse le choix de ta mort, clama l’individu aux dreadlocks. Préfères-tu devenir la graine ou le terreau nécessaire à son bon développement ?
VENTÔSE se remit debout et, impériale, déclara :
- Vous êtes tous très fort, je l’admets ! Je ne pourrais jamais vaincre cinq guerriers de votre trempe ! Mais, envahisseurs, sachez que je ne mourrai pas sans avoir, au moins, tué plusieurs d’entre vous !
- Beau sang-froid, s’exclama l’Ecossais. Et si, à défaut d’une tuerie, nous déposions les armes et que nous discutions en gens de bonne compagnie !
- VENTÔSE, intervint MESSIDOR. Nous ne voulons pas ta mort ! Au contraire, nous sommes venus afin de te proposer une alliance !
- Je suis un MARINAS, riposta l’homme au tatouage. L’empereur POSEIDON est mon seul et unique souverain !
- Un empereur fantôme, corrigea le neveu de CASSINI MESSIDOR. Une partie d’échecs ne se joue pas sans le roi noir !
- Une partie… d’échecs, s’étonna subitement VENTÔSE. Est-ce une forme de duel ?
- Oui, répondit le marquis. D’après mon mentor, c’est même le plus noble des duels car il ne tolère comme armes qu’intelligence et stratégie…

VENTÔSE, se laissant porté par le courant, s’accrocha à l’aileron d’un requin qui, depuis plus d’une heure, lui tournait autour. L’homme au tatouage plongea et, jouant avec le requin, lui gratouilla la mâchoire avant d’agripper sa nageoire caudale. Ce jeu dangereux lui rappela la relation particulière qui unissait MESSIDOR et NADIR. Déprimé, il laissa partir cet espiègle gros poisson et nagea vers la surface. Grâce à la vibration de l’onde, il sut qu’un navire de moyen tonnage naviguait dans sa direction.
- Messieurs, dit-il. Vous serez bientôt échec et mat…

En Inde, SHAKA, inexpressif, alluma le brasier où reposaient les dépouilles d’AJMA, SHIVA, AGORA et NALANDA. Puis, accompagné de ses cinq derniers disciples, il entonna une sobre prière.
- Surveillez le bûché, ordonna-t-il soudain à ses disciples. Je vais méditer quelques instants afin de purifier mon aura.
L’homme le plus proche de Dieu, plus harassé moralement que physiquement, remonta la berge du Gange. Au confluent du fleuve, il trouva un temple dissimulé dans une grotte. Aussitôt entré, la moiteur inattendue du lieu lui causa un frisson imperceptible.
- Me voici, murmura-t-il en s’agenouillant devant la statue que nous verrons dans un de ses prochains flash-back.
- SHAKA, sembla répondre la statue. Qu’as-tu ? Quelle est cette affliction qui te ronge le cœur ?
- J’ai perdu mes quatre meilleurs disciples, rétorqua seulement le prochain adversaire d’IKKI.
- Les hommes vont et viennent sur cette terre depuis des millénaires, tu le sais parfaitement. Pourquoi t’attristes-tu de la disparition momentanée de ces quatre âmes-ci, toi, l’homme le proche de Dieu ?
- Je suis directement responsable de leur trépas, souffla SHAKA. Je les ai entraîné dans une voie stérile, une voie où les attendait une mort vaine et stupide.
- Aucune mort n’est stupide, le corrigea « l’esprit » de la statue. Tu appréhendes mal…
La « voix de la sagesse » de SHAKA s’étiola et disparut, provoquant l’étonnement de ce dernier. Mais il comprit bien vite quel phénomène était la cause de ce silence radio. Un homme roux, habillé d’un long manteau pourpre, s’était subrepticement glissé dans le temple. SHAKA, froid comme le sera CAMUS du VERSEAU, le dévisagea et lui lança :
- L’odeur de la mort a attiré les vautours ! Cependant, ces circonstances m’arrangent ! Car je peux ainsi décemment espérer récupérer mon bien dans les plus brefs délais !
Le cosmos de la réincarnation du BOUDHHA s’intensifia. Prenant l’apparence d’une fleur de lotus prête à éclore, son aura colora l’intérieur du temple d’une teinte dorée anachronique.

92)DEMYSTIFICATION

- Quel bien souhaiterais-tu donc que je restitue, demanda ACHIGAN, avec l’aplomb et l’hypocrisie de nos hommes politiques actuels.
- Ne me prenez pas pour plus bête que je ne suis, s’emporta SHAKA, fatigué d’être le dindon de la farce.
- Je suis mis à quia, avoua l’homme au diadème. Bien, est-ce ceci que tu cherches ?
Le rosaire aux cent huit perles se matérialisa devant SHAKA. Surpris par cette soudaine coopération, l’homme le plus proche de Dieu ramassa sans hâte la relique sacrée. Vérifiant son authenticité, il murmura :
- Je te retrouve enfin.
ACHIGAN, les bras croisés dans le dos dans une pose très stricte, continua alors son monologue :
- Je savais que, tôt ou tard, tu découvrirais le pot aux roses. Mais, durant cet intervalle, j’escomptais que tu me débarrasserais de OZ et de quelques autres de ses congénères.
SHAKA, une expression de colère démonique sur son visage angélique, cria alors :
- Vous reconnaissez donc m’avoir offert la tête de OZUMARU sur un plateau d’argent alors que, depuis toutes ces années, vous aviez le rosaire en votre possession !?
- Il est inutile que je le nie davantage, répondit stoïquement l’homme au manteau.
- En ce cas vous mourrez, lança SHAKA, intransigeant. TENKUUHAJA CHIMIMORYO !!!!
Grâce au rosaire, l’homme le plus proche dieu invoqua une légion de lutins et autres esprits sataniques. Mais, réels ou pas, ces invocations se figèrent devant ACHIGAN. Ce dernier, plus radical que tous les chasseurs d’esprits, les désintégra d’un claquement de doigt.
- Moderato, dit-il en retirant son manteau et en le pliant avec soin. J’accepte tes philippiques, mais si nous devons combattre ce ne sera certainement pas dans cette tenue !
Le père adoptif de VENDEMIAIRE sortit « de sa manche » une statuette représentant un serpent à neuf têtes. Phase obligée, la statuette évolua en une armure couleur de sable qui, aussitôt, se greffa à ACHIGAN.
- Voici le dernier modèle en date, poursuivit-il. COBALT avait baptisé cette armure du nom du SHESHA. Je ne te ferai pas l’affront de te demander si tu connais la légende de ce serpent.
- Le SHESHA est le soutien de l’univers, expliqua quand même SHAKA. En Sanskrit, son nom signifie ruine ou vestige. Car il est sensé représenter le résidu d’un ancien monde et le germe d’un nouveau.
- Cette armure est naît de mon sang. COBALT savait parfaitement attribuer aux « donneurs » la créature lui correspondant le mieux.
- Ce COBALT était sans doute le MÜ qu’ATHENA condamna à remplacer le gardien de l’île de la reine morte. J’ai entendu dire qu’il avait été libéré tout récemment. Je suppose que votre groupuscule s’est chargé de son évasion ?!
- Effectivement, concéda le dirigeant des fils de la nouvelle aube. Je constate que, malgré ta légendaire discrétion, tu te tiens au fait des derniers événements de cette minuscule planète.
- Suffit ! Qu’importe que tu aies cette armure sur les épaules, tu n’échapperas pas à ton châtiment ! Mais, si je suis ton bourreau, je ne serais pas ton juge ! Tu choisiras toi-même le monde de ta punition ! Par les SIX MONDES DE LA METEMPSYCHOSE !!!
Comme OZ et, plus prêt de nous, IKKI, ACHIGAN chuta à travers les six enfers. Son corps, comme une poupée de chiffon, retomba mollement sur les marches conduisant à la statue du temple.
- C’est fini, ponctua l’homme le plus proche de Dieu. Il doit certainement avoir choisi l’enfer des humains. Cela l’univers le plus approprié à un manipulateur de son genre.
- Erreur, répondit l’intéressé. Cet enfer est précisément le moins adapté à ma condition !
ACHIGAN, léger comme une plume, se releva sans s’aider de ses bras. SHAKA, admiratif malgré lui, clama :
- En deux millénaires, les hommes ayant résistés à cette attaque se comptent sur les doigts des deux mains. J’admets t’avoir sous-estimé, ACHIGAN du SHESHA !
- Tu ne peux pas t’en vouloir. Lors de nos rencontres passées, je ne t’avais montré qu’une version édulcorée de mes capacités. La partie immergée de l’iceberg est, comme tu dois maintenant le penser, bien supérieur à ce que tu as pu voir en surface.
- Ce combat sera donc plus long que je ne l’avais envisagé. Mais, quels que soient tes pouvoirs, il aura la même finalité. Seul, tu ne peux te mesurer à l’absolue sagesse du BOUDDHA !
- C’est plus que certain, homme le plus proche de Dieu, admit ACHIGAN. Ton surnom n’est pas le fruit du hasard. Ton cosmos est quasi-équivalent à celui d’ATHENA, ce qui fait logiquement de toi l’humain le plus puissant de cette ère. Mais, tout comme elle, tu as un point faible que je n’ai pas ! Yah !!!
L’énergie cosmique en exergue, l’individu au diadème se prépara à attaquer. SHAKA, bon prince, le laissa faire.
- Tu es depuis longtemps ma bête noire et l’entrave à mes ambitions, éructa l’assassin de CALAHËL. Mais, tout obstacle que tu es, je peux te contourner ! UNIVERSAL PENDULUM ATTACK !!!
L’ombre du SHESHA se matérialisa derrière ACHIGAN, avant de se transformer en une voûte étoilée. SHAKA, pas impressionnable pour un sou, commenta :
- Après ce discours liminaire, je m’attendais à beaucoup mieux que cette représentation bâclée. Ton élocution sera-elle inversement proportionnelle à tes pouvoirs ? OHM !!!
Rosaire enroulé autour des poignets, le maître de SHIVA frappa à distance ACHIGAN. L’homme au diadème fut projeté dans les airs et fut derechef agressé par les lutins du TENKUUHAJA CHIMIMORYO. Lorsqu’il retomba avec bruit sur le sol, SHAKA « mitonnait » déjà son attaque suivante.
- Subis le courroux divins, aboya-t-il. CHATIMENT DU CIEL !!!
L’image habituelle de la jeune fille juchée sur son destrier de mort apparut derrière lui et causa théâtralement la chute du père adoptif de VENDEMIAIRE. Cependant ACHIGAN, tel le SEIYA moyen, se releva encore et toujours après l’offensive.
- Cette armure est le chef-d’œuvre posthume de COBALT, claironna-t-il. Elle est infiniment plus résistante que ne l’étaient ces autres créations ! Quelle que soit l’intensité de tes assauts, tu ne parviendras pas à la briser !
- J’avoue que sa résistance me surprend, reconnut son antagoniste. Mais, comme tu l’as si bien dit, les obstacles peuvent être contournés. Je te vaincrai en supprimant tes sens les uns après les autres !
Prêt à mettre ses menaces à exécution, le professeur d’AGORA ouvrit lentement les paupières. ACHIGAN, plus calme qu’il aurait normalement dû l’être en pareille situation, lança alors :
- Tu ne peux plus rien contre moi ! Puisque tu as les yeux grands ouverts, regarde donc tes mains ! Crois-tu qu’elles soient encore assez vigoureuses pour me tordre le cou ?
- Comment ? Mais… !?
Les mains de SHAKA, effectivement, étaient désormais fripées comme celle d’un vieillard. Reculant involontairement, il vit glisser devant son regard l’une de ses longues mèches de cheveux. A son grand étonnement, elle n’était plus couleurs d’or et de blé mais couleurs de neige et de coton.
- Voici donc les effets de ton attaque, analysa-t-il en observant le visage de la statue de son guide, sensiblement érodée. Tu as formé un gouffre spatio-temporel où le temps s’écoule à une vitesse faramineuse !
- Eh oui, clama son adversaire. Pauvre SHAKA, tu es peut être la réincarnation de BOUDDHA, mais ton corps est celui d’un humain. Là est ton unique point faible. La faible espérance de vie de ton organisme causera ta perte.
- Qui… Qui es-tu vraiment, bégaya l’homme le plus proche. Pourquoi n’es-tu pas affecté par le vieillissement ?
- Tu te trompes, répondit-il. Je le suis également !
ACHIGAN ôta son heaume et montra de l’index les rides qui se creusaient sur son visage. De même, ses tempes commençaient à grisonner.
- Mon métabolisme est différent du tien, dit-il. Tu seras retombé en poussière bien avant moi !
- Encore une fois, tu m’as manipulé ! Depuis le commencement de ce duel, tu n’as fait que gagner du temps en recevant sans ciller mes attaques ! Idiot que je suis, j’aurais du me montrer plus méfiant ! Mais, même si j’ai déjà un pied dans la tombe, mon cosmos est intact ! Il me reste assez d’énergie pour éradiquer tes sens ! TRESOR DU CIEL !!!
SHAKA, devenu un vieillard rachitique, relâcha toute la puissance qu’il avait emmagasiné en se privant volontairement d’un de ses sens. Quelques secondes après, il s’écroula et, fixant la statue, murmura :
- KASHYAPA… Je n’atteindrais pas le niveau supérieur dans cette existence… A ma prochaine réincarnation, je vous promets que… tout sera… différent…
Ainsi mourut le SHAKA de cette époque. Sans avoir pu accomplir sa destinée et livrait bataille contre HADES, il poussa son dernier souffle dans ce temple perdu. Lorsque son corps, toujours sous l’influence du vieillissement accéléré, se momifia, des larmes semblèrent couler des pupilles vides de la statue.
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Chrysos
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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 11:10 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

93)LE CALME AVANT LA TEMPÊTE

Loin de là, l’ALCYON, perdu en mer, faisait presque du sur-place. L’équipage, en repos forcé, s’occupait comme il le pouvait. NIEMAND, imitant CALAHËL, gribouillait quelques hiéroglyphes illisibles sur son journal de bord flambant neuf.
SHION, pour réfléchir en paix, s’était isolé au poste de vigie. OZ, contaminé par les croyances animistes des Aïnous, sculptait des fétiches cérémoniaux. DOHKO, encore plus improductif que ses semblables, regardait nager les poissons volants. MIRV, qui avait tenu, par ennui, à mettre de l’ordre dans la cale, sortit de l’écoutille et vint à lui sans s’annoncer :
- Cette traversée est interminable, se plaignit gentiment l’ELU. Ce rafiot ne peut-il donc voguer plus rapidement ?
Le SAINT de la BALANCE, soulevant d’une pichenette le chapeau lui couvrant les yeux, sourit et déclara :
- Nous sommes sur une éponge énergétique, pas sur un voilier de compétition.
- Une « éponge énergétique », s’étonna l’ami de SHION. Est-ce ainsi que tu appelles les caravelles ?
- Celle-ci seulement, poursuivit l’ermite de ROZAN. Je suppose que tu connais l’histoire de NIEMAND…
- Qui ne la connaît pas, répondit MIRV. Jadis, il défia POSEIDON et fut condamné à errer éternellement sur les flots.
- Exact, mais ce que l’histoire ne dit pas, c’est que le seigneur des océans apposa une autre malédiction. Pour que personne ne vienne jamais secourir notre capitaine, il créa un brouillage perpétuel autour de l’ALCYON. Un brouillage qui, à l’origine, devait servir à dissimuler les radiations cosmiques de ce cher NIEMAND et le rendre totalement indétectable.
- D’où le terme d’éponge énergétique, comprit l’ELU. Et je suppose que ce brouillage est encore efficient ?!
- Oui. Tant que nous voguerons, nous passerons « entre les mailles du filet » et, même le plus doué des vôtres ne pourrait retrouver trace de nous. Curieux retour de manivelle, n’est-ce pas ?
- C’est le moins que l’on puisse dire, concéda MIRV. Sans cela, cette coquille de noix aurait certainement fini sa carrière au cimetière des épaves !
- J’en doute, le contredit DOHKO. Regarde donc notre capitaine !
NIEMAND, se moquant du qu’en-dira-t-on, semblait s’entretenir gaiement avec son navire. Le SAINT de la BALANCE, narquois, relança au MÜ :
- Malgré les apparences, c’est un grand sentimental voire un dangereux schizophrène. Mais, quoi qu’il en soit, je sais qu’il préférerait perdre bras et jambes plutôt que de voir son navire finir au rebut.
- La solitude transforme hommes et caractères, susurra l’ELU. J’en sais quelque chose…
DOHKO, qui entendit dans le son de la voix du MÜ une note de mélancolie, demanda abruptement :
- Dis-moi, j’ai l’impression que tu n’es pas seulement venu pour discuter des aléas de cette croisière. Aurais-tu autre chose à me demander ?
- Tu es perspicace, reconnut le MÜ, un peu embarrassé. Bien… Autant que je me jette à l’eau. Est-il exact que tu viens d’une époque, disons, différente ?
DOHKO, percevant distinctement l’aura rassurante de SHION, répondit :
- Je vois que le terme « confidentiel » n’a pas la même signification dans le langage de votre peuple. SHION t’a probablement fait un rapport précis, donc il serait inutile que je démente.
Le MÜ, mis en confiance, continua aussitôt :
- SHION ne m’en a parlé qu’en qualité d’ELU de mon peuple. Il pense que je devrais te poser quelques questions sur l’avenir, pour le bien de la colonie.
- Cela ne lui ressemble guère, riposta l’ermite. Ne sait-il pas qu’il est imprudent d’ouvrir ce genre de boîte de Pandore ?
- Notre peuple vit sur le fil du rasoir depuis des siècles. Il est normal que nous voulions avoir un aperçu de cet avenir si mystérieux, à plus forte raison maintenant que nous avons quitté notre système autarcique. Ne penses-tu pas que nous sommes en droit de savoir si nous courrons à la catastrophe ou à une parfaite intégration ?
Le SAINT de la BALANCE, se débarrassant de son couvre-chef, fixa MIRV dans les yeux et prit une intonation de voix différente :
- C’est juste. Bon, si je comprends bien, tu veux savoir ce qu’il adviendra des tiens lors des temps futurs. Malheureusement, je ne pense pas pouvoir éclairer ta lanterne. Au cours de mes innombrables pérégrinations, je n’ai jamais véritablement rencontré de représentants de votre communauté. Toutefois, j’ai souvent entendu parler d’êtres doués de pouvoirs télékinésiques supérieurs à la normal. L’un d’eux, à ce sujet, était une légende vivante. Son nom, très énigmatique, était MU et il séjournait dans une région que tu ne connais que trop bien, JAMIEL !
L’ELU, abasourdi, n’osa pas demander des précisions. DOHKO, lui, en profita pour se replonger dans ses souvenirs.

Depuis dix jours, OKKO/DOHKO attendait, accroupi devant la tour de JAMIEL. Mais, hormis les aigles du mont JANDARA qui, régulièrement, organisaient une patrouille au dessus de leur domaine, il n’avait pas encore vu âme qui vive. Mâchonnant une tranche de viande séchée élastique, il profita du calme ambiant pour inventorier ses provisions. D’ici trois jours, il devrait penser à se ravitailler d’une manière ou d’une autre.
- SHIRYU, pensa-t-il pour se changer les idées. JAMIEL est la dernière étape de mon voyage. Je serai bientôt aux cinq pics.
Après quelques autres ablutions mentales, il s’endormit du sommeil du juste. Cependant, un bruit d’os brisé, amplifié par l’écho, lui parvint subitement aux tympans. OKKO, qui savait que l’homme qu’il guettait n’emprunterait pas le chemin des soldats fantômes, se demanda quel genre de quidam pouvait s’aventurer dans cette région invivable.
- Encore un effort, s’encourageait sans cesse la jeune femme. Tu ne vas pas flancher si prêt du but !
Epuisée, elle traversa avec peine le pont de bois conduisant à la tour. Etait-ce dû à l’absence de nourriture ou à la fièvre, mais il lui sembla apercevoir de la fumée devant ladite tour. Baissant les yeux, elle vit un guerrier qui, le plus sereinement du monde, se réchauffait les mains auprès d’un feu bien garni.
- MU, questionna-t-elle avant de s’évanouir et de s’écrouler comme une masse.
OKKO, rendu méfiant par l’armure et le masque de la jeune fille, marmotta :
- Toujours au mauvais endroit au mauvais moment ! Quel est encore cet oisillon tombé du nid ?
La jeune femme se réveilla en sursaut deux bonnes heures plus tard. Repoussant la cape surannée lui servant de couverture, elle se demanda ce qu’il avait bien pu lui arriver. Tous les événements, dans un flash-back violent, lui revinrent à l’esprit lorsqu’elle découvrit OKKO, à trois pas devant elle. Ce dernier, retirant une gamelle de terre cuite du feu, assaisonna la tambouille d’une poignée d’herbes sèches.
- Ce sont des herbes médicinales, dit-il. Elles ne rendront pas ce piètre ragoût plus savoureux mais, au moins, elles feront baisser ta fièvre. Tiens, mange.
Le voyageur déposa le plat entre les fines mains de la jeune femme. Puis, pour ne pas transgresser les doctrines du sanctuaire, il s’éloigna de quelques mètres afin qu’elle puisse se sustenter à visage découvert.
- Merci, énonça-t-elle avant de toucher à son repas.
- Tu n’as pas besoin de me remercier, riposta le rival de SHIRYU, légèrement embarrassé.
Son ragoût terminé, la jeune femme se couvrit le visage et déclara :
- Je suis MARINE, SAINT d’argent de l’AIGLE.
- OKKO, répondit-il seulement.
Requinquée, le mentor de SEIYA fit trois pas hésitants. Ce faisant, elle fouilla du regard l’ancienne tour de guet de MIRV. Le vagabond, déjà très perspicace, lança alors :
- Il n’est pas là. Cela fait une décade que je guette son retour.
MARINE, silencieuse, marcha malgré tout jusqu’à la demeure de MU. Plus loquace que d’habitude, l’homme de ROZAN demanda :
- Dans ton délire, tu as souvent appelé après un certain SEIYA. Serais-tu intiment lié au SAINT de PEGASE ?
- Il fut mon disciple. Pourquoi cette question ? SEIYA t’a-t-il causé du tort ?
- Il y a peu, cet imbécile a vaincu un homme dont j’avais jadis juré de me venger !
Plus bas, le vagabond maugréa :
- Tu n’es qu’un minable SHIRYU. Comment as-tu pu perdre face à cette demi-portion ?
A voix haute, il poursuivit :
- J’ai entendu dire que le sanctuaire avait mandaté une escouade de SAINTS d’argent afin de punir organisateurs et participants du challenge galactique, le tournoi auquel prit part ton disciple. La rumeur prétend aussi qu’aucun des soldats du domaine sacré ne serait revenu de cette mission minime. Le grand POPE doit d’ailleurs en être tout retourné. Cela lui enseignera qu’il ne faut pas sous-estimer les Orientaux, même s’ils ne sont que de simples SAINTS de bronze.
- SEIYA et ses compagnons n’ont gagné qu’un sursis. Le sanctuaire est un vivier d’assassins et de justiciers en puissance. Ils se feront un plaisir de venger l’honneur de leurs camarades.
- Aucun doute à ce sujet, approuva le guerrier de ROZAN, dont la majorité des cicatrices pouvait être amalgamée à la rancœur d’un des résidents du sanctuaire. Ton élève devra se faire tout petit s’il tient à revoir la lumière du soleil.
MARINE, touchée au cœur, s’assit auprès du feu. Piquant le brasier avec un tisonnier de bois, elle dit :
- Pourquoi m’as-tu porté secours ?
- Je n’avais rien de mieux à faire aujourd’hui, éluda le voyageur. Crois bien que si MU était apparu au même instant, je n’aurais pas pris la peine de te relever.
- MU ne reçoit que très peu de visiteurs. Et, généralement, ceux-ci sont des guerriers venant lui demander de réparer leur armure, comme les tas d’os gisant au fond de ce précipice. Mais, toi, tu n’es pas un SAINT. Qu’as-tu à gagner à l’attendre ?
- MU est, paraît-il, un puissant télékinésiste. C’est la seule catégorie de combattants à laquelle je ne me suis pas encore mesuré. Et j’ai horreur d’avoir ce genre de manque sur mon curriculum vitae.
Tout à coup, les deux interlocuteurs captèrent les radiations entremêlées de quatre cosmos. OKKO, décalé, pensa alors qu’il n’aurait jamais assez de victuailles pour tout ce beau monde.

94)LES SECOND COUTEAUX

- MU ne reçoit que très peu de visiteurs, répéta OKKO/DOHKO, sarcastique. Dans ce cas, à qui appartiennent ces auras ?
- A d’autres bourreaux du sanctuaire, marmotta le SAINT de l’AIGLE. Un conseil, fuis tant que tu le peux encore !
- Et manquer la fête, très peu pour moi ! De toute façon, ils sont déjà là !
Trois hommes et une femme, équipés d’autant d’armure, avancèrent vers ce couple mal assorti. Au doyen du groupe, un grand blond au brushing très « années quatre-vingt », MARINE envoya :
- ALBIOR de CEPHEE ! C’est donc toi que le POPE a choisi pour accomplir cette basse besogne !
- Malheureusement oui, rétorqua le maître de SHUN. Crois bien que ce n’est pas de gaîté de cœur que j’ai quitté l’île d’ANDROMEDE !
- Je le sais, dit-elle, compréhensive. Chacun porte le fardeau de ses élèves respectifs !
- MARINE, articula ALBIOR. Le sanctuaire m’a ordonné de te ramener morte ou vive. Aussi, je ne saurais trop te conseiller de te rendre. Même si tu es la meurtrière d’un de nos semblables, j’aimerais autant ne pas avoir à t’affronter.
- De deux de nos semblables, corrigea le mentor de SEIYA. SPARTAN a, lui aussi, tenté de me capturer. Ce fut lui ou moi !
- Tu alourdis encore les charges pesant sur toi, souffla le gardien de l’île d’ANDROMEDE. Bien, ces négociations sont futiles. JUNE, REDA, SPICA, enchaînez-la !
- Maître, intervint l’adolescent baptisé SPICA, qui avait repéré le danger nommé OKKO. Devons-nous également nous occuper de son complice ?
- Mon complice, ricana MARINE. Ce n’est qu’un vagabond dont le seul forfait est d’avoir traîné sa misère jusqu’à la demeure de MU. Nous n’avons eu aucun commerce !
- Alors j’espère qu’il saura se tenir à carreau, lui ordonna par dérivation ALBIOR. A l’attaque !
Tout feu tout flamme, les compagnons d’entraînement de SHUN se précipitèrent sur le SAINT de l’AIGLE. REDA et SPICA, conformément aux directives de leur chef de mission, essayèrent de la saucissonner de leurs chaînes stylisées. Mais, trop rapide pour eux, elle esquiva leurs armes et les « moucha » de quelques météores des familles.
- Elle récupère vite, commenta OKKO, content que sa décoction fasse effet aussi rapidement.
Knock-out, REDA et SPICA cédèrent la place à la belle JUNE. Moins tête brûlée que ses comparses, l’amie de SHUN fit claquer son fouet et dit :
- Nous ne voulions pas employer la force, mais tu ne nous laisses pas le choix ! Yah !
Marine, pour ne pas se faire arracher un bras, fit une esquive latérale. Comparaison douteuse, elle fut, pendant les minutes qui suivirent, pareille à un moustique évitant la langue d’un caméléon.
- Brutal mais non dénué d’intérêt, songea l’homme de ROZAN, le menton appuyé sur ses paumes.
- Il suffit, hurla au même instant le professeur du SAINT de PEGASE. METEORES !!!
JUNE fut matraqué de coups. Néanmoins, alors que son adversaire semblait avoir partie gagnée, cette dernière interrompit l’assaut.
- Tu as brûlé trop d’énergie lors de tes combats précédents, proclama le SAINT du CAMELEON, voyant sa rivale peiner à reprendre son souffle. De plus, à cette altitude, tu ne peux plus aussi bien réguler ta respiration. Je crains que le vent n’ait définitivement tourné. GREAT CAPTURE !!!
Le fouet de JUNE s’enroula autour du corps admirablement bien proportionné de sa concurrente. Le SAINT de bronze renchérit alors :
- Abandonne ! Ce fouet n’est peut être que de bronze, toutefois il pourrait aisément te broyer le squelette !
Les bras entravés, MARINE ne s’avoua pas vaincu pour autant. Sans élan, elle bondit dans les airs et cria :
- Si je n’ai pas d’ailes, il me reste mes serres ! AIGLE FOUDROYANT !!!
Du talon, la confidente d’AYOLIA pulvérisa le bustier d’armure de son ennemie. Assommée, JUNE chuta prés de REDA.
- Et de trois, calcula OKKO, savourant ce duel en gastronome du pugilat.
MARINE, déposant le fouet devant sa propriétaire, cracha rudement à ALBIOR :
- Dorénavant, tu ne peux plus te dissimuler derrière tes disciples ! Même si tu y rechignes, tu vas devoir te salir les mains !
- MARINE, scanda l’intéressé. J’aurais aimé que cela se passe différemment ! En garde !
Prêt à combattre, le SAINT de CEPHEE fit exploser son cosmos. Gêné par les volutes de poussière soulevées par ce brusque mouvement énergétique, le SAINT de l’AIGLE s’exclama :
- Tu n’as rien perdu de ta force ! Cependant, ne crois pas que cette démonstration me fera hisser le drapeau blanc ! METEORES !!!
Pour la troisième fois, la jeune femme utilisa la technique dont elle confia autrefois le secret à SEIYA. Le professeur de SPICA, toutefois, reçut les météores sans même daigner prendre de pose défensive.
- L’analyse de JUNE était très judicieuse, dit-il. En ce moment, tu puises dans tes ultimes réserves. Par le fait, tes coups sont désormais d’une lenteur et d’une faiblesse affligeantes. D’ailleurs, très peu atteignent maintenant le mach 2, le seuil de vitesse de notre caste. Amie, par respect, je vais t’épargner l’usure physique et psychologique d’un combat fleuve. Yah !!
Le SAINT d’argent fit virevolter sa chaîne au dessus de son crâne avant de projeter son lest, hérissé de pointes acérées, sur son adversaire. Touché à l’épaule, MARINE fut catapulté contre la façade de la tour.
- Quel punch, admira OKKO/DOHKO. Le maître a plus de puissance que ses trois élèves réunis !
Groggy, le mentor de SEIYA tentait, pour sa part, d’organiser une contre-attaque. Par chance, son cerveau produisit en urgence une dose d’endorphine. Oubliant la douleur, elle s’élança gracieusement dans les cieux et concentra tout son pouvoir en une ultime attaque.
- Ma mission est trop importante pour que je me laisse tuer aussi facilement, hurla-t-elle. AIGLE FOUDROYANT !!!
ALBIOR, les bras ballants, attendit que le talon de son ennemie ne soit plus qu’à une longueur de cheveux de son front pour proclamer :
- Peine perdue…
Si ce récit était un film et OKKO le spectateur du premier rang, il aurait certainement été se plaindre au directeur du cinéma d’une absence de séquence dans la bobine projetée. En effet, à la dernière syllabe prononcée par ALBIOR MARINE s’était retrouvée, sans transition aucune, « les quatre fers en l’air » à une bonne centaine de mètres de lui.
- Comment as-tu pu, gémit, sous son masque brisé, la malheureuse.
- Avais-je le choix, déclara le SAINT d’argent, l’affliction au corps. Si ce n’avait été toi, le sanctuaire m’aurait ordonné de tuer SHUN. Puisses-tu me pardonner !
Utilisant sa chaîne comme une masse d’arme, ALBIOR voulut assommer sa concurrente. Mais l’homme de ROZAN, d’un shoot magnifique, lui réexpédia son boulet d’acier. Déconcerté, le maître de JUNE l’apostropha ainsi :
- Doit-on considérer ce geste comme un aveu de complicité ?
- Non, répondit malicieusement le suspect. Plutôt comme une provocation gratuite ! GRIFFES DU TIGRE !!!
ALBIOR, statique, parut passer au travers de l’attaque du rival de SHIRYU. Satisfait, celui-là clama :
- Je le savais ! Tu te déplaces à la vitesse de la lumière ! Ceci explique pourquoi je n’ai pu apercevoir ta riposte !
Toutes griffes dehors, OKKO pris sa posture offensive caractéristique.
- J’étais venu pour MU, dit-il. Mais tu feras un bon amuse-gueule ! En garde !
ALBIOR, qui abhorrait plus que tout autre chose les dommages collatéraux, hurla à la cantonade :
- MU ! Entends-tu le tumulte grondant sur ta province ? Ne crois-tu pas qu’il est grand temps d’intervenir ?
Interceptant le regard du SAINT, le futur voyageur temporel aperçut une ombre qui, de la haute fenêtre de la tour, surveillait les alentours.
- Depuis quand est-il… se demanda OKKO.
- Tu es encore bien vert, critiqua le SAINT d’argent. Il nous observe depuis que mes disciples sont entrés en action.
L’ombre s’évapora et réapparut derrière le vagabond. Ce dernier, incapable de tourner la tête, cracha entre ses dents :
- Une paralysie !?
- Simple mesure de sûreté, répliqua de sa voix monocorde le dénommé MU. Décidément, je ne peux plus m’absenter sans, qu’aussitôt, ma demeure soit investi par toutes sortes de squatteurs.
- Nous ne sommes pas tous à mettre dans le même sac, riposta ALBIOR en faisant la révérence. Mes disciples et moi-même sommes en mission. Vous pouvez d’ailleurs très facilement le vérifier grâce à cet ordre officiel du sanctuaire.
Le SAINT sortit un feuillet de sa manche et en proposa la lecture à MU. Mais le restaurateur d’armure, d’un haussement de menton, fit comprendre qu’il croyait les dires du mentor de SHUN.
- Et toi, apostropha-t-il OKKO. As-tu un laissez-passer t’autorisant à musarder sur mes terres ?
- Bien sûr, répondit-il en levant agressivement le poing. Le voici !
- Il parvient à bouger malgré l’onde paralysante de MU, songea le maître de l’île d’ANDROMEDE. Ce n’est vraiment pas un guerrier ordinaire !
- Je ne saurais tolérer pareille animosité en ce lieu, adjugea le mentor de KIKI. Meurs, impudent !
Une luminescence blanche engloba OKKO et fragmenta son être. Il entendit cependant MARINE, revenue à elle, s’écrier :
- MU ! Enfin tu es là ! ATHENA est en grand danger !
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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 11:13 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

95)ABORDAGE

Un millième de seconde plus tard, OKKO/DOHKO réapparaissait devant une autre tour, perdue au cœur d’une jungle luxuriante.
- Merveilleux, râla-t-il. Tout ce temps perdu pour aboutir à ce résultat ! MU, ce n’est que partie remise ! Je te retrouverai !
Le vagabond ramassa son maigre paquetage, que MU avait eu la bonté de téléporter à ses côtés, et chercha l’emplacement des pôles magnétiques.
- SHIRYU, dit-il. Je n’ai plus de raison de retarder encore notre affrontement ! Tâche de savourer les derniers jours qu’il te reste à vivre !
Le voyageur reprit sa marche. Cependant, une pulsation inconnue, en provenance de la tour, le fit se retourner vers elle. Etudiant le gigantesque visage de pierre ornant sa façade, il réfléchit :
- Quelle était cette sensation ? J’ai cru entendre le fourmillement d’une centaine d’auras différentes. Cette téléportation m’aurait-elle fait perdre l’esprit ?

- Donc, tu n’as pas même pu apercevoir le visage de ce dénommé MU, commenta MIRV, à la fin du récit du SAINT d’or. C’est bien regrettable !
- Oui, concéda l’ermite. Mais son nom, son lieu de résidence et cette téléportation sont pour moi des indices infaillibles. MU était assurément un représentant de votre peuple !
- Je le pense également, d’autant que…
Un éclair passa furtivement dans les yeux de MIRV. Comme un sonar découvrant un monstre marin, son subconscient venait de repérer un nouvel élément.
- Il est là, dit-il mécaniquement.
NIEMAND, qui avait remarqué que SHION s’était relevé avec précipitation, lui demanda vivement :
- Anne, ma sœur Anne. Ne vois-tu rien venir ?
- Ô capitaine, mon capitaine, rétorqua à sa place MIRV. Je pense que nous pouvons fourbir pelles et pioches ! Le coffre ne demande plus qu’a être déterrer !
- A la bonne heure, s’égaya le pirate. Et où se trouve donc notre trésor ?
- Sur les rives du Gange, confirma le SAINT du BELIER, descendu de son nid d’aigle. Le cosmos du grand POPE s’est embrasé à l’instant et nous les indique aussi clairement qu’une balise !
- Après le fil d’Ariane, notre souverain se prend donc pour le phare d’Alexandrie, médit le SAINT des POISSONS.
- Le Gange, répéta DOHKO. Voilà un curieux lieu de séquestration !
Le SAINT d’or fixa OZ. Mais, même si ce dernier n’avait pas perdu l’usage de la parole, il resta muet comme une tombe et ne put infirmer ou confirmer la soudaine hypothèse de l’ermite.
- Bon, recommença NIEMAND. Et que devient mon navire ? A cette distance des côtes, je ne peux pas jeter l’ancre. A la moindre houle, il prendra la tangente et…
Dans un grand moment de solitude, le capitaine s’aperçut que son auditoire n’écoutait plus ses supplications. Se retournant pour comprendre pourquoi, il découvrit qu’une vague dantesque, haute d’une cinquantaine de mètres, s’apprêtait à submerger l’ALCYON. Fracassant les flots trop tranquilles, ce tsunami poursuivit ensuite sa course destructrice, avant de mourir à la hauteur du tropique du Capricorne.
Quant à l’ALCYON., il n’avait, grâce aux bons soins des sieurs SHION et MIRV, pas une planche de déclouée. DOHKO, revêtant son armure, commenta alors :
- Soit la nature se ligue à nouveau contre nous, soit quelqu’un essaye de freiner notre caravane…
- Lapsus linguae, le contredit l’ELU. En tous cas, quel que soit le créateur de ce raz-de-marée, on ne peut lui dénier une certaine inspiration cathartique. Je comprends enfin ce que nos ancêtres ont dû ressentir lors de la grande catastrophe !
- Cette vaguelette n’était destinée qu’à nous échauder, relança OZ. Voyez l’étrange naufragé naviguant dans notre sillage…
Dérivant habillement sur une poutrelle de bois, VENTÔSE n’était désormais qu’à une encablure de l’ALCYON. Son armure, couleurs de lapis-lazuli et d’aigue-marine, moulait au corps plus que les armures d’or. Cette protection inédite lui donnait, à ce propos, figure plus autoritaire qu’à l’ordinaire.
- Ventrebleu, s’écria NIEMAND. Voici un homme qui ne doute de rien ! Messieurs, pensez-vous que je devrais torpiller ce naufragé, et son radeau de la Méduse, d’un boulet de canon bien ajusté ?
- Laissons-le approcher, répliqua SHION. Il est peut-être porteur d’un message !
VENTÔSE, arrivé à proximité de la ligne de flottaison du navire, bondit sur le pont. MIRV, seul protagoniste dépourvu d’armure, s’estima alors apte à jouer les médiateurs. Il avança vers l’homme au tatouage, se présenta et lui demanda de faire de même.
- VENTÔSE du COELACANTHE, répondit le partenaire d’échec de MESSIDOR. Ancien fils de la nouvelle aube !
- Ancien, médita le SAINT de la BALANCE. Pourtant, tu portes encore leurs casaques !
- Nous nous sommes séparés faute de membres viables, le contra l’homme au tatouage. Cette armure n’est qu’un « lot de consolation ».
- Votre mouvement était condamné à n’être qu’un feu de paille, constata le SAINT du BELIER. L’infortuné NIVOSE a été le premier à appréhender la folie de votre entreprise. Malheureusement, cette sédition lui aura coûté vie et dignité.
Ténébreux, le guerrier du COELACANTHE grinça des dents et répondit :
- les traîtres doivent être châtié, c’est ainsi. NIVOSE employait d’ailleurs souvent une expression s’y reportant plus ou moins. Il appelait cela une « vendetta ».
- Suffit, intervint DOHKO, piqué au vif. Nous ne sommes pas ici pour disserter sur la mort de NIVOSE !
- tout à fait, approuva NIEMAND. En tant que maître de céans, je te somme de décliner les raisons de cet abordage on ne peut plus cavalier. Si tu n’es plus notre ennemi, serais-tu devenu notre ami ?
- Certainement pas, réprouva VENTÔSE. Nous sommes même doublement ennemi !
- Alors que veux-tu, questionna SHION, pressé d’en finir.
- Lui, s’écria le guerrier du COELACANTHE en pointant du doigt NIEMAND.
- Moi, se réjouit celui-ci, fier que, pour une fois, ce ne soit pas DOHKO, OZ ou SHION qui passent sous le feu des projecteurs.
- Enfantillage, maugréa le SAINT du BELIER. Ce n’est absolument pas l’heure d’un énième règlement de compte !
- Et pourquoi pas, cracha le capitaine de l’ALCYON. Désormais, vous savez où est le grand POPE ! Allez donc le secourir et laissez-nous discuter en paix !
Le remplaçant du POPE, froissé par la sécheresse de son semblable, s’échauffa alors :
- Ta fierté et tes caprices te perdront NIEMAND ! Affronte-le donc seul si cela t’amuse ! Nous avons mieux à faire que de te voir te donner en spectacle !
SHION se retourna et regarda OZ dans le blanc des yeux. Ce dernier approuva du menton la décision de leur leader et s’évaporat avec lui.
- Tu n’es qu’un sombre idiot NIEMAND, s’exclama alors DOHKO. Mais, à ta place, nous aurions probablement tous agi de même…
- SHION le premier, pensa MIRV, fasciné par la logique si particulière des primitifs.
- Partez devant, acheva le SAINT des POISSONS. Je vous rejoindrai.
- Je l’espère pour toi, dit seulement DOHKO.
L’ermite de ROZAN se plaça aux côtés de l’ELU et déclara :
- Nous continureons donc en quatuor.
MIRV sourit et emporta l’ermite dans sa téléportation.

96)ENNEMIS PAR NATURE

SHION et OZ, en pole position, réapparurent sur le rivage du fleuve sacré.
- Curieuse réhabilitation, souffla le SAINT des GEMEAUX. Mon retour parmi les vivants s’opérera donc sur les terres de mon larcin !
OZ avança de plusieurs pas et aperçut la grotte servant d’écrin au temple méditatif de l’homme le plus proche de Dieu.
- C’est dans ce temple que j’ai jadis dérobé le chasseur des démons, avoua-t-il sans honte. Ces terres sont le fief de SHAKA, il hante ces lieux depuis des millénaires.
- Je m’en doutais, déclara télépathiquement le MÜ. Les éléments ne s’emboîtent que trop bien. La « tierce personne », dont parlait SHAKA, est aussi le ravisseur de notre souverain. NIVOSE m’avait mis en garde contre lui. Depuis le début, nous ne sommes tous que ses marionnettes.
- Alors, il est temps de sectionner nos fils, articula le gardien de la troisième maison.
Tête haute, le SAINT des GEMEAUX marcha vers le temple. SHION, s’interrogeant sur le retard de MIRV et DOHKO, le suivit toutefois.

Retour à l’ALCYON où VENTÔSE, le crâne comprimé, se débarrassait de son couvre-chef. NIEMAND, resté de marbre face à son tatouage facial, lui lança à la volée :
- Je te comprends ! Mon heaume me provoque également d’horribles démangeaisons !
- Toujours le mot pour rire, renvoya l’ex-fils de la nouvelle aube. Cette fibre caustique a dû énormément plaire à THERMIDOR.
- THERMIDOR… songea le pirate. Es-tu venu me trouver pour venger sa mort ?
- Ce pourrait être une raison suffisante, acquiesça l’homme au tatouage. Mais THERMIDOR était autant mon ami que MESSIDOR ou GERMINAL. J’aurais tout aussi bien pu persécuter leurs meurtriers respectifs. Non, l’affaire qui m’intéresse aujourd’hui est un dossier autre. Un dossier qui, pourtant, pourrait parfaitement être archivé pour cause de prescription.
- Serait-ce par hasard l’affaire TANCREDE, proposa le SAINT. Ton groupe ethnique a toujours été très attaché à POSEIDON. En défiant ton empereur, me serais-je également attiré les foudres héréditaires de tout un peuple ?
- Tu sais donc qui je suis ! J’en déduis que NIVOSE a eu la langue trop bien pendue !
- Pas vraiment. En vérité, j’ai suffisamment écumé les mers pour pouvoir immédiatement reconnaître un pseudo MARINAS quand j’en vois un !
- « NIEMAND, le pirate maléfique voguant sur son insaisissable vaisseau fantôme », récita soudain l’ex fils de la nouvelle aube. Tu es bien différent de l’idée reçue que mon peuple a de toi. Dans nos fables, tu es toujours considéré comme le sacrilège ou l’ennemi stupide et vaniteux !
- Je suis navré de ne pas correspondre à l’image de votre propagande, siffla le capitaine de l’ALCYON. Bien, ce n’est pas que cette conversation m’ennuie, mais j’ai horreur d’employer les chemins de traverses. Si tu es venu pour laver l’honneur de TANCREDE ou de POSEIDON, il est inutile de prendre des gants. Je suis un forban endurci !
- J’aimerais que ce soit aussi simple, souffla VENTÔSE. Soit, commençons ! ABYSS GALL !!!
- Quoi !?
NIEMAND, voyant que l’image d’un poisson fort laid se dessinait derrière son adversaire, se mit instinctivement en garde. La créature, sans prévenir, cracha un jet concentré de ce qui ne semblait n’être que de l’eau claire. Mais le SAINT des POISSONS, dans le doute, dévia ce souffle étrange d’un revers du bras et l’envoya mourir dans l’océan. Une douleur, pareille à une brûlure de cire, lui mordilla aussitôt l’extrémité des doigts.
- De l’acide, constata-t-il aux petites meurtrissures apparues sur ses doigts potelés.
- Pas du tout, démentit le guerrier du COELACANTHE. Ce n’était que de l’eau de mer mais, quelque peu « modifiée » ! ABYSS GALL !!!
Cinq autres jets partirent en direction du pirate qui les repoussa très facilement d’une simple explosion de son cosmos.
- Fascinant, ricana-t-il. Et si, après cet hors d’œuvre, nous goûtions directement au plat de résistance ?! GULF STREAM WIPE OUT !!!
Le serpent de brume de NIEMAND, toujours aussi véloce, se précipita sur VENTÔSE. Mais celui-ci, calme et professionnel, concentra son énergie et cria :
- Inutile ! POSEIDON SPHERE !!!
L’attaque du SAINT ricocha sur une bulle protectrice entourant l’ex fils de la nouvelle aube. Cette bulle paraissait identique à celles qu’emploiera, dans le futur, ATHENA pour sauver ses cinq SAINTS de bronze favoris du tranchant de l’épée d’HADES. Toutefois, la sphère de VENTÔSE était, par son amalgamation au seigneur des océans, uniquement composée d’eau de mer. Cette eau, justement, s’écoula mollement sur le pont lorsque le rival de NIEMAND, hors de danger, renvoya :
- Voici donc ta plus puissante attaque ! Honnêtement, je m’attendais à mieux ! Il m’est difficile de croire que tu sois parvenu à vaincre TANCREDE avec si peu de moyens !
Le SAINT des POISSONS, halluciné, s’exclama alors :
- Tu as arrêté mon attaque en utilisant seulement de l’eau ! Dites-moi que je rêve !
- Tu es même en plein cauchemar ! ABYSS TREASURE !!!
- Mille diables ! GULF STREAM WIPE OUT !!!
Les deux techniques, dans un processus stéréotypé du dessin animé d’action, s’entrechoquèrent. Mais, sans suspense, celle de VENTÔSE prit l’avantage et atteignit bien vite le pirate. Impuissant, il fut projeté contre le grand mât de son navire lequel se brisa et, ralentit par la voile, piqua du nez dans l’océan. Mais cette déconvenue n’anesthésia pas son légendaire sens de la répartie.
- Vandale, dit-il. Je venais juste de réparer cette voile…
Ouvrant péniblement les yeux, NIEMAND découvrit enfin, grâce à la substance blanchâtre recouvrant son armure, le secret des techniques de son antagoniste.
- Du sel marin, s’exclama-t-il, incrédule. Tu te bats en utilisant du sel marin !?
VENTÔSE, percé à jour, croisa les bras et lança à son ennemi :
- Effectivement ! Le sel est un minerai présent dans tous les océans et les mers du globe ! Qui le maîtrise, maîtrise les océans !
- J’ai vu beaucoup d’illuminés et de joyeux drilles dans ma vie, continua le SAINT. Mais aucun d’eux n’aurait osé avouer posséder un pouvoir aussi stupide ! Heureusement que le ridicule ne tue pas !
- Le fond est plus important que la forme, répondit VENTÔSE, insensible aux moqueries. Pirate sacrilège, et si je te changeais en statue de sel !? ABYSS TREASURE !!!
- Très peu pour moi ! MIST MOSAIC !!!
NIEMAND disparut dans la brume. Son adversaire, ne pouvant se fier à sa vue, ferma les yeux et attendit, la paume de sa main droite levée vers les cieux. Subitement, il s’écarta et déclancha son attaque dans le vide, du moins en apparence. Le SAINT d’or, touché à l’abdomen, roula lamentablement sur le sol.
- J’ai suivi de près la première partie de ton combat contre THERMIDOR, annonça l’ami de SYLAS. Aucun de tes subterfuges ne peut, dés lors, me surprendre !
Le capitaine de l’ALCYON., trop occupé à se vider de son sang, n’écouta pas la banalité proférée par son antagoniste. VENTÔSE, voyant la rivière d’hémoglobine coulant sur les planches du pont, réalisa soudain :
- Cette blessure ! Voilà pourquoi tu paraissais aussi faible ! Les crocs de THERMIDOR ont profondément déchiré tes chairs !
- C’était un redoutable… combattant, admit le SAINT d’or. Jamais la mort ne m’aura autant… frôlé que lors de notre duel…
- Paix à son âme, murmura le guerrier du COELCANTHE. Bien ! Je crois que tu n’es déjà plus en état de te battre ! A moins, bien sûr, que TANCREDE ne te viennes à nouveau en aide !
- Que… Quoi !?
- Oui, relança l’ex fils de la nouvelle aube. Invoque donc le GENERAL de l’Atlantique Nord ! Lui seul peut encore te sauver ! Qu’attends-tu ?! Toi dont la légende a su traverser les siècles et les océans, désires-tu vraiment mourir aussi médiocrement ?
Devant l’absurdité totale de la situation, et malgré l’entaille le vidant de son fluide vital et de son énergie, le SAINT d’or éclata d’un rire de diablotin.
- Que j’invoque TANCREDE... Quelle folie !... Je ne sais même pas pourquoi TANCREDE m’a aidé... alors comment pourrais-je le rappeler ?...
VENTÔSE, une veine nerveuse au front, commençait sincèrement à s’impatienter. Haussant la voix, il éructa :
- Tu mens ! Je suis certain que tu sais parfaitement quelles étaient les intentions de TANCREDE ! La malédiction de POSEIDON ne peut être le seul facteur en cause !
NIEMAND, se relevant comme il le pouvait, lança à son ennemi :
- J’ignore ce que tu souhaites m’entendre dire… Mais je n’ai pas la clef de l’énigme. Si tu veux de plus amples informations, vas donc les demander à qui de droit !
- POSEIDON, s’écria VENTÔSE, touché par l’illumination. Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt !
- Comment !?
Plus pour lui-même que pour son concurrent, l’homme au tatouage poursuivit à tue-tête :
- D’après MESSIDOR, le père de LAWRENCE pensait que l’âme de mon seigneur s’était réincarnée dans le corps de son rejeton. Si c’est exact, il aura donc forcément quitté son enveloppe charnelle à sa mort. Par conséquent, mon souverain aura certainement trouvé asile dans les recoins de l’âme d’un autre membre de la famille SOLO. Et le réceptacle le plus probable serait, selon toute logique, le propre fils de LAWRENCE…
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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 11:17 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

97)UNE SEULE PLANETE, UNE SEULE CAUSE

- LUCAS, clama NIEMAND, inquiet pour la suite.
- Je n’ai plus besoin de discutailler avec toi ! Autant remonter directement à la source ! A ce que je sais, LUCAS est parti pour ASGARD ! Eh bien ASGARD, me voici !
VENTÔSE, inconstant, se recoiffa de son heaume et s’apprêta à replonger dans l’onde noirâtre. Mais le SAINT, criant à s’en déchirer les cordes vocales, clama haut et fort :
- Je ne sais pas dans quelles sortes de bassins alluvionnaires tu as été élevé ! Mais sache que, dans notre société, il est plus qu’incorrect de laisser en plan un adversaire sans lui permettre de mourir dignement ! Reviens ici et bats-toi !!
- Mon ami SYLAS m’a appris que, majoritairement, les parties d’échecs se gagnent lors des tous premiers coups, rétorqua l’homme au tatouage. Tout le reste n’est plus, alors, qu’amusement et poudre aux yeux ! Mais, pour ma part, j’ai toujours eu horreur de disputer une partie gagnée d’avance !
- Ruffian ! Je vais t’apprendre un jeu typiquement pirate ! Cela s’appelle pas de quartiers et pas de prisonniers ! MIST MOSAIC !!!
Une brume scintillante enroba l’ALCYON. et son capitaine. Le guerrier du COELACANTHE, fatigué de ce numéro pathétique et routinier, s’exclama :
- Les meilleurs tours de passe-passe sont les plus courts ! Je me sens soudain gagné de lassitude ! Et ce qui me lasse, j’ai malheureusement le vilain défaut de le détruire !
- Enfant gâté, lança de toutes les directions la rumeur de la voix de NIEMAND. Ne sais-tu pas qu’en chaque objet sommeille une âme ? Et l’âme de mon vaisseau exulte à la pensée de te combattre ! ALCYON RAGE !!!!
Alors que la brume s’évanouissait, VENTÔSE découvrit avec étonnement que le mât du navire s’était réparé de lui-même. Cherchant NIEMAND, le guerrier déclara :
- J’attends toujours que tu m’instruises de ce jeu qui te paraît si palpitant ! Montre-toi, que nous en discutions d’homme à homme ! Et…
Un cordage, rampant comme un serpent, s’enroula autour du bras gauche de l’individu au tatouage. Comme dans un mauvais film d’horreur, d’autres objets s’animèrent et se précipitèrent sur VENTÔSE. Celui-ci ne prit pas la peine de se réfugier dans sa sphère de protection et les détruisit d’un claquement de doigt.
- Très amusant, dit-il. Tu ne te fatigueras donc jamais de jouer les revenants !
Subitement, l’ancien fils de la nouvelle aube songea que si son adversaire voulait en finir avec la vie, cela ne regardait que lui. Concentrant son énergie, il cria :
- Aux grands maux les grands remèdes ! Adieu, capitaine au long court ! TRIDENT TSUMANI !!!
Prenant l’ALCYON en tenaille, deux raz-de-marée dantesques apparurent à bâbord et tribord. La réunion de ces deux jumeaux gigantesques provoqua une onde de choc qui noya le navire. VENTÔSE, bien à l’abri dans sa bulle protectrice, fut le seul à réapparaître à la surface déchaînée de l’eau.
- Qui maîtrise le sel maîtrise les océans, conclut-il en sortant de son « bocal » et en créant une passerelle de sel afin d’avoir les pieds au sec. TANCREDE n’aurait pas mieux fait !

Dans la chambre d’ATHENA, REBECCA, en dame de compagnie qualifiée, coiffait les cheveux soyeux de sa souveraine. Mais cette dernière, sans prévenir, se releva et porta un regard affolé vers l’Est.
- Altesse, s’enquit la cousine de CALAHËL en ramassant sa brosse à cheveux. Que se passe-t-il ?
- NIEMAND, dit-elle. Son cosmos ne cesse de vaciller depuis quelques instants ! Pire encore, je ne parviens pas à le joindre par télépathie !
- Ne vous rongez pas les sangs, tenta de la rassurer REBECCA. Ce vieux gredin a la peau dure et sais se sortir avec panache des situations les plus épineuses.
- Puisse-tu dire vrai, gémit la déesse en se rasseyant.

Abasourdi, VENTÔSE dut se frotter les yeux pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. L’ALCYON, perforant les flots maltraités, venait de regagner la surface. Les voiles déchiquetées, il s’élança malgré tout vers l’homme au tatouage, prêt à l’éperonner de son étrave.
- Ce rafiot est plus solide que je ne l’aurais cru, admira le guerrier du COELACANTHE. Voilà qui devrait corroder sa coque ! ABYSS GALL !!!
Un jet de chlorure de sodium amélioré, et donc hautement corrosif, glissa jusqu’à l’ALCYON. Néanmoins, avant que cette substance désagrégeante n’atteigne le navire, celui-ci s’enveloppa d’une aura dorée et se métamorphosa incroyablement. En un millième de seconde toutes les parties du bâtiment, de la quille au poste de vigie, se changèrent en or.
L’ALCYON, devenu tel le navire apparaissant sur la couverture du tome 24 du manga « SAINT SEIYA », résista au ABYSS GALL et poursuivit l’offensive. VENTÔSE, plongeant sous sa ligne de flottaison, évita toutefois le contact.
- J’avais entendu dire que le sang des SAINTS d’or avait des propriétés étonnantes, constata-t-il en reprenant de l’oxygène. Mais je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse changer en or une simple construction de bois ! C’est peut être cela, la pierre philosophale des légendes !
Le vaisseau, virant à 360°, revint en direction du nageur. Le guerrier du COELACANTHE, qui n’aimait vraiment pas que cette caravelle cherche à le prendre dans ses filets, emmagasina une impressionnante quantité d’énergie dans sa main droite.
- Je connais un moyen infaillible de couler n’importe quel galion, commença-t-il. PYRAMID BILLOW !!!
Une lame de fond de forme pyramidale emporta l’ALCYON sur une hauteur vertigineuse. Puis, coque en direction du ciel, celui-ci sombra dans les flots.
- C’est terminé, souffla l’homme au tatouage… Non ! Impossible !!
A nouveau, l’ALCYON revint d’entre les morts. Quelques poissons, piégés par sa trop brutale remontée, s’asphyxiaient même sur le pont de cet insubmersible vaisseau fantôme. Bizarrement, cette image fut le déclic pour l’hypothèse qui germa aussitôt dans le sub-conscient de VENTÔSE.
- Il fait corps avec son bateau ! Désormais, ils ne sont qu’une seule entité dont l’unique obsession est mon éradication pure et simple ! Quel combattant ! Il a accepté de perdre toute humanité pour me vaincre !
L’ALCYON, attiré par le cosmos du joueur d’échec le plus médiocre des fils de la nouvelle aube, vogua de plus en plus rapidement vers lui. VENTÔSE, à nouveau blotti dans sa bulle, déclara calmement :
- Viens ! Je ne vois qu’un moyen d’en finir !
Le guerrier du COELACANTHE partit comme une comète. Dans un choc apocalyptique, il traversa sur toute la longueur la cale de l’ALCYON. Lorsqu’il ressortit par la poupe, le fabuleux vaisseau d’or était déjà redevenu un banal bateau de bois et de corde. Dos à lui, il l’entendit se briser et commencer à chavirer.
- Echec au roi, murmura-t-il, une larme de sang à la commissure des lèvres.
Un flash-back inattendu se précisa dans sa mémoire. Il revit HATTI lui annoncer qu’il ne pourrait devenir GENERAL de POSEIDON. Mais plus cruelle encore fut la proposition que lui fit, ensuite, le devin de sa tribu.

- Que j’offre mes services à ATHENA, s’insurgea-t-il. Vous voulez rire j’espère !!
- En ai-je l’air, lui demanda le devin.
- Mais pourquoi !? Depuis mon enfance, ne m’avez-vous pas répété que le sanctuaire était notre pire ennemi !?
- Si, bien sûr que si ! Mais, depuis les temps mythologiques, les liens unissant ATHENA à POSEIDON sont aussi conflictuelles que paradoxaux. Chacun d’eux aime cette planète. Seuls les différencient leurs rapports vis-à-vis du genre humain. Seulement voilà, ils ne sont pas les seuls à vouloir influer sur le destin de ce monde. HADES, le souverain des morts, n’a, lui, aucun respect envers cette terre florissante et la détruira sans le moindre remord.
- Donc pour empêcher HADES d’éradiquer cette planète, je devrais changer de camp !?
- POSEIDON ne réapparaîtra que dans plusieurs siècles. Voudrais-tu vraiment qu’il ne trouve qu’un gigantesque charnier en lieu et place de sa terre tant aimée ?
- Mais !?
- Ce n’est pas une trahison que de rejoindre ATHENA ! Il faut que tu fasses abstraction de tes ressentiments et que tu comprennes que, au final, tu ne fais que servir du mieux qu’il soit notre empereur ! Aies confiance en moi, VENTÔSE ! Cette solution est la meilleure !

- HATTI… J’aurais peut être dû vous écouter…
L’homme au tatouage caressa sa gorge et sentit la lourde entaille creusée dans sa veine jugulaire.
- Mes amis, dit-il. Réservez-moi une place d’honneur dans le lac de sang bouillonnant des enfers… J’arrive…
VENTÔSE s’effondra et, alourdi par le poids de son armure, coula comme une pierre. Au même instant, une légère brume voyait réapparaître NIEMAND sur le pont de son vaisseau. Couvert de sang des pieds à la tête, il proféra :
- Tel est pris qui croyez prendre… Bon… Je n’ai plus l’utilité de tout ce fatras…
Le capitaine, dans un suprême effort, ôta son armure. Elle se recomposa et partit à la vitesse de la lumière vers le douzième temple du zodiaque. Rassuré, NIEMAND s’assit auprès de la barre de navigation.
- Je ne t’ai pas ménagé, dit-il à son navire. N’aies crainte… Je ne suis pas le genre de capitaine osant se soustraire à leur devoir sacré… Nous disparaîtrons ensemble… Mon fier… vaisseau…
L’ALCYON, de multiples voies d’eaux dans la cale, sombrait corps et âme. Le SAINT d’or, plus mort que vif, vit soudain le visage d’ATHENA se dessiner dans les cieux.
- Satanée gamine… sourit-il. Désolé de t’abandonner si tôt…

98)DOCTEUR TADDHEUS ET MISTER VENDEMIAIRE

Quelques minutes avant ces événements tragiques, OZUMARU et SHION approchaient de la « forteresse de solitude » de SHAKA.
- DOHKO et MIRV n’arrivent toujours pas, annonça le SAINT des GEMEAUX. Quelque chose, ou quelqu’un, doit probablement les retenir !
- Je sais, approuva le MÜ. Je ressens leurs cosmos mais ne peut les localiser avec précision. C’est une sensation analogue à…
Arrivé devant le temple, SHION oublia ce qu’il était en train de dire. VENDEMIAIRE, en armure, était assis en position fœtale devant l’entrée dudit temple. Autour de lui gisaient, moites de sueur et de sang, les corps des cinq disciples de SHAKA. Se balançant sur lui-même, le métis ne cessait de proférer une logorrhée inaudible. Les yeux exorbités, il serrait de plus un morceau d’étoffe purpurin contre sa poitrine.
- Il est en état de choc, réalisa OZ.
Pour le test, le SAINT d’or passa devant le champ de vision du métis. Mais le dernier fils de la nouvelle aube l’ignora totalement. SHION, qui rencontrait VENDEMIAIRE pour la toute première fois, eut peine à reconnaître, en cette épave humaine, l’homme dont lui avait parlé, à tour de rôle, LAWRENCE, DOHKO, NIEMAND et NIVOSE.
- Les divins pouvoirs de SHAKA lui auront probablement causé une peur de tous les diables, supposa le SAINT des GEMEAUX, recherchant vainement l’aura de l’homme le plus proche de dieu.
- Je ne crois pas, coupa le MÜ, se moquant éperdument de l’état mental de leur ennemi. Quoi qu’il en soit, il n’est plus dangereux. Mais, ce qui est plus grave, il n’est désormais plus interrogeable. Si ACHIGAN, SHAKA et le grand POPE ne sont pas, comme je le devine, dans ce temple, nous sommes à nouveau dans l’impasse.
- Excellence, hurla subitement VENDEMIAIRE, prenant par surprise les deux SAINTS.
Comme lors d’une mauvaise séance d’hypnose de cabaret, le nom d’ACHIGAN. avait déclenché le « réveil » du métis. Apercevant enfin les envoyés du sanctuaire, il vociféra :
- Où est son excellence ? Qu’avez-vous fait de lui ?
- Comment le saurions-nous, répliqua simplement OZ, lisant parfaitement sur ses lèvres.
- Parfait, déclara SHION. Puisque tu es sorti de ta prostration, nous allons pouvoir régler nos contentieux !
- Où est son excellence, répéta le métis avant de se jeter sauvagement sur le SAINT des GEMEAUX. Je t’ordonne de me répondre !
VENDEMIAIRE agrippa OZUMARU à la gorge. Heureusement pour lui, ce dernier, prenant l’apparence de FARAD, lui expédia aussitôt un électrochoc surpuissant. Le fils de la nouvelle aube, bien qu’insensible à la douleur, se retrouva plaqué au sol, à quatre pas de ses ennemis.
- Sage, conseilla le SAINT en se transformant encore.
Continuant sur sa lancée, OZ se métamorphosa en un autre MÜ, plus charismatique celui-ci, SHION en personne. Avant que le métis ne lui ressaute au visage, il l’emprisonna comme un vulgaire moucheron dans une toile d’araignée cristalline. SHION, qui aurait pu réclamer des droits d’auteurs ou se plaindre pour plagiat, fut flatté par cet hommage et demanda :
- Quand as-tu effectué le prélèvement ?
- A ta première venue au sanctuaire, répondit OZ, redevenu « lui-même ». Qu’en dis-tu ? Mon SPIDER NET est-il à la hauteur de son glorieux modèle ?
- C’est plus que correct, admit le MÜ. J’espère seulement que ton piége le retiendra jusqu’à la fin de mon interrogatoire.
- Vous n’obtiendrez rien de moi, s’écria VENDEMIAIRE, l’esprit un peu plus lucide. INCUBUS POSSESSION !!!
SHION, toujours sur ses gardes, dressa par réflexe son CRYSTAL WALL devant OZ et sa petite personne. Mais, bien qu’aucun des deux SAINTS d’or n’aient été « envahi » par la technique du métis, celui-là aboya :
- Vous n’êtes que des tacherons ! DISECTION !!!
Un fin rayon laser, provenant de l’intérieur du temple, sectionna les filaments de cristal, libérant ainsi l’ennemi attitré de DOHKO. Au pas militaire, un individu, habillé d’une toge ressemblant maintenant à une longue serpillière crasseuse, sortit alors du refuge de SHAKA. Ses cheveux bruns, emmêlés de poussière, s’écrasaient mollement sur son masque d’ivoire crevassé, lui donnant l’allure du plus piteux des mendiant.
- Grand POPE, s’exclamèrent ensemble les soldats du sanctuaire, tétanisés.
SHION, qui croyait dur comme fer que le temple était désert, s’exclama soudain :
- C’est anormal ! Je n’ai pas ressenti l’énergie résiduelle qui nous avait guidé jusqu’ici ! Non ! OZ, nous nous sommes encore fait manipulé ! C’est un traquenard !
- Comment, bafouilla le SAINT duplicateur. SHION ! Que t’arrive-t-il ?!
Le corps du MÜ, irradié d’une lueur incandescente, semblait glisser irrémédiablement vers une autre partie dimensionnelle. Refusant de lutter contre cette singulière transfiguration, le rival de COBALT envoya par télépathie à son semblable :
- C’est la dernière étape de son plan. Il veut m’attirer à lui. Désolé OZ, je dois le rencontrer. C’est notre seule chance de mettre fin à ses agissements !
Désemparé de ne pas pouvoir aider le POPE et son camarade, SHION se laissa entraîner par la téléportation. OZUMARU, arrivé trop tard dans l’histoire pour avoir autant de recul que son ami, murmura :
- SHION, j’aimerais être aussi confiant que toi…
- Ce lâche a choisi de se carapater plutôt que d’affronter votre chirurgien des armées, en profita pour ricaner le métis.
Le SAINT d’or pensa que, finalement, être sourd n’avait pas que des désagréments. Refusant de décrypter les paroles de son antagoniste, il clama :
- Ton « maître », cet ACHIGAN, s’est battu contre SHAKA, me semble-t-il. Se sont-ils vraiment détruits l’un l’autre ?
- Jamais !! Son excellence n’aurait jamais perdu contre cette interprétation ratée de BOUDDHA !! DISSECTION !!!
Le POPE, victime d’un envoûtement parfait, utilisa sans sourciller son attaque contre OZUMARU. Mais, dans la bataille, ce dernier ne perdit qu’une mèche de cheveux, laquelle disparut comme un mirage.
- Tu connaîtras la même fin que ce parasite de NIVOSE, éructa le guerrier de l’INCUBE, les pupilles vidées. Ma marionnette va te lacérer et te sectionner bras et jambes ! DISSECTION !!!
- Certainement pas ! GEMINI MIRROR !!!
Se métamorphosant en un parfait inconnu à la coiffure d’Iroquois, ou de punk, le SAINT attaqua. Pyromane lambda, il propulsa une colonne enflammée en direction de VENDEMIAIRE. Cette langue de feu le percuta de plein fouet et propagea sa traînée de flammèches incandescentes sur son corps.
- Après le feu, la foudre, annonça le faux patriarche en redevenant FARAD. MAGNETIC INFLUENCE !!!!
L’arc électrique toucha le fils de la nouvelle aube et lui transmit une décharge d’une puissance incalculable. Terrassé, le métis s’écroula, aussitôt imité par le grand POPE. Très rapide, OZ recueillit alors son dirigeant avant qu’il n’heurte le sol et lui murmura plaintivement :
- Pardonnez-moi, grand POPE ! Mais c’était le seul moyen de briser le maléfice !
Avec délicatesse, le SAINT d’or retira le masque de son souverain. Le visage du guérisseur était brûlé au troisième degré, comme devait l’être probablement tout le reste de son corps. Mais, en se penchant mieux, OZ entendit les faibles pulsations de son cœur.
- Accrochez-vous grand POPE, dit-il. Je vais vous ramener au sanctuaire pour que…
Sans que le SAINT des GEMEAUX n’y soit pour quelque chose, les brûlures et les cloques de l’homme aux mille remèdes se résorbaient les unes après les autres. Cependant, OZ observa la même réaction physique chez VENDEMIAIRE.
- Je suis invincible, clama celui-ci, dithyrambique. Invincible et invulnérable !
Le fils de la nouvelle aube promena son index sur la peau de sa joue droite, redevenue aussi lisse que celle d’un nouveau né et reprit :
- INCUBUS POSSESSION ! Mon essence et celle du POPE sont en résonance totale. Son pouvoir de régénération des cellules agit donc également sur moi.
- Et, en maintenant le grand POPE dans un état de sommeil artificiel, tu parviens de plus à le manipuler comme une marionnette, proclama OZUMARU, faisant sienne l’hypothèse de SHION.
- C’est exact ! Mais, soyons lucide, ce n’est pas en me servant de ce vieux pantin et de ses demis pouvoirs que je pourrais te tuer. Son excellence m’a toujours affirmé que l’on n’était jamais mieux servi que par soi même. INCUBUS IMPETUS !!!
Le poing de VENDEMIAIRE, enrobé d’énergie, s’écrasa sur la ride du front de son ennemi. Dans la foulée, il s’attaqua également aux rides d’expression de son sourire avec un crochet mortel. Sur la corde raide, OZ réussit toutefois à s’extraire des « pattes » de son adversaire.
- Très bien, s’écria-t-il. La lutte au corps est également une de mes activités les plus prisées ! GEMINI MIRROR !!!
Transmuté en SHIVA, OZ exécuta la technique des MILLE MAINS. Curieusement, l’expression hautaine de VENDEMIAIRE disparut aux premiers coups de son adversaire. Perdant lamentablement l’équilibre en essayant de fuir, il s’effondra en gémissant. Le SAINT des GEMEAUX, surpris par ses jérémiades, s’arrêta alors et contempla avec mépris cette larve de guerrier.
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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 11:20 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

99)LE RENDEZ-VOUS DES GRANDS DE CE MONDE

- Mon corps, se plaignit soudain le métis. Quelle est cette sensation horrible ? Je… J’ai si mal !!!
- Cela s’appelle la douleur, lui expliqua subitement le troisième personnage de cette scénette, en se relevant. C’est une sensation basique garantissant la survie de tous les êtres vivants de cette planète.
- Grand POPE, s’écria OZ, soulagé que son dirigeant s’éveille enfin.
- Bonjour OZUMARU, lui dit l’homme aux mille remèdes, le teint cireux. Les circonstances ne s’y prêtent guère, mais je suis heureux de te revoir !
- Moi de même, répondit celui-ci. Seigneur TADDHEUS, j’ai beaucoup de choses à vous raconter…
Le fils de la nouvelle aube, doublement fâché par l’échec de son attaque soporifique et par le dialogue de salon de thé de ses ennemis, s’énerva.
- La douleur, cracha-t-il à l’insomniaque. Cela ne se peut ! Je suis invulnérable !
- Plus maintenant, rétorqua l’ancien SAINT de l’OPHIUCUS. DISSECTION !!!
Le rayon tranchant du POPE égratigna la joue du métis. Convaincu par cette autre preuve douloureuse, VENDEMIAIRE demanda :
- Sorcier ! Quel charme avez-vous donc utilisé ?
- Tu n’as donc aucun souvenir de mon diagnostique, s’étonna le précepteur d’ATHENA. Ne t’avais-je point dit que ta prétendue invisibilité résultait d’une simple absence de terminaisons nerveuses !? Et, si diagnostique il y a, un traitement approprié s’impose. Profitant de ton INCUBUS POSSESSION et du lieu nous unissant, je suis parvenu à restaurer tout ton système nerveux.
- Vous mentez encore, riposta le métis. Le HYPNOS KISS, ma toute dernière technique, vous avait fait sombrer dans un coma profond ! En l’état, vous n’auriez jamais pu réaliser un travail d’aussi longue haleine !
- C’est pourtant ce qui s’est produit, mais bien involontairement. Comme tu l’as dit, nous étions en résonance totale. Mes capacités d’auto guérison ont donc agi d’elles-mêmes. Tu ne t’en rends pas encore compte, mais tout ton corps a été « retravaillé ». Les micros fissures et les fractures de ton squelette se sont ressoudées. Tes organes vitaux, mis à mal par de trop nombreux combats, sont désormais plus sains que ceux d’un enfant. Même les blessures de l’AIGUILLE ECARLATE de LAWRENCE sont maintenant devenus d’inoffensifs hématomes. Je ne devrais pas en être fier pourtant il faut reconnaître que je t’ai offert une véritable renaissance.
VENDEMIAIRE digéra avec mal cette révélation ou plutôt cette confirmation. Taciturne, il déglutit :
- Alors vous disiez la vérité. Mon invincibilité n’était que le fruit d’une banale malformation… Son excellence m’a utilisé… Son excellence…
Brusquement, le métis se ressaisit. Sans prévenir, il fit exploser son cosmos et éructa :
- Ce qui a été fait peut être défait ! INCUBUS POSSESSION !!!
Les pupilles vides, le métis reprit le contrôle du corps du POPE. Puis il se retourna vers OZ, qui s’apprêtait à fondre sur lui :
- Plus un geste, ordonna le guerrier de l’INCUBE. Si tu bouges ne serait-ce que le petit doigt, je me transperce le cœur et ton souverain finira ainsi sa longue carrière !
D’un coin de l’œil, le SAINT des GEMEAUX vit l’homme aux mille remèdes lui indiquer d’obéir. Le faux patriarche obtempéra bon gré mal gré et, prudemment, s’écarta des deux hommes.
- Sage, lui renvoya alors le métis. Grand POPE, à nous deux ! Comme vous le voyez, j’ai rétabli la connexion entre nos deux corps ! Si vous tenez à la vie, je vous conseille de me rendre tel que j’étais ! Détruisez mes terminaisons nerveuses !
Le combattant millénaire, qui avait visiblement prévu la réaction du jeune homme, répondit placidement :
- Sache que je n’ai pas pour principe de regreffer à mes patients la tumeur que je leur ai enlevé ! Pas plus que de leur réinjecter la maladie dont ils souffraient ! Involontairement ou non, je t’ai soigné ! En t’offrant la souffrance, j’ai fait de toi un homme à part entière ! Aies au moins le courage et la décence d’accepter ton sort !
Le POPE, pour être sûr que sa leçon soit bien comprise, s’entailla profondément l’avant-bras. VENDEMIAIRE, serrant les dents pour ne pas crier, vociféra :
- Je saurais vous mater et vous faire obéir ! Considérez que… Ah !!!
Un éclair, pareil à ceux qu’utilise OZ lorsqu’il prend l’apparence de FARAD, frappa de plein fouet le métis. Perdant connaissance, le protégé d’ACHIGAN. s’écroula. Comme de bien entendu, le POPE reçut également cette décharge électrique et s’effondra avec lui.
- Ce mélodrame lamentable et typiquement primitif n’avait que trop duré, adjugea l’auteur de cette violente anesthésie. Vous, les humains, avaient vraiment le don de tourner n’importe quelle situation au ridicule !
Le SAINT des GEMEAUX, décontenancé, vit apparaître cinq vieillards devant lui. L’orateur, de minuscules éclairs papillotant encore autour de ses mains, lui dit alors :
- Je n’aurais jamais envisagé que tu survives aussi longtemps, OZUMARU. En tant que MÜ, je réprouve toute forme de vengeance. Néanmoins, je ne bouderai pas mon plaisir en tuant de mes mains l’assassin de mon fils !
- Votre fils, balbutia le SAINT d’or. Mais… Qui êtes-vous ?
- Nous étions et sommes encore les membres du conseil de la SECONDE MÜ ! Mon nom est ZEND et, autrefois, j’avais un fils que tu as connu très brièvement ! Il s’appelait FARAD ! Cette attaque devrait d’ailleurs te rappeler à son bon souvenir ! MAGNETIC INFLUENCE !!!!
Le SAINT fut bousculé par une attaque cent fois plus puissante que celle de son défunt adversaire de l’île de la reine morte. Evidemment, le choc lui fit aussitôt recouvrir son hideuse apparence. ZEND, dégoûté, commenta alors :
- Dire que mon fils a perdu face à pareille erreur de la nature ! J’ai vraiment peine à y croire ! Monstrueuse créature, ne te fais aucune illusion ! La désinfection de ce monde ne t’épargnera pas !
- Désinfection, tiqua OZUMARU. Me considéreriez-vous comme une épidémie ou une infection purulente ?!
- Non, rétorqua le MÜ. Ce serait dresser un portrait beaucoup trop avantageux de toi ! MAGNETIC INFLUENCE !!!
- Ca… Suffit…, cria le faux patriarche. GEMINI MIRROR !!!
Pour contrer ZEND, OZ usa d’un subterfuge assez bas mais intelligent. Il se changea tout simplement en FARAD et, jouant avec l’instinct paternel du MÜ, l’envoya au tapis d’une claque « oedipienne ».
- Eh bien ZEND, demanda le SAINT. Seriez-vous seulement un placebo ? MAGNETIC INFLUENCE !!!
OZ, un peu trop présomptueux, utilisa sans vergogne l’attaque que le plus haut membre du conseil enseigna jadis à son rejeton. Forcément, ce dernier la repoussa comme on chasserait un vulgaire moustique.
- Je vois, acquiesça le SAINT d’or. Ce n’est pas au vieux singe que l’on apprend à faire la grimace !
- Primate, lui décocha immédiatement l’un des autres vieillards. Comment oses-tu t’adresser à un MÜ avec autant de familiarité ? DOWSER ENTHRALL !!!
Un flux d’énergie s’empara du SAINT et le paralysa. Sans qu’il ne sache pourquoi, toutes les articulations de son corps se mirent soudain à craquer et lui causèrent une souffrance abominable. Le MÜ, satisfait, ne lâcha pas prise et dit à ZEND :
- C’est à toi de lui donner le coup de grâce ! Dépêches-toi, je ne pourrais pas le retenir bien longtemps !
- Merci GABBRO. Je vais exciser cette maladie sur jambes. ELEMENTAL LI…
Un mince rayon laser, manquant de peu le visage du dénommé GABBRO, sectionna l’un des motifs ornementaux décorant l’entrée du temple. OZ, à genoux, remercia alors son sauveur :
- A charge de revanche, lui répondit le grand POPE en appuyant sur la tempe de VENDEMIAIRE, ce qui le réveilla aussitôt.
- Que s’est-il passé, bredouilla celui-ci, hagard.
Mais, identifiant son mystérieux agresseur, il s’exclama alors :
- Les MÜ !? Pourquoi sont-ils… !?
- Les amis d’hier sont donc les ennemis d’aujourd’hui, déclara l’homme aux mille remèdes. Je crois qu’une explication à cœur ouvert s’impose…

100)L’ALPHA ET L’OMEGA

Avant que cette explication n’ait lieu, repartons en arrière et revenons aux héros principaux de cette fan-fiction. A commencer par le valeureux SAINT d’or de la BALANCE. Celui-ci, flanqué de MIRV, jouait encore les touristes.
- Où sommes-nous, demanda pour la forme DOHKO, en voyant ce paysage post-apocalyptique.
- Sur l’île de la reine morte, répondit son compagnon de téléportation. C’est une parcelle de l’antique MÜ, berceau de notre civilisation. C’est ici que débuta l’histoire de mon peuple et c’est également ici qu’elle s’achèvera !
- Pourquoi as-tu subitement changé de cap, renchérit l’ermite. Le grand POPE n’était-il pas retenu prisonnier à proximité du Gange ?
- Si, intervint un inconnu. Mais nous avons demandé à MIRV de te ramener en ce lieu !
- Vous, s’écria le SAINT d’or, en découvrant ZEND et les autres membres du conseil, postés devant une rivière de magma.
L’ELU, conformément à sa fonction, alla se positionner entre les cinq vieillards. DOHKO, qui avait encore une dent contre ZEND, lui lança à la volée :
- Vous régressez encore, être supérieur ! Voilà que vous enfreignez vos propres interdits en venant dans cette cet anti-chambre des enfers !
- Pour les nôtres, cet endroit serait plus vraisemblablement un purgatoire, rétorqua le vénérable MÜ. Un être aussi primitif que toi ne les entend pas, mais les souffrances des MÜ, morts pendant la grande catastrophe, résonnent sans cesse en cette île damnée !
- Chassez le naturel et il revient aussitôt au galop, ironisa OKKO/DOHKO. Vous n’avez pas mis bien longtemps à retrouver votre langage désobligeant !
- Cessez ce petit jeu, intervint autoritairement MIRV. Vous offrez un piètre spectacle à notre allié !
- Votre allié, réfléchit le SAINT de la BALANCE. Que…
Un autre quidam se matérialisa entre DOHKO et l’assemblée des MÜ. Sous l’armure du SHESHA, le SAINT reconnut ACHIGAN mais ne comprit pas pourquoi son visage avait ainsi vieilli d’une bonne dizaine d’années.
- C’est lui… votre allié, récapitula l’ermite. Vous êtes tous devenus fous !
- DOHKO, l’apostropha l’homme au diadème. Le combat contre AUROCH n’a pas radouci ton caractère ! Pourrais-tu, ne serait-ce qu’une fois, cesser de hurler à tout bout de champ ! Est-ce ainsi que les hommes de ton futur se conduisent ?
- Boucle-la, répondit à l’emporte-pièce celui-ci. Au manoir MESSIDOR, AUROCH a couvert ta fuite ! Mais, ici, tu ne pourras te dissimuler derrière personne !
- Là n’est pas mon intention. Toutefois, avant que la fête commence, j’ai quelques directives à donner. Messieurs les membres du conseil, pardonnez-moi de vous avoir donné rendez-vous en ce lieu désolé mais on ne peut plus approprié.
Les cinq membres acquiescèrent et permirent à ACHIGAN de faire son rapport sur les événements s’étant déroulés en Inde :
- Comme je le prévoyais, l’opération SHAKA s’est soldée par un franc succès, dit-il. Sa mort sera le détonateur de la toute dernière phase de notre plan. ZEND, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire.
- En effet, rétorqua ce dernier. Messieurs, suivez-moi !
Les cinq vieillards disparurent simultanément. ACHIGAN, voyant que DOHKO ne comprenait rien au complot qui se tramait devant ses yeux, lui dit :
- N’aies crainte ! Avant que tu meures, je te ferais l’honneur de tout t’expliquer !
- Je me moque des accords que tu as bien pu conclure avec la colonie, riposta le SAINT, qui savait au moins que les MÜ étaient devenus ses ennemis. Tout ce qui compte, c’est que nous ayons une explication sur le vortex temporel qui se trouve sous le manoir MESSIDOR !
- Ainsi donc, mes calculs étaient justes, se réjouit le père de VENDEMIAIRE. Le passage s’est bel et bien ouvert à l’heure prévue ! Il a aspiré AUROCH mais a épargné son armure, les corps des deux jeunes SAINTS d’argent et, bien sûr, ta petite personne !
- C’est exact, grimaça le maître et rival de SHIRYU. Je vous somme de me dire ce qu’il est advenu d’AUROCH !
- Tu dois déjà t’en douter, répliqua le guerrier du SHESHA. Mais, puisque tu es si pressé, je vais exaucer ton vœu ! Mais avant, il me faut convier un autre invité à cette tablée ! MIRV, aurais-tu l’obligeance d’occuper ce vandale jusqu’à ce que j’aie établi le contact télépathique ?
- Avant le plus grand plaisir, approuva l’ELU. Depuis le temps que je désire étrenner ceci !
Une statuette représentant un être humanoïde apparut entre les mains de MIRV. Comme pour les fils de la nouvelle aube (et bien évidemment l’armure d’ATHENA), celle-ci se métamorphosa en une armure de combat dont les parties se soudèrent au corps robuste du MÜ. DOHKO, plissant les yeux, réalisa alors :
- Cette armure est aussi l’œuvre de COBALT. Je vois que tout avait été joué d’avance. Depuis l’aube de ce conflit, la colonie est à la botte des fils de la nouvelle aube.
- Non, ce serait plutôt l’inverse, le contredit l’ELU, dont l’armure, couleurs parme et isabelle, s’assortissait assez bien à la teinte de sa chevelure.
- Dire que SHION avait une confiance aveugle en toi et s’était porté garant de tout votre peuple, s’énerva le SAINT. Crois-moi, tu vas regretter de nous avoir jouer la comédie !
- Je t’attends. Mais avant, l’usage veut que je me présente. Je suis MIRV, ELU des MÜ et guerrier du MÏGO !
- Ce sera inscrit sous l’in memoriam de ta tombe ! ENVOL DU DRAGON !!!
D’un coup de pied sauté, l’homme de ROZAN percuta le torse de son nouveau rival. Propulsé dans la direction de la coulée de lave, l’ELU se téléporta avant de faire trempette dans ce ruisseau bouillonnant.
- C’était moi une, admit le MÜ. Permets-moi de te rendre la pareille ! GALE ROCKET !!!
Le missile énergétique atteignit DOHKO au visage. Explosant au contact de sa peau, il lui fit perdre l’équilibre une nanoseconde. Mais il se ressaisit et, enfonçant son pied d’appui dans le sol volcanique, prit une posture d’attaque. La tempe très superficiellement brûlée, par le coup de son concurrent, il dit :
- Avec si peu de moyens, tu ne pourras l’emporter ! Qu’attends-tu pour utiliser une technique digne de ce nom ?
- Très bien, s’exclama MIRV. Mon cosmos brillera donc in extenso ! DAMOCLES FI…
- Les enfants, s’immisça ACHIGAN. Cessez donc de vous battre comme des chiffonniers ! Notre invité est arrivé !
Guidé par l’homme au diadème, SHION se matérialisa devant les deux combattants. Le SAINT du BELIER, en découvrant son ami d’enfance vêtu d’une armure, lui demanda spontanément :
- MIRV, quel est donc cet accoutrement ?
L’ELU, désarçonné, ne sut quoi répondre. Du coude, il lui indiqua ACHIGAN qui, maniéré, faisait la révérence en se présentant :
- ACHIGAN du SHESHA, pilier fondateur des fils de la nouvelle aube !
- Vous, s’exclama le gardien du premier temple du zodiaque. Je commence à comprendre, c’est donc vous qui êtes à l’origine des parasites qui m’empêchaient de me concentrer !
Par télékinésie, SHION arracha le heaume et le diadème du vainqueur de SHAKA. En bonus, il le plaqua également au sol. Etais-ce dû à la violence du coup ou à la fleur prêt de laquelle atterrit ACHIGAN, mais son subconscient fit remonter à la surface un flash-back inattendu. Il se repassa en mémoire une soirée de festivité qui allait marquer la fin de règne d’un abominable monstre…
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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 11:23 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

101)LORD BENEDIKT

L’ambassadeur avait un curieux sens de la réception. Chaque semaine il recevait, dans sa gentilhommière de l’Italie profonde, un panel d’invités triés sur le volet. Mais ces réceptions, réservé à un public très averti, se résumaient à des orgies et des jeux libertins. Tous les notables de la région, qui avaient évidemment leurs cartes de membres à ce club très privé, appréciaient le raffinement et l’inépuisable inventivité de leur hôte.
Lors d’une de ces réceptions, un premier Novembre pour être plus précis, la fête fut malheureusement gâchée par une intrusion. Tout commença quand l’un des convives, affolé, s’extirpa d’un sofa et se précipita en toute hâte vers la sortie de service.
- DONATIEN, mon ami, l’interpella, à l’extérieur, le maître de cérémonie. Vous nous quittez déjà ?
- Recevez toutes mes plus plates excuses, lui répondit le fuyard en arrachant le loup de velours cachant son regard. Mais l’on vient de me signaler que certaines autorités, dépourvues de savoir-vivre, s’apprêtaient à mettre à sac mes appartements. Vous comprendrez donc que je souhaite dissimuler maintes incongruités, qui passeraient pour licencieuses aux yeux de ces béotiens.
- Triste époque, gémit l’ambassadeur. L’inquisition et les bûchés nous guettent donc à nouveau !
- Effectivement ! Pardonnez mon empressement mais je dois partir séance tenante. A bientôt ambassadeur !
- A bientôt marquis ! Que dieu vous garde !
- Vous n’invoquez pas les bonnes puissances, s’immisça une autre voix. Connaissant les mœurs du doux marquis, je crois qu’il préférerait que le diable le couve sous son aile de chauve-souris !
Dissimulé par les colonnes vénitiennes décorant l’allée, un homme, habillé d’un manteau pourpre, d’un loup de la même couleur et d’un diadème ancien, observait le village. Intrigué, l’ambassadeur s’approcha et attendit que cet oiseau de nuit refasse entendre son ramage.
- Cette région est magnifique, dit-il. Quel dommage qu’elle soit vouée à devenir un désert de cendres.
- Mon prince, vous êtes bien pessimiste, répliqua le maître de cérémonie. Je ne crois pas vous connaître. Qui êtes-vous ?
- Mon nom ne vous dirait rien, car il appartient à un homme qui n’a pas encore vu le jour…
- Hum, s’amusa le vieil ambassadeur. Pessimiste et mystérieux. Si je ne puis savoir votre nom, donnez-moi au moins celui de l’hôte qui vous aura introduit en ma résidence.
- Docteur, coupa poliment le noctambule. La douceur de cette nuit m’incite plus à la rêverie qu’à la discussion. Pardonnez-moi, mais je souhaiterais profiter encore un peu de cette divine solitude, avant de rejoindre la suave atmosphère de votre réception.
- Comme il vous plaira, acquiesça d’un ton irrité le propriétaire des lieux. Mais ne vous perdez pas dans le labyrinthe de vos songes, ou vous manqueriez le meilleur des festivités !
Fâché, le vieil homme rentra précipitamment dans sa demeure. S’attendant à retrouver ses libertins d’invités, il fut choqué par le calme régnant désormais en maître sur sa salle de réception. Estomaqué, il constata que tous ses convives s’étaient tout simplement volatilisés. Enfin, tous sauf un. Assis au piano, un jeune homme jouait maladroitement une sonate quelconque. Le visage perdu dans ses dreadlocks, il cracha à l’ambassadeur :
- Docteur, est-il trop tard pour une consultation ?
- Qui… Qui êtes-vous ? Qu’avez-vous fait de mes invités ?
- Une question à la fois, voulez-vous. Pour votre information, je ne nomme GERMINAL, autrement surnommé le triste semeur. Et, à ce sujet, j’ai ici la plupart de vos convives. J’espère que vous aimez leur nouvelle apparence.
GERMINAL sortit de sa sacoche une poignée de graines couleur café. Paniqué par l’absurdité de la situation, l’ambassadeur tenta de reprendre le dessus en hurlant :
- Sortez de chez moi avant que je ne fasse sonner mes gens ! Savez-vous au moins à qui vous avez affaire !
- Bien sûr que oui ! Vous êtes Lord BENEDIKT, docteur et chirurgien renommé, vassal anobli et ambassadeur de l’Albion, son royaume natal. Mais, loin des documents officiels, je connais une autre de vos fonctions. Avant votre arrivée en Italie, vous étiez également le meurtrier connu sous le nom de sacrificateur. Dix années se sont écoulées depuis le dernier carnage perpétué sous cette étiquette-là. Toutefois, vos perversions sont toujours intactes, bien qu’elles se manifestent sous d’autres formes moins morbides.
- Calomnies ! Vos accusations sont insultantes ! J’admets avoir, dans mes fréquentations, nombre de personnalités aux mœurs légères et dissolues, tel ce cher marquis DONATIEN de SADE ! Mais je me défends férocement d’être ce monstre assoiffé de chair fraîche !
- Hypocrisie, souffla GERMINAL, acide. REVIVAL PRISM !!!
Implorant pitié, l’ambassadeur fut atteint par le rayon métamorphosant de l’homme à la sacoche. Mais, plutôt que de ramasser les graines résultant de la transmutation, il les écrasa aussitôt du talon.
- Je ne les planterai pas, marmonna-t-il. J’ai trop peur que ton vice et tes déviances ne donnent à ces graines les propriétés de plantes vénéneuses.
- Rapide et sans effusion d’hémoglobine, commenta ACHIGAN, apparut comme par magie sur l’un des sofas. J’ai rarement eu l’occasion d’observer une technique aussi subtile !
L’individu aux dreadlocks, gêné par ce compliment, mis la main dans la poche ventrale de sa sacoche. Il en ressortit un cartouche d’argent finement travaillé. Il l’ouvrit et déposa son contenu près d’une corbeille de fruits. Ignorant le poignard à manche torsadé, qui en tomba, GERMINAL prit un feuillet enroulé par un lacet de cuir et le jeta à ACHIGAN.
- Je suppose que vous êtes l’auteur de cette tendre missive !?
Grignotant une grappe de raisins, le maître des fils de la nouvelle aube laissa le feuillet retomber à ses pieds.
- Oui, dit-il entre deux mastications.
GERMINAL, les sourcils formant un V plus interrogateur que colérique, demanda :
- J’ai vérifié toutes les informations de la lettre, en retrouvant des témoins et des personnalités de l’époque. Tout concorde à la perfection. Lord BENEDIKT était effectivement le sacrificateur. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute.
ACHIGAN acquiesça et fit apparaître dans sa main le poignard.
- Même à l’heure actuelle, nul ne sait avec précision combien d’innocents ce monstre a torturé, dit-il. Cependant, la rumeur prétend qu’il utilisait constamment le même poignard pour leur ouvrir la gorge.
Dégoûté, L’homme au manteau se débarrassa du couteau en le plantant entre les deux yeux de l’autoportrait de Lord BENEDIKT, accroché au mur. Les sourcils redevenus une ligne droite, GERMINAL questionna son mirifique interlocuteur :
- Qui êtes-vous ?
- ACHIGAN, rétorqua simplement le rouquin en arrachant son loup.
- Bon, siffla le triste semeur, conscient de ne pas faire avancer le débat. Et que me voulez-vous, ACHIGAN ?
- Te proposer un marché, annonça sans préambule l’homme au diadème. Ou plutôt une association.
- Je ne suis pas à vendre, se défendit GERMINAL. Vous vous êtes trompés d’adresse. Désolé !
- Les GERMINAL ont, je le sais, fait le serment de ne s’intégrer à aucune cause. Toutefois, ceci devrait te donner matière à réflexion.
Sans prévenir, ACHIGAN ôta le diadème qu’il n’avait jamais quitté de son plein grès depuis le début de ce récit. Etonné, l’homme aux dreadlocks bégaya :
- Mais tu es un…

102)L’UN DES LEURS

- Un MÜ, s’étonna DOHKO en observant les deux points bleutés remplaçant les sourcils d’ACHIGAN.
- Parfait, clama celui-là en se levant. De toutes manières, je comptais me débarrassais un jour ou l’autre de cet artefact ridicule!
- Cela explique beaucoup de choses, continua le SAINT d’or. Seul un autre MÜ pouvait court-circuiter tes capacités sensoriels et télékinésiques, SHION !
- J’avais dressé cette barrière psychique pour contrer toute tentative d’invasion de ta part, SHION, expliqua le guerrier du SHESHA. Ce fut très facile car je connaissais déjà les grandes lignes de ta télékinésie ! Après tout, ne suis-je pas l’homme qui t’a jadis sauvé la vie ?
- Que dis-tu, s’époumona le SAINT de la BALANCE en dévisageant son compagnon d’arme.
- Il dit vrai, confirma MIRV. Lorsque nous étions de tous jeunes enfants, SHION et moi nous étions aventurés, pour jouer, sur les plus hauts remparts de la cité. Malheureusement, après une de nos bagarres coutumières, SHION glissa et tomba des remparts. Nous étions trop jeunes et, surtout, trop paniqués pour user de la téléportation. Mais, par miracle, un des nôtres intervint et évita à SHION de se fracasser les os, dans le gigantesque précipice ceignant la SECONDE MÜ.
- Ce n’était pas totalement l’un des nôtres, intervint le SAINT du BELIER. Car même si mon sauveur était effectivement un MÜ, nul ne l’avait jamais rencontré dans l’enceinte de notre ville. Et, après m’avoir rendu à mon père, il disparut aussi mystérieusement qu’il était apparu.
- De mieux en mieux, maugréa l’ermite. ACHIGAN, je ne veux pas mourir idiot ! Si vous m’expliquiez enfin toute l’histoire !?
- J’y viens, approuva ACHIGAN, décidé à honorer l’engagement qu’il avait pris avec DOHKO. Mais tout d’abord… SHION, reconnais-tu ceci ?
Le doyen des fils de la nouvelle aube téléporta un ancien grimoire entre les fines mains du défenseur de la première maison du zodiaque. SHION le reconnut aussitôt, mais dut lire le titre de l’ouvrage pour s’assurer qu’il ne rêvait pas.
- Chronique du domaine sacré, lut-il à voix haute. Par CALAHËL, SAINT d’or du SAGITTAIRE et gardien du neuvième temple du zodiaque.
SHION faillit demander à ACHIGAN comment il avait eu possession de ce grimoire, qu’il avait lui-même replacer sous une dalle du temple du SAGITTAIRE. Mais, aux premières pages qu’il feuilleta, il s’aperçut d’une différence notable. DOHKO, le voyant pâlir, l’apostropha alors :
- Que ce passe-t-il ? Ce n’est qu’en même pas ce vieux grimoire qui te met dans cet état ?
Pour toute réponse, le MÜ jeta le lourd manuscrit à son frère d’arme. L’ermite, surpris, l’attrapa au vol et jeta un œil à ce mystérieux ouvrage. La double page qu’il découvrit représentait un « portrait de famille » tracé au fusain. Douze SAINTS d’or, facilement identifiables, prenaient la pose devant l’horloge pyrique. Plus pale encore que SHION, l’homme de ROZAN lut, en marge du croquis, les noms de ces fiers guerriers :
- Les douze gardiens du sanctuaire, dit-il. GERMINAL du BELIER, AUROCH du TAUREAU, OZUMARU des GEMEAUX, MESSIDOR du CANCER, THERMIDOR du LION, VENDEMIAIRE de la VIERGE, BRUMAIRE de la BALANCE, LAWRENCE du SCORPION, CALAHËL du SAGITTAIRE, NIVOSE du CAPRICORNE, GANYMEDE du VERSEAU et VENTÔSE des POISSONS ! Quelle est cette supercherie ?
- Ce n’en ai pas une, homme du futur, récria ACHIGAN. Cet ouvrage fut bel et bien écrit par CALAHËL et voyagea de mains en mains pendant prêt de 250 ans. Ce qui explique son lamentable état.
- Je commence, moi aussi, à y voir un peu plus clair, proféra le SAINT de la BALANCE. Comme vous l’aviez sous-entendu au manoir, vous venez, vous aussi, du futur. Ce grimoire en est la preuve.
- Vous êtes revenus dans le passé afin de modifier le cours normal des événements, compléta l’autre SAINT. Et, grâce à ce grimoire, vous avez pu retrouver et embrigader facilement MESSIDOR et les autres fils de la nouvelle aube, comme l’avait deviné NIVOSE. Et, pire que tout, vous avez contrecarré le destin qui devait être le leur et leur avait fait combattre leurs frères d’armes.
- Diviser pour mieux régner, énonça le guerrier du SHESHA. Ma mission consistait à sélectionner sept SAINTS et à les monter contre les autres, afin de détruire l’ordre. Simple mais efficace.
- Il aurait été encore plus simple d’éliminer tous les SAINTS d’or en devenir lorsqu’ils étaient enfants, insinua MIRV. Cette machination est décidément bien éloignée de nos convictions. J’ai encore du mal à croire que, dans le futur, j’approuverai toute cette opération !
- Toi, s’exclamèrent ensemble les deux soldats du sanctuaire.
- Eh oui, reprit ACHIGAN. A mon époque, MIRV est l’un des éminents membres du conseil de la SECONDE MÜ. Cela n’a rien d’étonnant, car l’espérance de vie des MÜ est quatre fois supérieure à celle des humains. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai pu vaincre SHAKA aussi aisément. Mais ça, c’est une autre histoire… MIRV sera également le cerveau de toute cette opération. Par je ne sais quels moyens, il parviendra à retrouver ce grimoire et me le confira, afin que je mémorise noms, lieus et événements.
Le MÜ ravala sa salive et reprit son souffle. Puis tranquillement, il continua :
- SHION, je vais te faire un rapide résumé de ce que contient le grimoire et de ce qu’il ne contient pas, en commençant par l’histoire de la colonie. Dans la réalité dont je suis issu, tu t’es effectivement tué en tombant des remparts de la cité. Ton père, inconsolable, se désintéressera de sa fonction d’ELU et confira son poste à ZEND. Lequel instaurera une politique encore plus autarcique qu’elle ne l’était déjà. COBALT, n’ayant pas de rival à surpasser, ne briguera ce poste qu’une trentaine d’années plus tard.
DOHKO, pendant ce monologue, ne cessa d’étudier le visage d’ACHIGAN. Il lui sembla que, plus son récit avançait, plus il avait de rage dans les yeux. Le fondateur des fils de la nouvelle aube, pourtant, continuait d’une même voix monocorde :
- Obsédé par MELCHIOR, COBALT passera sa vie à essayer de localiser cette île et négligera sciemment la colonie et les siens. Malheureusement pour lui, et pour nous, un SAINT quelconque réussira cet exploit avant lui. Ce dernier tuera le gardien pour le délivrer de sa malédiction et détruira jusqu’à la dernière parcelle de terre de cette île souillée de sang. Cette action fera sombrer COBALT dans une folie furieuse et le poussera à déclarer la guerre au sanctuaire. Le conflit armé qui s’ensuivra sera une impitoyable hécatombe, où mourront plusieurs générations de SAINTS, d’humains ordinaires et de MÜ.
ACHIGAN, avant de poursuivre, écrasa avec délectation le diadème qu’il portait quelques instants auparavant. Puis, il reprit.
- Alors que le conflit contre le sanctuaire s’était définitivement enlisé en une guerre des nerfs, un mouvement de rébellion naquit au sein de la colonie. Un putsch, conduit par les membres du conseil, permit heureusement de renverser COBALT et de mettre fin à cette guerre insensée. Pour ma part, j’aurais dû voir le jour quatre ans après l’armistice de ce bain de sang, soit dans approximativement 235 ans. Je dis bien « j’aurai dû » car, désormais, il est impossible que ce futur se réalise. Heureusement d’ailleurs…
Le guerrier du SHESHA, conscient de traîner en longueur, décida de faire grâce aux SAINTS de son histoire et dit seulement :
- Après la guerre, la vie reprit lentement son cours. La colonie tenta de se réorganiser sans avoir recours à un chef ou un guide spirituel, de peur de voir renaître un deuxième COBALT. Mais, dix ans plus tard, l’un de nos scientifiques ouvrit une nouvelle boîte de Pandore : « le mouvement pendulaire ». Ou, plus simplement, il découvrit le secret de ce que nous appelons grossièrement la dimension temps.
Très didactique, ACHIGAN proposa une parenthèse scientifique. Pour la démonstration, il fit se balancer aux bouts de ses doigts un balancier, composé d’un fil d’argent et d’une petite sphère d’orichalque.
- Imaginez que le temps soit cette sphère, continua-t-il. Si je l’anime, elle partiras dans un sens et reviendra dans l’autre. Le scientifique dont je vous ai parlé pense que c’est ce qu’il se passera lors de « la fin des temps ». Le temps, parvenu à sa limite, fera marche arrière et nous revivrons tous les événements connus en « marche arrière ».
- C’est totalement stupide, riposta le SAINT de la BALANCE. Tu prétends que nous revivrions notre mort avant notre naissance et que nous retournions aux temps mythologiques ? Et que ce passera-t-il quand cette sphère sera revenue à son point de départ ?
- Elle repartira dans le sens inverse et nous revivrons les événements tels que nous les vivons actuellement, lui répondit SHION.
- C’est exact, approuva ACHIGAN. Maintenant, imaginez que le temps ne soit pas un mais une infinitude de pendules, plus ou moins bien synchronisés. Supposons que je puisse intercepter l’un de ces pendules et que je le fasse revenir de, disons, 250 ans en arrière. Supposons encore que je parvienne à l’accompagner dans son retour, par dématérialisation des particules de mon être. Ne serait-ce pas, par hasard, l’équivalent d’un voyage dans le temps ?
- Mais il y a néanmoins deux problèmes, ironisa MIRV. Le premier est que le mouvement de ce seul pendule sera à jamais déréglé. Il ne peut plus, désormais, que faire des allers-retours plus ou moins précis entre cette époque et le futur. Et, qui plus est, il absorbe par mimétisme un être dont la constitution atomique est sensiblement la même que celle d’ACHIGAN, à chacun de ses voyages.
- AUROCH est donc parti pour le futur, conclut DOHKO. Donc il est possible que je puisse revenir à mon époque ! Quand aura lieu le prochain mouvement pendulaire ?
- Difficile à établir, répondit le second voyageur spatio-temporel. Dans une quinzaine d’années peut-être. Cela dépend d’innombrables facteurs sub-cosmiques. Malheureusement, il ne te servira à rien de te présenter dans les sous-sols du manoir à ce moment là. MÜ ou humain, notre composition atomique n’aime guère ce genre de transmutation. Elle n’acceptera pas de la subir une seconde fois. En clair, nous sommes logés à la même enseigne. Toi et moi sommes coincé en cette ère archaïque sans le moindre espoir de retour !
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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 11:26 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

103)LES DOUBLURES

DOHKO réagit assez sobrement à cette très mauvaise nouvelle. Calmement, il réfléchit à voix haute :
- Ceci explique pourquoi le vieux maître n’a pas été inquiété par le vortex et pourquoi, au manoir, je n’ai pas ressenti cette sensation oppressante… Donc, mon hypothèse se confirme, je suis bien mon propre…
SHION, pragmatique, lança alors au père adoptif de VENDEMIAIRE :
- J’ai du mal à comprendre ! Pourquoi être seulement revenu à cette époque et pas à celle de la submersion de la MÜ originelle ? Tu aurais pu éviter que notre peuple soit majoritairement décimé !
- C’est impossible, lui répondit celui-ci. 100 APPENDIX furent entraînés à maîtriser le mouvement pendulaire. Trois seulement parvirent à le dompter. Mais même le plus puissant ne put réussir à lui faire rebrousser chemin de plus de 300 ans. Et il se trouve devant toi ! Maigre pourcentage de réussite, n’est-ce pas ?
- Alors pourquoi ne pas avoir éliminé COBALT, s’emporta le gardien du temple du BELIER. Tu as toi-même dit qu’il deviendrait un fou dangereux et psychotique !
- Cela faisait également parti de ma mission, répliqua froidement ACHIGAN. Mais avant, je devais exploiter son talent. Voilà pourquoi, il y a trois ans je suis revenu à la seconde MÜ et lui ai indiqué la position de l’île de la reine morte, sans rien lui révéler de mes origines futuristes. Malheureusement, votre maître d’arme nous a surpris et j’ai dû l’éliminer.
- Quoi, s’insurgea le SAINT, qui croyait que la paternité de ce meurtre revenait à COBALT. Tu as assassiné NEMATO !
- Je n’avais pas le choix ! La réussite de la mission passait avant ce genre de sacrifice ! Je devais amadouer COBALT afin qu’il devienne notre instrument et c’est ce que j’ai fait ! Cependant, je n’avais pas prévu qu’un grain de sable enraillerai cette mécanique trop bien huilée ! Un grain de sable que j’avais moi-même sauvé de la mort en l’empêchant de s’écraser dans le précipice ! Un grain de sable qui, immédiatement, alla chercher du secours auprès de nos ennemis ! Un grain de sable qui rejoignit même leurs rangs !
- SHION, intervint MIRV. Nous avons eu de la chance que votre stupide déesse condamne seulement COBALT a remplacé son aïeul ! Si elle l’avait éliminé, toute cette opération serait tombée à l’eau !
- Remplacé son aïeul, médita SHION. Alors le gardien était MELCHIOR, l’objet de toutes les obsessions de COBALT ! C’est donc pour cela qu’il tenait tant à retrouver cette île maudite !
- Exact, répliqua l’ELU, en faisant apparaître l’horrible masque du gardien, qu’il avait conservé. Mais nous, ses compagnons de fugue, n’avons appris la vérité que lorsque COBALT le mit à mort.
- Le mystère COBALT est donc élucidé, se permit DOHKO. Mais pourquoi prenez-vous la peine de tout nous raconter ? Ne sommes-nous pas vos ennemis ?
- SHION ne l’est pas, se défendit MIRV. Il n’est pas trop tard pour qu’il rejoigne les siens dans cette croisade contre les primitifs !
- Une croisade !?
- Le terme n’est pas vraiment très approprié, déclara ACHIGAN. Je parlerai plutôt d’un juste retour de pouvoir ! D’ailleurs les nôtres, guidés par le conseil, doivent déjà avoir pris possession du domaine sacré ! Et ce, sans la moindre effusion de sang !
- Voilà donc le but de la manœuvre, réalisa SHION. Vous vouliez renverser ATHENA ! Tout a été savamment planifié ! Les fils de la nouvelle aube et les SAINTS étaient de la simple chair à canon, COBALT le martyr imposé et, quand à moi, j’étais l’idiot du village ! La destruction de la SECONDE MÜ était une mise en scène destinée à vous attirer mes faveurs, afin que je vous introduise au sanctuaire ! De même, le fil d’énergie résiduelle que vous dévidiez derrière le grand POPE était un autre traquenard !
- Tu oublies le rosaire de SHAKA, le provoqua ouvertement le guerrier du SHESHA. Croyez-moi, votre seule présence nous a, plus d’une fois, indisposé ! Pour deux malheureux grains de sable, nous dûmes constamment révisés notre copie !
- Mon ami, clama MIRV, essayant de calmer le jeu. Tu connais aussi bien que moi les souffrances de notre peuple ! Nous en avons assez de devoir vivre reclus et caché à cause de notre différence ! Nous sommes supérieurs aux humains, c’est un fait ! Nous sommes la nouvelle espèce dominante de cette planète !
- Certains, tel GERMINAL, l’avait déjà compris, insista encore ACHIGAN. C’est pour cela qu’il t’épargna et fut le seul fils de la nouvelle aube à qui j’ai révélé mon secret !
- SHION, reprit MIRV, montant dans les gammes. Tu dois faire amende honorable ! Tue cet homme et marche avec nous sur le sanctuaire ! La grande épuration a commencé ! Tu ne peux renié le sang qui coule dans tes veines !
- Et que ferez-vous des humains, demanda l’ermite.
- Nous les traiterons comme ils nous ont toujours traités, rétorqua l’ELU. En paria ! Ceux qui survivront devront vivre comme des rats !
- Et HADES ?
- Nous savons qui sera le réceptacle humain de son âme et pourrons facilement le neutraliser, s’enorgueillit ACHIGAN. Rappelle-toi, je connais l’histoire de cette guerre SAINTE sur le bout des doigts !
DOHKO se souvint du grimoire de CALAHËL, qui traînait maintenant à ses pieds. Lentement, il le ramassa et, contre toute logique, le jeta dans la rivière de lave. Les trois MÜ, étonnés, se regardèrent les uns les autres. Le SAINT de la BALANCE, lui, se mit à doucement ricaner.
- Imbéciles, les fustigea-t-il. En dépit de tous vos grands discours, vous n’êtes que des imbéciles ! Vous ne vous rendez pas même compte que vous avez déjà perdu !
- Comment !?
- La destinée, lança l’homme de ROZAN. Nul ne peut combattre la destinée ! S’il est écrit que la guerre SAINTE opposera ATHENA et HADES, ce ne sont pas vos maigres efforts qui y changeront quelque chose ! Le destin, ou les Dieux, réussissent toujours à remettre les événements à leur place ! Quitte, s’il le faut, à avoir recours à des agents de chair et de sang!
- Tu… Tu ne sais plus ce que tu dis, bafouilla ACHIGAN. C’est le hasard qui…
- Non, renvoya DOHKO. Le hasard n’existe pas ! Chaque action entraîne une réaction ! Lorsque tu es revenu dans le passé afin d’enrôler sept des douze SAINTS d’or, le destin s’est mis à l’œuvre ! Il offrit trois doublures au sanctuaire, afin de grossir les rangs de l’unité d’élite d’ATHENA ! Le premier fut un pirate au grand cœur vieux de plus de deux siècles, le deuxième l’un des propres représentants de votre race et le dernier, enfin, un vagabond qui avait vainement cherché sa place dans son époque originelle !
- Ce ne sont que des spéculations basées sur un nombre incroyable de coïncidences, le stigmatisa MIRV. Tu n’as aucune preuve concrète de ce que tu avances !
- Le futur dont je viens en est une, le rabroua le SAINT. Il est la preuve que vous n’avez pas gagné et que le destin a normalement repris son cours ! Et, s’il vous faut une autre preuve, la voici ! Je me suis moi-même envoyé dans le passé, afin que tous ces événements se réalisent ! Enfin, disons plutôt que le vieil homme que je deviendrai expédia, sans rien lui avouer, sa version adolescente à cette époque en se servant du vortex temporel !
- Tu… tu déraisonnes, reprit ACHIGAN. Qui pourrait croire une histoire pareille ?
Cette remarque, qui pourrait très bien s’adresser à tous ceux qui liront mon histoire, ne froissa pas DOHKO. Les yeux pétillants, il s’exclama :
- Vous allez perdre cette bataille ! Et, quant à moi, je survivrai et retournerai à mon époque ! GRIFFES DU TIGRE !!!
Le SAINT d’or frémit de contentement en réutilisant son ancienne attaque fétiche. Le guerrier du SHESHA, agrippé au corps par un tigre chimérique, fit un vol plané anthologique. MIRV, furieux, allait se ruer sur l’ermite mais SHION se coula devant son frère d’arme.
- SHION, hurla l’ELU. Au nom des années de privation et d’humiliation qu’ont connu les nôtres, je t’ordonne de l’éliminer ! Tu le dois à ton père ! Il est mort pour te sauver mais aussi pour tu serves au mieux les intérêts de la colonie !
- Ne salis pas la mémoire de mon père, s’époumona le SAINT DU BELIER. Vous l’avez manipulé en lui faisant miroiter l’espoir trompeur d’une paix inconditionnelle ! Car, contrairement à toi, c’était un pacifique et un idéaliste ! Je n’aurais jamais dû te permettre d’endosser son costume !
Sans l’annoncer, SHION frappa son semblable à la mâchoire d’un direct de boxeur. DOHKO, très fier de cette réaction barbare, proclama :
- Te voilà devenu un vrai primitif ! Merveilleux ! Puisque les couples sont formés, en avant pour la dernière valse !

104)PENTAGRAMME ELEMENTAIRE

Petit retour en Inde où ZEND, contre l’avis de ses semblables, venait de fournir un long éclaircissement à VENDEMIAIRE et aux deux résidents permanents du domaine sacré. Réagissant plus ou moins bien, selon leur personnalité respective, ceux-ci firent une rapide synthèse de son récit :
- Donc les fils de la nouvelle aube étaient nos illustres SAINTS d’or absents, songea calmement le grand POPE.
- Vous nous avez tous liguer les uns contre les autres, déclara amèrement le SAINT d’or. Jamais je ne le vous pardonnerai !
Le métis, moins pondéré que les serviteurs de la belle ATHENA, fut pris d’une rage démentielle :
- Vous affabulez, hurla-t-il à s’en déchirer les cordes vocales. Son excellence n’est pas un MÜ et encore moins un envoyé du futur ! Je le connais mieux que n’importe lequel d’entre vous ! Il ne peut être le sous-fifre de votre peuple dégénéré !
- Si tu le connais aussi bien, tu sais alors qu’il porte constamment un diadème sur le front, clama ZEND. Ce bijou sert à dissimuler ces deux seuls signes distinctifs, nos marques de naissance et les ondes télékinésiques émises par son aura. C’est un bijou très ancien que, jadis, les nôtres employaient pour se déplacer incognito dans votre monde !
- Mensonges ! INCUBUS IMPETUS !!!!
VENDEMIAIRE, hors de lui, courut au devant de GABBRO et le frappa de l’épaule. Sans s’arrêter, il s’attaqua ensuite au plus dégarni des MÜ, qui ressemblait à s’y méprendre, avec son crâne chauve, à un bonze Tibétain. Ce dernier essaya vainement de stopper le métis par une attaque élémentaire d’air. Mais, le fils adoptif d’ACHIGAN, sans pitié, frappa ce vénérable ancien d’un coup de genou décapant.
- On dirait que la colère lui a fait oublier sa peur de la douleur, observa très justement OZUMARU.
- Oui, approuva le précepteur d’ATHENA. Pourquoi ne pas aller lui prêter main forte ? Je pense que, de toutes manières, nous avons atteint le point de non-retour. Autant se jeter à corps perdu dans cette bataille annoncée.
Le faux patriarche, à qui personne n’avait encore rendu l’usage de ses deux sens manquants, lut sur les lèvres de son dirigeant. Après un hochement de tête significatif, il déclara poliment :
- Après vous !
De son côté, VENDEMIAIRE était à la lutte avec ZEND et les deux derniers membres du conseil, lesquels utilisaient respectivement sur lui le MAGNETIC INFLUENCE et des attaques élémentaires de feu et de terre. GABBRO, remit de sa correction, allait se joindre à eux mais le POPE le prit pour cible. Pris en tenaille, le MÜ utilisa en urgence le DOWSER ENTHRALL sur l’homme aux mille remèdes. Mais celui-ci clama alors :
- la radiesthésie n’a aucun effet sur moi ! DISSECTION !!!
Evitant généreusement les points vitaux du MÜ, TADDHEUS lui fit passer l’envie de se frotter à un guérisseur de son acabit. En deux coups de cuillères à pot, si vous me permettez l’expression, les MÜ furent vaincu les uns après les autres. Et seul VENDEMIAIRE, au summum de sa rage, continua encore le combat. Attrapant ZEND par le collet, il lui massacra le visage de coup de poings à répétition.
- Il a son compte, proclama OZUMARU en interceptant le bras du métis. Relâches-le !
- Mêles-toi de tes affaires, lui répondit sèchement le fils de la nouvelle aube. Tu n’es plus ma priorité, mais nous sommes encore ennemi !
Subitement, le géniteur de FARAD se mit à rire doucement. Mécontent, le métis lui demanda ce qu’il trouvait de si drôle :
- Toi, répliqua le MÜ. Tu as beau avoir entendu mon récit, tu restes encore fidèle à ACHIGAN ! C’est pathétique !
- Ferme-la !!
L’ancien adversaire de DOHKO projeta le vieillard sur le sol et, d’un coup de pied, le fit glisser près de ses congénères. ZEND, vaillamment, se releva alors et admit :
- Vous êtes plus fort que nous ! Mais ne croyez pas avoir déjà gagné ! Le pouvoir ancestral du conseil saura vous dresser, maudits primates ! Compagnons ! Levez-vous !
Les quatre autres membres du conseil, au son du cor de leur leader, se redressèrent avec peine. Ces gérontes, bien décidés à ne pas jeter l’éponge devant ces blancs-becs, firent grimper leur cosmos à l’unisson. Préparant une nouvelle attaque, ils se téléportèrent symétriquement autour de leurs trois adversaires.
- Primitifs, lança ZEND. Soyez heureux ! Vous allez avoir l’honneur de découvrir la plus puissante technique jamais élaborée par notre peuple ! DESTRUCTION PENTACHROMIQUE !!!!
Les cosmos des cinq vieillards, en parfaite résonance, tracèrent sur le sol un gigantesque pentacle quadrillé de symboles ésotériques. VENDEMIAIRE, hautain, déclara cyniquement :
- Prodigieux ! Vous nous avez enfermé au centre de l’étoile de la mort ! Assez plaisanté, qui veux être le premier à rejoindre le paradis de ces ancêtres ?
Choisissant d’attaquer le MÜ dégarni, le métis marcha tranquillement sur l’une des branches du pentagramme. Immédiatement, une force inconnue le repoussa vers le point central de l’étoile. Le front couvert de sang, il bafouilla :
- Qu’est-ce… qu’est-ce que c’est que cette étoile !?
- Un pentacle alchimique, répondit le père de FARAD. Hommes des cavernes écervelés, vous voilà fait comme des rats ! Jamais vous ne pourrez sortir de ce pentacle !
- C’est ce que nous verrons, vociféra le métis. Yah !!!
Sans élan, il fit un bond de quatre mètres au dessus du sol. Mais, à nouveau, une force immatérielle s’empara de son corps et le renvoya sauvagement à son point de départ.
- J’espère que cela te servira de leçon, ricana le porte-parole du conseil. Imite donc tes compagnons d’infortune et attend patiemment que la mort arrive !
Effectivement les deux envoyés du sanctuaire, moins inconscient que VENDEMIAIRE, n’avaient pas encore bougé un muscle. Toutefois, OZUMARU étudia en détail les ramifications du pentacle et commenta :
- Ce pentagramme est un portail d’anti-matière ! Si nous tentons d’en sortir, nous serons atomisé sans autre forme de jugement !
- Bien observé, concéda ZEND. Mais, même ainsi, vous n’êtes pas à l’abri de nos coups ! DESTRUCTION PENTACHROMIQUE !!!
Les cosmos des cinq vieillards, brillant chacun d’une teinte différente, se propagèrent sur les branches du pentagramme. Ils se mélangèrent alors en une énergie ressemblant à celle d’ATHENA et créèrent, au centre de l’étoile, un noyau multicolore. Le POPE et ses « patients », pris au piège, furent percutés par une force destructrice équivalente à un minuscule big-bang.
- Nous… Nous devons réagir, gémit le faux patriarche. GEMINI MIRROR !!!!
OZ employa alors une transformation inédite. Changé en une jeune MÜ aux cheveux bleus clairs, il se posa immédiatement en victime innocente aux yeux des membres du conseil. L’effet de surprise fut instantané. Les MÜ, involontairement étonnés de revoir l’image d’une des leurs et prit de pitié, baissèrent leurs gardes. Si bien que le SAINT d’or put, laborieusement, repoussé leur attaque. Epuisé, il tomba à genou et dit :
- Nous ne tiendrons pas longtemps. Lors de leur prochaine offensive, ils ne se laisseront plus distraire par un autre subterfuge. Il faut trouver une solution !
- Je l’ai déjà trouvé, annonça le métis. Il suffit de supprimer l’un d’eux et leur pentacle disparaîtra ! INCUBUS POSSESSION !!!
Visant GABBRO, le guerrier de l’INCUBE déploya sa technique d’asservissement corporel. Malheureusement, l’énergie du pentagramme court-circuita encore son assaut et lui envoya une décharge bien sentie. Jamais à court d’idée, le métis, en bien piètre état, concentra son cosmos afin d’employer le HYPNOS KISS, son attaque soporifique. Mais le POPE lui dit alors :
- Cela ne servira à rien ! Aucune de nos attaques ne percera la cohésion de ce pentacle ! Il n’y a qu’une seule manière de se tirer de ce guêpier !
- Et comment, demanda avec dépit le métis.
- En opposant à ce pentacle une puissance supérieure, continua TADDHEUS. Et à ma connaissance, une seule technique peut nous permettre de la développer. C’est l’attaque de l’ombre : l’ATHENA EXCLAMATION !
- L’ATHENA EXCLAMATION, répéta OZ, tombant des nues. L’attaque interdite par la déesse et seulement accessible aux pires renégats ! Vous n’y pensez pas !
- Avons-nous le choix ? Tu sais aussi bien que moi que leur prochain assaut sonnera notre hallali ! Si nous voulons mener à bien notre mission, nous devons nous résoudre à être marqué pour l’éternité du sceau des damnés !
- Ca ne marchera pas, intervint VENDEMIAIRE. L’ATHENA EXCLAMATION ne peut être invoquée que par trois SAINTS d’or ! Dois-je vous le rappeler ? Je ne suis pas un larbin de votre fratrie !
- Mais tu étais destiné à le devenir, lui renvoya l’homme aux mille remèdes. Et si tu veux pouvoir t’expliquer avec ACHIGAN, tu n’auras d’autre alternative que d’éveiller le SAINT qui dort en toi !
Le POPE, résolu, mit un genou à terre et pris la position centrale de l’attaque. OZUMARU, délaissant sa couverture, reprit son visage originel et se positionna derrière lui en disant :
- Voici donc venu le moment de racheter mes erreurs ! Grand POPE, je suis avec vous !
VENDEMIAIRE, après un long temps d’hésitation, haussa les épaules et prit la dernière place de la trinité.
- Cela ne fait toujours pas de moi votre ami, dit-il. Si nous survivons, je vous tuerai sans hésiter un seul instant !
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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 11:28 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

105)TRIUMVIRAT

ZEND qui, par sadisme, avait laissé ses ennemis croire en un dernier espoir, cria soudain :
- Primitifs ! Hâtez-vous de rédiger les dernières lignes de vos testaments ! La mort frappe à votre porte ! DESTRUCTION PENTACHROMIQUE !!!!
L’énergie des MÜ fusionna à nouveau et, en suivant les tracés du pentagramme, se dirigea vers les trois humains. Ceux-ci, avant d’essayer de déclencher l’attaque de l’ombre, pensèrent chacun à la personne qui était le plus chère à leurs yeux. Et, dans un ralenti cinématographique, ils joignirent leurs forces en hurlant :
- ATHENA EXCLAMATION !!!!
Le choc fut apocalyptique et propulsa, sur des kilomètres à la ronde, une onde énergétique qui éradiqua toute vie sur son passage. Le pentacle d’anti-matière des MÜ, soumis à cette toute-puissance, implosa totalement, détruisant ainsi jusqu’au plus petit atome de ces cinq créateurs. Au centre de ce chaos, trois hommes, à bout de force, reçurent également le contrecoup de cette confrontation au sommet. Le POPE, qui ne portait évidemment pas d’armure, vit son être se désagréger particule par particule :
- C’est la fin, sourit-il avant de disparaître. ATHENA…. !!!
OZ et VENDEMIAIRE eurent (ou n’eurent pas) plus de chance. Grâce à leurs armures, ils résistèrent au cataclysme et furent seulement irradiés et projetés loin du point d’impact. Le guerrier de l’INCUBE, la colonne vertébrale brisée, atterrit près d’une immense dune de sable qui, avant l’explosion, était un village.
- ACHIGAN, gémit-il. Vous m’aviez menti… Je n’étais pas invincible… Puissiez-vous rôtir dans les flammes… de l’enfer….
VENTÔSE, qui s’était éteint quelques minutes avant, ne serait donc pas le seul fils de la nouvelle aube a embarqué sur la barque de Charron. OZUMARU, pour sa part, avait été projeté dans le temple de SHAKA, miraculeusement épargné par l’onde de choc. Il percuta, sans qu’elle ne soit pas même ébréchée, la statue et retomba près de la dépouille momifiée de son ennemi de jadis. Tendant la main vers son rosaire, il murmura ironiquement :
- Je suis heureux que tu aies retrouvé le chasseur de démons… Tout est bien… qui finit… bien…
La tête difforme du SAINT retomba mollement sur le sol. OZ venait aussi de rendre son dernier souffle. Mais, s’il avait vécu ne serait-ce qu’une seconde de plus, il aurait vu le minuscule point lumineux qui, ultime vestige de l’âme de SHAKA, voletait autour de la statue de pierre. Ce vestige qui n’avait pas manqué une seule action de ce combat dantesque et s’évanouissait maintenant en emportant ses secrets avec lui.

Les quatre duellistes de l’île de la reine morte ressentirent également le choc des deux techniques ultimes. ACHIGAN, ne pouvant retenir une larme, déclara alors à l’attention de feu ZEND :
- Vieillard stupide ! Votre vengeance aura coûté la vie à tout le conseil ! Enfin… Au moins, avez-vous réussi à nous débarrasser du POPE et d’OZUMARU… Et toi VENDEMIAIRE, pourquoi a-t-il fallu que tu continues le combat ? Je t’ai abandonné, tu n’avais plus rien à me prouver…
- Sont-ce vraiment des larmes, lui demanda DOHKO en essuyant ses yeux humides. Qui pleures-tu ? Le fils adoptif aimé ou la fidèle arme de guerre ?
- Quand cesseras-tu de me casser les oreilles, s’emporta son concurrent. Je vais te faire taire à jamais ! UNIVERSAL PENDULUM ATTACK !!!!

MIRV et SHION, eux, se recueillirent quelques instants. Puis le guerrier du MÏGO déclara tristement :
- C’est une grande perte ! Le savoir et l’expérience de ces sages manqueront grandement aux prochaines générations !
- Ou leur épargnera d’avoir à subir un enseignement suranné, lui renvoya son ami. MIRV, avant que nous ne nous affrontions, j’aurais une requête à formuler ! Quand, à la SECONDE MÜ, je suis parvenu à annihiler COBALT, la colonie a-t-elle fait en sorte de me faciliter la tâche ?
- Les braises de cette rivalité couvent donc encore, parut se désoler l’athlétique MÜ. Qu’est-ce qui te fait soupçonner un quelconque appui des nôtres ?
- COBALT était extrêmement prévoyant. S’il avait pu envisager une seule seconde que la sphère protectrice qu’il utilisait épuiserait, sur une trop longue durée, son cosmos, il ne s’en serait pas servi. Pourtant, c’est ce qui arriva. Aussi, je te le demande au nom de notre vieille amitié. Ce combat était-il truqué ?
- Indirectement oui, avoua l’ELU. Tu le sais mieux que moi, ATHENA apposa, sous couvert de ce masque horrible, un sceau sur le corps de COBALT. Ce sceau devait le condamner à obéir aveuglement à sa volonté et à demeurer à jamais sur cette île. Quand ACHIGAN libéra COBALT, il détruisit partiellement le sceau afin qu’il puisse au moins quitter cet endroit sordide. Puis, par la suite, COBALT éradiqua le scellé du masque et se débarrassa une fois pour toute de cette malédiction. Mais, à trop regarder dans une direction, notre « ami » oublia d’assurer ses arrières.
- Comment cela !?
- La mission d’ACHIGAN était de maintenir COBALT sous contrôle et, le moment venu, de l’éliminer. Cependant, COBALT était très puissant, presque autant que SHAKA lui-même. Aussi devions-nous trouver un moyen de l’affaiblir. C’est pourquoi ACHIGAN plaça, à son insu, un autre scellé sur son armure. Ce scellé, agissant comme une sangsue énergétique, absorberait inexorablement une infime partie de son pouvoir. Infime peut être mais, sur un long duel, capable de faire la différence. Et, quand tu l’as combattu, c’est ce qui t’a permis de le vaincre !
Le SAINT sentit un sentiment de frustration l’envahir. Désormais, la victoire sur son éternel rival n’avait plus la même saveur.
- Tu avais décidément pensé à tout, admit-il. Jadis, COBALT eut mille fois tort de ne pas te prendre au sérieux ! Tu es bien le ténor de notre promotion ! Mais tu n’as pas su mettre ton intelligence au service de la bonne cause ! STARDUST REVOLUTION !!!
MIRV, dansant une gigue stellaire, tourbillonna dans les cieux et, manquant son atterrissage, s’écrasa avec tumulte sur le sol.
- Notre combat reprend donc de plus bel, dit-il. Je te préviens qu’aucune deus ex machina ne te préservera de la défaite une seconde fois ! DAMOCLES FIREFLY !!!!
Les lucioles d’énergie de MIRV jaillirent de son cosmos et formèrent un motif dentelé autour de leur créateur. Lequel put enfin finir sa phrase :
- Comme je le disais au sanctuaire, mes lucioles sont attirées par les rayonnements cosmiques les plus concentrés ! Donc tu n’as plus la moindre chance de me toucher ni même de t’enfuir ! Mes lucioles te retrouveraient où que tu ailles !
- Je ne crois pas ! STAR…
Afin de lancer son attaque, le SAINT du BELIER concentra son aura. Mais une nuée de lucioles se précipitèrent immédiatement sur lui et explosèrent gaiement à son contact. Quand la fumée de l’explosion se dissipa SHION, les bras devant le visage, apparut au milieu d’un cratère qui donna au sol rougeâtre de l’île un petit air de famille avec la planète Mars.
- Voici au moins un changement, annonça son antagoniste. Tu ne t’es pas téléporté !
- Si je l’avais fait, j’aurai attiré à moi tes lucioles et me se serait retrouvé piégé !
- Exact, approuva son rival. La télékinésie est elle aussi une forme de rayonnement cosmique. Ton autre chance de victoire s’envole donc sous ton nez !
- Je perdrai sûrement mais je peux au moins m’arranger pour que tu ne gagnes pas !
SHION se dématérialisa et réapparut derrière son ami d’enfance. L’agrippant par les épaules, il lui murmura au creux de l’oreille :
- Nous avons tous les deux perdu… Brûle mon cosmos !!
Afin d’attirer un maximum de lucioles, le SAINT d’or fit grimper son aura à son paroxysme. L’effroyable déflagration qui s’ensuivit gêna même ACHIGAN et DOHKO et les obligea à poursuivre leur duel sur l’autre versant de l’île. Néanmoins MIRV, sans même une égratignure, réapparut sur la pente abrupte de ce nouveau cratère.
- Quel esprit anti-sportif, maugréa-t-il. Tout comme COBALT, tu ne supportes pas que quelqu’un d’autre remporte la victoire !
SHION, gisant au fond du cratère, réussit à se remettre sur ses jambes. Méchamment amoché, il ne comprit pas tout de suite pourquoi son plan n’avait pas fonctionné. Pour lui éviter de trop cogiter, le guerrier du MÏGO lui dit :
- L’ALCYON n’était pas la seule « éponge énergétique » de cette planète. Quand COBALT, dans son immense mansuétude, accepta de forger une armure au simple faire-valoir que je suis, je l’ai aussitôt mis au défi de lui donner les mêmes propriétés que celle du sceau de POSEIDON. A savoir pouvoir contenir les radiations de mon cosmos. J’ignore si, pour lui, ce fut broutille ou s’il s’arracha les cheveux par poignées entières mais il y parvint !
- Ainsi, quand tu utilisas le COSMIC CATAPULT pour me repousser et que tu te téléportas aussitôt pour éviter l’explosion, tu ne fus jamais inquiété par tes lucioles. Mon ami, je dois reconnaître que j’ai perdu. Finissons…
SHION fut distrait par un corps humain ou plutôt un squelette qui dévalait lentement la pente du cratère. L’armure noire qu’il portait ne laissa aucun doute sur l’identité de ce cadavre. C’était VOTIAK, le SAINT noir qui choisit de se suicider plutôt que d’avoir à mourir de la main du SAINT d’or. Trop pressé de partir de cette île maudite, SHION avait tout simplement oublié d’enterrer son corps.

106)LE PLUS HUMAIN DES MÜ

- Tels les papillons de nuit finissant leur vie calcinés par la lumière, se remémora le prochain grand POPE. Désolé MIRV, mais tu ne me battras pas encore aujourd’hui !
Courageusement, SHION se téléporta hors du cratère. MIRV, surpris par cette affirmation, lui emboîta le pas dans l’instant. Toujours actives, les lucioles du DAMOCLES FIREFLY les suivirent également et voltèrent joyeusement autour d’eux.
- Tu as encore des ressources insoupçonnées, affirma l’ELU. Mais tu es trop entêté ! Mon ami, je ne veux et ne peux pas te tuer ! Dépose les armes et, je t’en supplie, cesse de t’opposer à la colonie !
- Plutôt mourir ! STARLIGHT EXTINCTION !!!
En rang serré, les premières lucioles explosèrent au contact de l’aura du SAINT. Mais cela ne le freina pas le moins du monde et, sans se soucier des conséquences, il déclencha sa plus terrible attaque.
- Tu es fou, s’égosilla le guerrier du MÏGO. Tu cours à ta perte ! Plus tu déploieras de puissance, plus nombreuses seront les lucioles ! SHION, m’entends-tu ?
Que SHION entende ou pas, il ne put rebrousser chemin. Submergé par les lucioles, il essayait vaillamment de ne pas flancher. Heureusement, la colonne de lumière du STARLIGHT EXTINCTION se révéla bien vite plus appétissante pour ses insectes d’énergie. Et celle-ci, gagnant en puissance à chaque explosion, finit par se diriger sur MIRV. Hypnotisé par la lumière, celui-ci ne tenta pas même de s’enfuir. Lorsque la colonne luminescente s’éclipsa, SHION, fortement brûlée, marcha vers son ami.
- Quelle… Quelle opiniâtreté, gémit l’ELU. Tu n’es plus un MÜ… Si tu l’étais encore, tu aurais logiquement choisi de te rendre… Et non d’endurer toutes ces souffrances… pour lancer une attaque qui n’avait pas une chance sur un million… de réussir…
- A l’impossible nul n’est tenu, se rappela le protecteur du premier temple du sanctuaire. C’est une des raisons qui me fait aimer les humains… Ils ne baissent jamais les bras… Même lorsque tout semble perdu d’avance…
- C’est… c’est surtout une autre forme de leur dégénérescence…Et maintenant SHION, que comptes-tu faire de moi… ?
- Rien, souffla le SAINT d’or. Par l’intermédiaire d’ACHIGAN, c’est toi qui m’a sauvé la vie lorsque nous étions enfants. Maintenant, nous sommes quittes. Mais, si nous nous retrouvons dans cet avenir nébuleux, ce ne sera plus en ami !
- Cela ne devait pas se dérouler ainsi, protesta le guerrier du MÏGO. SHION, je…
Peiné, le SAINT d’or du BELIER ne prit pourtant pas le temps d’une pause méritée. Se promettant d’enterrer le téméraire VOTIAK quand tout sera fini, il le salua d’une révérence guerrière. Puis, revenant à ces « moutons », il localisa sans mal DOHKO et ACHIGAN. Ceux-là, très affairés à se massacrer, en étaient également parvenus à la phase finale de leur duel. Délaissant MIRV, SHION se téléporta donc à leurs côtés.

Mais, pour plus de clarté, revenons derechef en arrière et reprenons le duel ACHIGAN/DOHKO à son ouverture. Le fondateur des fils de la nouvelle aube, sûr de sa victoire, venait d’utiliser le UNIVERSAL PENDULUM ATTACK. Rappelons-le, c’est cette même technique qui était venu à bout de l’indestructible SHAKA.
- Eh bien, déclama le SAINT d’or. J’attends toujours que tu me fasses taire !
- Cela ne saurait tarder, le rassura son ennemi. Mais avant, jouons un peu !
Par télékinésie, le MÜ arracha une trentaine de rochers du sol. Lapidateur, il les projeta un par un sur le SAINT d’or. Lequel les évita sans même décroiser les bras.
- Vitesse de la lumière, reconnut ACHIGAN. Parfait, accélérons un peu la cadence !
Pour son deuxième essai, il décolla trois énormes rocs du sol et les divisa symboliquement en 108 projectiles. Mais DOHKO les esquiva tous avec la même nonchalance. ACHIGAN, très mal à l’aise, réfléchit alors à haute voix :
- C’est anormal ! Les effets du vieillissement devraient déjà apparaître sur ton corps !
- Du vieillissement, s’étonna à moitié le SAINT. Voyez-vous ça ! Dis-moi, ton attaque aurait-elle un rapport avec ton satané mouvement pendulaire ?
- Oui, avoua son interlocuteur, agacé par son échec. Le UNIVERSAL PENDULUM ATTACK est un accélérateur temporel. En interceptant l’un des fameux pendule dont je t’ai parlé et en accélérant son mouvement habituel, je peux faire défiler le temps des milliers de fois plus rapidement, dans un périmètre délimité.
- Et ainsi faire vieillir prématurément tes adversaires ! Et bien sûr, tu ne prends aucun risque dans la manœuvre ! La longévité des MÜ étant ce qu’elle est, tu ne sacrifie que quelques années de vie dans la bataille !
- C’est tout à fait exact, concéda le MÜ en stoppant son attaque, définitivement inutile. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi ma technique n’a pas prise sur toi !
- J’ai moi aussi un secret à t’avouer, lui indiqua l’homme de ROZAN. Ta technique n’avait pas la moindre chance de fonctionner de manière efficiente sur moi. Car, depuis quelques mois, j’expérimente un tout nouveau présent, légué par ATHENA en personne, le MISOPETHAS MENOS !
- MISOPETHAS MENOS, répéta ACHIGAN. La technique divine du vieillissement simulé ! Si ma mémoire est juste, ton cœur ne doit désormais battre qu’au rythme de 100000 pulsations par an ! Pourquoi ATHENA a-t-elle fait don d’une formule si précieuse à un vagabond de ton espèce !
- Tout simplement pour que je puisse rentre chez moi, dans le futur !
SHION, à la lutte avec MIRV, n’entendit pas l’aveu de son congénère. Ce qui peut aisément expliquer la surprise qu’il ressentira, 243 ans plus tard, lorsqu’il attaquera le sanctuaire et sera ainsi confronté au vieux maître.
- Ton avenir, proféra avec une once de mélancolie ACHIGAN. S’il est identique à celui qui m’a vu naître, AUROCH va vivre un cauchemar éveillé plus terrible que ceux générés par son PRIMAL TERROR !
- Il sait à quoi s’attendre, désapprouva l’ermite. A ce sujet, la nature de vos relations m’intrigue ! Cet hominidé était-il vraiment l’un de tes sbires ?
- Non, AUROCH était un électron libre obéissant à ses propres règles. Toutefois, grâce au grimoire de CALAHËL, je connaissais sur le bout des doigts son histoire et la nature de son traumatisme. Ainsi, j’aurais très facilement pu le sauver ou l’intégrer, après sa rencontre avec le sacrificateur, à notre groupuscule. Mais cela aurait été une lourde erreur tactique. En l’état, AUROCH m’était infiniment plus utile au sanctuaire. Et puis, il y a SUN-YA. Sans lui, je n’aurais pu recruter une aussi talentueuse invitée surprise. Mais j’avance certainement trop vite pour toi. Peut être ne connais-tu pas toutes les arcanes du passé de ton compagnon ?
- Si, gémit presque le SAINT. Mais cela ne me dit toujours pas pourquoi il t’a aidé à kidnapper le POPE !
- AUROCH était consumé par la haine. Une haine franche et totale envers le genre humain et l’univers tout entier. Cette haine était sa force mais aussi une perpétuelle source d’obsession. Quelque part, je pense qu’il a finit par se prendre pour un messie, ayant pour mission de transmettre cette force aux rares élus capables de la supporter. Tu étais de ceux-ci. Aussi a-t-il choisi de tester ton « potentiel ». Et, par un heureux concours de circonstance, il put mettre plus rapidement que prévu son projet en branle.
DOHKO pensa que à nouveau, de tous les rivaux qu’il eut à affronter depuis sa « rétrogradation » à travers les siècles, le SAINT du TAUREAU obtenait définitivement l’Oscar du plus cinglé, ou peut être du plus visionnaire.
- Quand mes émissaires s’introduisirent au sanctuaire afin d’enlever le POPE, une incroyable surprise les attendait, reprit le MÜ. AUROCH, loin de leur imposer la moindre résistance, se proposa au contraire de les appuyer dans leur mission. Ce colosse était loin d’être stupide. Il savait que sa trahison attiserait ta colère. Et la colère est le terreau idéal pour faire croître la haine.
- Et tes ordonnances ont acceptés cette aide providentielle sans se poser de question, s’exclama DOHKO.
- Pour GERMINAL et VENDEMIAIRE, notre cause était juste. Pour eux, il était donc tout à fait normal que nos ennemis, gagnés par le doute, se joignent à nous. Quant à THERMIDOR, il avait grandi auprès de brutes épaisses mais au cœur d’or. AUROCH dut vraisemblablement lui rappeler quelques-unes des figures paternelles de son enfance et lui inspirer confiance.
- Pauvres crétins, critiqua l’ermite. Très bien, puisque j’ai appris tout ce que je voulais savoir, ce n’est plus la peine de te garder en vie plus longtemps !
- Pardon !?
- Il est grand temps de remettre cette époque sur les bons rails ! COLERE DU DRAGON !!!
DOHKO déclencha son attaque. Cependant, il fut distrait par l’explosion tonitruante causée par les lucioles kamikazes de MIRV. ACHIGAN, profitant de cette diversion, se téléporta alors sur l’autre partie de l’île.
- Tu ne m’échapperas pas, s’écria le SAINT en s’élançant à son poursuite.
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MessagePosté le: Ven 18 Jan - 11:31 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

107)L’EPREUVE DE LA JUSTICE

ACHIGAN, sans s’en douter, se matérialisa à l’endroit précis où IKKI enterrera ESMERALDA, son seul et unique amour. DOHKO, collé à ses basques, arriva un quart de seconde plus tard sur le cap.
- Le dénouement est proche, annonça sans risque le MÜ. Ta mort sera la pierre angulaire sur laquelle sera bâti l’ère nouvelle !
- Si je meurs, ce ne sera certainement pas en cette époque archaïque ! Par la COLERE DU DRAGON !!!
Le SAINT partit à l’assaut. Mais, malgré le fait que son attaque atteigne allégrement la vitesse de la lumière, le guerrier du SHESHA l’évita avec trop d’aisance. Suspicieux, l’ermite changea de tactique et l’agressa au corps. Toutefois, le MÜ esquiva ses coups avec une facilité énervante.
- C’est encore un effet de ton mouvement pendulaire de malheur, s’écria l’homme de ROZAN. Je ne sais comment, mais tu parviens à ralentir mes mouvements ou à accélérer les tiens !
- Un peu des deux, avoua le voyageur spatio-temporel. Les SAINTS d’or, et leur septième sens, sont beaucoup trop rapides à mon goût ! C’est un procédé un peu rustre, mais c’est le seul moyen de ne pas me laisser déborder !
- J’ai horreur des couards et des lâches de ton acabit, clama son adversaire, en portant son aura à son paroxysme. Mais, quels que soient tes subterfuges, tu n’éviteras pas ma prochaine technique, je te le garantie ! Par les CENT DRAGON DE ROZAN !!!
L’armée de dragons d’émeraude se rua sur le guerrier du SHESHA qui, une goutte de sueur au front, hurla alors :
- TIME WARP !!!!
ACHIGAN se dématérialisa alors et fut aussitôt remplacé par un DOHKO éberlué. Les cent dragons, incapable de faire la différence, heurtèrent alors leur créateur de plein fouet.
- Leçon élémentaire, ricana le MÜ. Un guerrier doit être capable de résister à sa propre attaque ! Ceci afin d’éviter ce genre de scénario catastrophe !
- Comment… Comment as-tu… ?
- Le TIME WARP m’a sauvé, expliqua ACHIGAN. Cette technique est une téléportation sur-vitaminée, qui me permet d’intervertir mon corps à celui de mon adversaire, sans même que celui-ci ne comprenne ce qu’il lui arrive. D’ailleurs, c’est grâce à cette technique que j’ai réussi à triompher de CALAHËL et de sa flèche assassine. Toutefois, j’admets volontiers que tu ne m’avais pas menti. Si les CENT DRAGONS m’avaient touchés, je serais certainement mort sur le coup.
Maigre consolation pour DOHKO qui avait survécu, miraculeusement, à cette attaque assez redoutable pour terrasser trois des meilleurs SPECTRES d’HADES. Le doyen des fils de la nouvelle aube, de son côté, observa la colonne de lumière disparaissant à la périphérie de l’île et dit :
- SHION est donc sorti vainqueur de son combat ! DOHKO, pardonne-moi mais il va falloir que j’accélère encore un peu les choses !
Par télépathie, le MÜ prit possession d’une des épées du SAINT et la plaça à la verticale de son crâne dénudé. La guillotine n’ayant pas encore été inventée, l’homme au diadème pensa que cette exécution sommaire ferait parfaitement l’affaire.
- Deuxième leçon, dit-il. Ne jamais laisser ses armes de combat à portée de l’ennemi ! Adieu, irritant grain de sable !
Le couperet de la justice ou plutôt de l’épée de la justice s’abattit sur le SAINT d’or. Heureusement SHION, apparut au même moment, dévia sa chute.
- Un grain de sable sauve l’autre, déclara leur concurrent. Vraiment, vos rôles ne cessent de s’inverser !
- DOHKO, interrogea calmement le SAINT du BELIER. Es-tu toujours en vie ?
- Ca… Ca ne se voit donc pas, répliqua l’ermite en se relevant laborieusement.
- Vous me faites de la peine, gémit ACHIGAN. Regardez-vous donc dans un miroir ! Aucun de vous n’est en état de me vaincre !
- C’est ce que nous verrons, s’écria SHION. En garde ! Montre-moi donc ta valeur, MÜ d’une autre sphère !
- Je vais probablement te décevoir, admit avec beaucoup de réalisme le guerrier du SHESHA. A ta différence, je n’ai appris aucune technique de combat offensive. J’ai été trop occupé, durant ma formation, à étudier les secrets du mouvement pendulaire. Mais il me reste encore un atout dans la manche, notre innée télékinésie !
Pour l’exemple, ACHIGAN refit voler de malheureux rochers au dessus du champ de bataille. Le futur grand POPE, qui n’avait pas le bagou ni l’humour potache de NIEMAND, lui lança quand même une « vanne » de son cru :
- Est-ce une plaisanterie ? C’est un tour sur lequel les plus jeunes APPENDIX étrennent leurs pouvoirs !
- Peut être, rétorqua l’intéressé. Mais même les tours les plus enfantins peuvent se révéler dangereux, pour peu que l’on utilise des instruments contondants. La preuve !
Toujours par télékinésie, ACHIGAN arracha toutes les armes de l’armure de la BALANCE. Puis, avant que DOHKO ne les rappelle à lui, il les utilisa contre les envoyés du sanctuaire. SHION, trop épuisé pour contrer son pouvoir télépathique, subit le premier l’attaque des douze armes sacrées.
- Jamais, hurla-t-il. CRYSTAL WALL !!!
La barrière de cristal, malgré sa résistance, explosa au contact du tonfa d’or. Les deux SAINTS, pris au piège, furent tour à tour frappés, griffés, lacérés et que sais-je encore par les douze armes sacrées. Comme dans la légende du bouclier et du javelot les plus résistants au monde, leurs armures et chacune des armes finirent, après ce traitement de choc, par se fendiller.
- Toujours attaquer les ennemis avec leurs propres armes, formula très justement ACHIGAN. DOHKO, penses-tu encore que tu survivras à cette bataille ?
- Pourquoi, s’interrogea celui-ci. Pourquoi les armes de mon armure refusent-elles de m’obéir …?
- Tout simplement parce que tu n’as pas su remplir ton office, homme du futur !
L’ermite, reconnaissant cette voix moqueuse, leva les yeux et vit NIEMAND. Le pirate n’était plus qu’une âme désincarné qui flottait dans un décor brumeux duquel SHION et ACHIGAN étaient absents.
- NIE… NIEMAND !!
- Eh oui ! En chair et en os, ou plutôt en âme et en brume ! Alors DOHKO, que penses-tu de ma nouvelle apparence !
- Très jolie… Le royaume des morts t’a donc rejeté ?
- Non, je m’y rendais à l’instant. Mais, quand j’ai senti que tu étais en difficulté face à ce poltron, je suis immédiatement revenu te hanter ! D’ailleurs, je ne suis pas le seul, regarde !
Derrière le capitaine de l’ALCYON, le SAINT d’or aperçut sept ombres qu’il identifia pour être LAWRENCE, CALAHËL, TADDHEUS, GANYMEDE, OZ et les jeunes FIODOR et VASSILI.
- Tu vois, reprit NIEMAND. Tout le monde se bouscule au portillon pour te faire la morale ! N’as-tu pas honte ? Depuis le temps que tu portes l’armure de la BALANCE, tu n’as toujours pas compris quelle était ta fonction !
- Ma fonction ?
- Oui ! Tu as sur le dos l’armure de la justice. Ce qui fait de toi le SAINT le plus important de l’ordre. C’est à toi que revient la charge de juger tes compagnons et d’estimer s’ils sont aptes ou pas à se servir de tes armes. Armes qui, d’ailleurs, ont leur propre conscience. Voyant que tu ne prenais pas ta mission au sérieux, elles ont choisi de te trahir et, par l’entremise d’ACHIGAN, de te soumettre cette épreuve.
- Mais… Que dois-je faire ?
- Accepter l’autre partie de ta destinée et l’ampleur insondable de ton sacerdoce ! Tu y arriveras DOHKO, nous sommes tous avec toi !
NIEMAND et ses ombres accompagnatrices disparurent de la vue du SAINT de la BALANCE. Lequel, regonflé, se releva et cria à ACHIGAN :
- Le destin est inéluctable ! Tu vas mourir ici et maintenant !

108)ADIEUX

- Ai-je bien entendu, demanda le guerrier du SHESHA. Tu persistes à croire en tous ces boniments ! Pauvre fou ! Que penserais-tu de périr sous le poids de ce magnifique bouclier d’or ?
Le plateau de la BALANCE, sous le contrôle d’ACHIGAN, se projeta sur DOHKO. Comme ce fut le cas pour LAWRENCE, celui-ci vit alors défiler dans son sub-conscient tous les moments clefs de son existence. Ce succédèrent chronologiquement sa petite enfance, l’assassinat de sa famille, son entraînement à ROZAN, son renvoi, sa course à travers le monde, son voyage dans le temps, sa seconde vie à ROZAN, son incorporation à l’armée d’ATHENA et tout ce qui en découla.
Sous la forme d’un patchwork, il vit les portraits de ses parents, ses frères et sœurs, SHIRYU, SHUN-REÏ, le vieux maître, WOLKEN, SYD, SIEGFRIED, le seigneur CRISTAL, AYOLIA, VENDEMIAIRE, THERMIDOR, CALAHËL, NIEMAND, le POPE, LAWRENCE, LUCAS et tant d’autres… Mais, surtout, il vit le doux minois de la jeune ATHENA. Apaisé par le regard confiant qu’elle semblait lui porter, il hurla :
- Je suis DOHKO, choisi pour être le SAINT de la BALANCE. J’ai foi en ATHENA car elle représente la justice…
Sans se préoccuper du bouclier, qui arrivait à « vitesse grand V » sur lui, l’ermite leva le bras gauche. Le bouclier s’arrêta alors à un demi centimètre de son cuir chevelu et vint docilement se positionner sur son avant-bras.
- … Et par ces armes, je suis le fer de lance et l’administrateur de cette justice, compléta-t-il. ACHIGAN ! Tu as définitivement perdu !
- Que tu crois, rétorqua son concurrent en envoyant à la charge l’épée, le tonfa et le nunchaku à trois branches.
- Inutile, critiqua DOHKO.
Les armes, en effet, vinrent se repositionner dans leurs emplacements respectifs. Les huit armes restantes, en suspension dans les airs, retombèrent également et se fichèrent dans le sol rocailleux de cette partie de l’île.
- On dirait que tu perds ta belle contenance, intervint alors SHION, voyant l’autre MÜ de cette scène reculer à l’approche du SAINT de la BALANCE.
Le futur maître de MU se leva à son tour et, tout chancelant qu’il était, marcha aussi dans la direction de leur ennemi. Ce dernier, se ressaisissant, cria alors :
- Cela ne change rien ! Ce ne sont pas deux morts-vivants qui m’empêcheront d’atteindre mon but !
- La justice peut se présenter sous un nombre infini d’apparence, lui envoya l’homme de ROZAN. L’heure de ton jugement est arrivée ! Ces armes vengeront tous les hommes que tu as abusés et sacrifiés !
Le SAINT arracha une épée et une lance du sol. Il garda le trident pour lui et envoya l’autre arme à SHION. Tels des bourreaux, ils avancèrent ensuite vers le condamné à mort.
- C’est idéal, approuva alors ACHIGAN. Grâce au TIME WARP, vous allez vous entretuer ! Grains de sable haïs, approchez donc !
Sans se concerter, les deux SAINTS se projetèrent, arme en avant, sur le premier et dernier fils de la nouvelle aube.
- Imbéciles ! TIME WARP !!!
ACHIGAN disparut et fut remplacé par SHION. DOHKO et lui, se croisèrent alors et, comme des samouraïs, restèrent figés dos à dos dans leurs positions d’attaque. Le guerrier du SHESHA, réapparaissant derrière eux, ricana alors :
- Les dernières barricades du sanctuaire sont tombées ! Après toutes ces années d’effort, nous avons enfin…
Deux gerbes de sang, traçant une croix sur son torse, l’empêchèrent de finir sa phrase. L’armure du SHESHA, brisée, retomba alors en petits morceaux sur le sol, laissant son propriétaire nu comme un ver.
- Je ne peux… y croire… Cela défie toutes probabilités… Comment avons-nous pu perdre…
A son tour, ACHIGAN eut la vision de tous les fils de la nouvelle aube. Lesquels l’attendaient probablement pour lui faire expier ses méfaits.
- C’est donc ce qu’il en coûte de défier… la destinée… énonça-t-il très sérieusement. J’ai engendré une… ère de chaos… Cette planète… est… condamnée….
ACHIGAN, raide mort, s’effondra pitoyablement. Les SAINTS, guère mieux lotis, s’appuyèrent l’un sur l’autre pour ne pas tomber. SHION, exténué, clama alors :
- La bataille n’est pas encore gagnée. Il faut nous rendre immédiatement au sanctuaire. Nous arriverons peut être avant que les miens ne lancent leur offensive. S’ils apprennent qu’ACHIGAN et les membres du conseil sont morts, ils renonceront d’eux-mêmes à cette folle entreprise. Même si, je le crains, ce ne sera que soigner une égratignure en attendant que la peste nous emporte.
- Pourquoi es-tu soudain si défaitiste, lui demanda DOHKO.
- HADES, lui répondit celui-ci. Comment résisterons-nous, le moment venu, à son inévitable offensive ? Ce ne sont pas deux malheureux SAINTS d’or qui pourront défendre le sanctuaire !
- Nous triompherons ! C’est écrit !
- Où cela ? Dans le grimoire que tu as détruit ! Grimoire qui était, entre parenthèses, notre seule chance de localiser et d’éradiquer cette tumeur grandissante !
- Nous triompherons, je peux te l’assurer ! Notre ordre a subi des pertes lourdes mais nul n’est irremplaçable. Le temps joue contre nous mais nous pouvons encore reformer nos rangs.
- Et comment cela, l’interrogea avec froideur le MÜ.
- En trouvant, avec deux siècles et demi d’avance, les jeunes guerriers devant remplacer les SAINTS de cette époque. J’espères seulement que nos amis nous guideront jusqu’à leurs doublures…
Symbole facile, DOHKO fixa le soleil couchant. SHION, constatant la dérobade de MIRV, pressa alors son ami de rentrer au bercail.
- Tu rentreras dans les détails de ton nouveau plan de l’impossible plus tard ! Le sanctuaire nous appelle !

Après de son effigie de pierre, ATHENA, cernée par LODZ, PROXIMA, TESS, TUDAL et REBECCA, observait également l’horizon. En larmes, elle adressa un dernier adieu à NIEMAND, qui s’en allait pour le royaume des limbes. Royaume où HYPNOS et TANATHOS, en tortionnaire des enfers, dorlotaient déjà les âmes des SAINTS d’or véritables ou non révélés.
- Adieux, murmura-t-elle. Adieux à tous. Je vous promets de ne pas faillir à ma mission. Votre sacrifice ne sera pas vain.
Au même instant, dans une contrée pas si lointaine, deux jeunes garçons jouaient gaiement au milieu d’un gigantesque champ de fleur. Un papillon, les observant depuis quelques minutes, se dématérialisa alors et rejoignit son propriétaire afin de lui faire son rapport. La véritable guerre commencerait bientôt….


D’un bout de sa canne, le vieil homme accrocha malencontreusement une fleur. Fleur de l’espèce que SHIRYU irait, par la suite, régulièrement cueillir pour SHUN-REÏ. Un papillon, protestant avec colère dans son langage incompréhensible, s’envola avec dépit. Le vieil homme, observant ses ailes irisées, murmura alors :
- Pardonne-moi de t’avoir chasser ! Je ne suis décidément plus aussi attentif que jadis !
Cela faisait six ans qu’il n’avait quitté la cascade de ROZAN. Sa mission, d’une importance cruciale, lui imposait de veiller jour et nuit sur la lointaine tour où étaient enfermées les âmes d’HADES et de ses SPECTRES. Mais il devait, à nouveau, faire une entorse à cette mission. Le destin l’imposait.
Sous ses yeux apparurent une maison misérable et un champ pentu qu’un homme et trois enfants s’échinaient à sortir de sa longue jachère. Le plus jeune des garnements, qui avait pour mission d’enlever les pierres de petites tailles des sillons et les emmener à l’autre bout du champ, aperçut le premier le voyageur. Surpris par ce petit homme à la peau violacée et aux vêtements loqueteux, il se précipita vers son père. Lequel, alerté, vint aussitôt à la rencontre du vieillard.
- Bonjour, commença le vieil homme. Pardonnez-moi d’avoir effrayer cet enfant. Ce n’était pas mon intention.
Les trois enfants, plantés comme des statues, se demandèrent ce que ce mendiant voulait. Mais, après avoir longuement discuté avec leur père, il tourna les talons et disparut dans les fourrés. Retournant à ses laboures, le père reprit alors les « commandes » de sa charrue de bois.
- Papa, l’apostropha sa fille, l’aînée de ses rejetons. Que voulait ce vieil homme ?
- C’est le légendaire ermite qui vit près de la cascade de ROZAN, lui répondit avec détachement son géniteur.
- L’ermite, s’écria le cadet. Celui qui a plus de 200 ans !
- Oui, approuva le père. Il est venu des cinq pics afin de nous trouver. Figurez-vous que ce vieillard cherche un disciple a qui transmettre ses connaissance. Il m’a demandé l’autorisation de faire de DOHKO son élève.
- Moi, s’exclama celui-ci.
- Mais, que lui as-tu répondu, demanda avec curiosité sa fille.
- Que nous sommes des paysans, pas des guerriers. D’ailleurs au travail, ce champ ne va pas se labourer tout seul.
- Tu as bien fait papa, admit le cadet. DOHKO était, de toute manière, trop faible pour devenir un combattant !
- Tu vas voir, protesta ce dernier en se jetant, comme de coutume, sur son frère aîné.
Caché dans les bosquets et observant sa famille, le vieux maître n’avait pas encore pu se résoudre à quitter les lieues. Les larmes aux yeux, il murmura :
- Un jour, tu comprendras…


FIN
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:53 (2017)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire

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