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Il était une fois au sanctuaire

 
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Chrysos
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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 09:44 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

IL ETAIT UNE FOIS AU SANCTUAIRE…

PARTIE 2 : LE PEUPLE OUBLIE

16)SUSPICION

Cela faisait à présent une semaine que les pluies diluviennes s’abattaient sur la planète. Des raz-de-marée effroyables faisaient chaque jour d’innombrables victimes. A ROZAN le vieux maître, défiant les intempéries, attendait des nouvelles du royaume d’ ASGARD. Par télépathie, il collectait des informations auprès d’un ami fidèle.
- Le dernier rejeton de la lignée SOLO se nomme JULIAN. Il y a plusieurs semaines qu’il a disparut. Ses proches ont fait remué ciel et terre sans succès. C’est à croire qu’il s’est volatilisé…
- Peut être qu’il ne se trouve tout simplement plus sur terre, répondit le vieil homme.
- Vous êtes le nouvel administrateur du sanctuaire. Je ne me permettrais donc pas de contredire vos ordres, mais nous confiner ainsi aux douze temples finira par faire s’échauffer les esprits ! Certains pourraient ne pas avoir la même, disons, docilité que SHAKA ou moi !
- Si tu parles d’ AIOLIA, il est vrai que sa fougue habituelle se marie mal avec ce genre de directives contraignantes ! Si son impétuosité le poussait à vouloir quitter son poste, je te charge de le faire revenir à la raison !
- très bien ! Il sera fait selon vos ordres !
- Une dernière chose, gardes aussi un œil sur le résidant de la huitième maison !
- MILO !? Mais pourquoi ? Même si, lui non plus, ne manque pas de caractère, Il n’est pas homme à désobéir à un ordre direct !
- Malgré toutes les connaissances qu’a pu te transmettre mon vieil ami SHION, il a omis de te parler de la dimension historique des anciennes guerres SAINTES. Et surtout, de leur répercussion sur les temps actuels !
- Si vous avez un point commun avec mon défunt maître, c’est bien cette faculté de parler constamment par énigme ! Si je comprends bien, il y aurait un lien entre MILO et les événements qui touchent actuellement cette planète !
- Pas un lien… Une malédiction du sang !

17)L’HOMME DU PASSE EFFACE

Changement d’époque mais pas de lieu, nous retrouvons DOHKO, infiniment plus jeune, au pied de sa cascade attitrée. Dans son esprit, les événements des jours précédents se télescopaient, la visite d’ ALBERICH le treizième, FIODOR et VASSILI combattant THERMIDOR, le sanctuaire, CALAHËL et NIEMAND, et ATHENA, toujours ATHENA. Il la revoyait encore, présidant une audience toute particulière. Cela se passait dans la salle du grand POPE. La souveraine, entourée de son précepteur et de ses six protecteurs d’or s’exprima ainsi :
- Il n’y a pas de hasard ! L’armure de la BALANCE t’a choisi comme propriétaire, c’est un fait !
- C’est faux, répondit DOHKO. Elle n’a fait que me protéger à un instant critique ! Je ne suis pas un SAINT !!
- Je pense que c’est ton destin qui te rattrape, s’immisça le POPE. S’il était écrit que tu deviendrais le SAINT de la BALANCE, rien ne servira de lutter !
- J’écris ma propre destinée !!
Puis il s’en était allé. ATHENA lui avait tout de même fait promettre de réfléchir à la situation, en lui offrant quelques jours de répit. Depuis, il n’avait pas réussi à trouver le sommeil et s’imaginait sans cesse les différents cas de figures possibles. Le craquement d’une branche morte le ramena, soudain, à des pensées plus terre-à-terre.
- Qui vas-là, demanda-t-il pour la forme, car il avait reconnu le cosmos de son visiteur.
- Nous nous sommes déjà rencontrés ! Je suis…
- LAWRENCE, le SAINT du SCORPION ! Que viens-tu faire aux cinq pics ? Et qu’est devenu tout ton attirail ?
LAWRENCE, en effet, ne portait pas d’armure. Sa tenue civile était la décontraction même. Elle se composait d’un bête pantalon de lin noué à la taille par une ceinture de cuir, d’un maillot de corps et de sandalettes remontant en lacet sur ses chevilles.
- Je ne suis pas en mission officielle ! Je viens juste prendre de tes nouvelles !
- Trop aimable ! Je…
Une vision enfantine coupa la chique à DOHKO. Aux côtés de LAWRENCE se trouvait un enfant qui était sa copie conforme, même fossette, même chevelure ébouriffée et surtout même expression globale du visage. Seules ses pupilles, bleues turquoises, le différenciaient de son aîné.
- Les SAINTS d’or ont de curieuse escorte, remarqua l’ermite. Quel âge a donc ton frère pour te servir ainsi de garde du corps !
- Quatre ans. Mais ce n’est pas mon frère, c’est mon fils !
DOHKO, étonné, estima l’âge de LAWRENCE. Si il avait dépassé la vingtaine, ce n’était que d’une courte tête. Un peu tôt pour envisager une telle paternité.
- Les SAINTS ne sont pas des créatures asexués, contrairement à la propagande du sanctuaire. Ils leur arrivent parfois de commettre des impairs !
Le SAINT d’or décoiffa tendrement la tignasse de son rejeton et continua :
- Ta convalescence touche à sa fin, dirait-on ! Tu as l’air en forme !
- Le grand POPE m’a bien rafistolé ! Je n’aurai bientôt plus besoin de ça !
DOHKO désigna l’écharpe soutenant son bras gauche et déclara :
- J’imagine que tu es venu pour me convaincre de rejoindre vos rangs ! Ton fils sert-il à éveiller en moi une quelconque fibre sentimentale ?
- En matière de cynisme outré, tu n’arrives pas à la cheville de cet énergumène de NIEMAND ! Il est vrai que je suis là pour te parler ! Mais pas pour te forcer la main ! D’ailleurs…
Soudain, les deux hommes se turent. Leurs sens en alerte venaient de les avertir de l’approche d’un danger. Un cosmos inconnu saturait, en effet, l’atmosphère d’ondes agressives. Il provenait d’un jeune homme à la peau métissée, vêtu d’un pantalon court et d’une veste de marin ouverte sur son poitrail musclé. Son visage fermé indiquait une humeur orageuse. C’est d’ailleurs sur ce ton qu’il apostropha DOHKO :
- Te voilà enfin ! Tu m’auras fait perdre trois jours à écumer cette maudite région ! Où étais-tu donc passé ?
- Tu le connais, s’enquit le SAINT du SCORPION.
DOHKO voulut répondre par la négative mais quelque chose lui ordonnait de ne pas être aussi catégorique. Oubliant la question de LAWRENCE, il demanda à ce nouveau quidam de bien vouloir décliner son identité.
- Tu te fiches de moi !! Tu ne peux avoir oublié mon nom !! Je suis VENDEMIAIRE !!
- Cet homme te connaissait peut être avant que tu ne deviennes amnésique, supposa LAWRENCE. Ton échauffourée au sanctuaire a fait grand bruit ! Sans doute…
- Amnésique, répéta VENDEMIARE. Et depuis quand !?
- Cela fait plus de deux ans, rétorqua DOHKO. Ton visage me paraît familier !
Nous sommes-nous rencontrés avant cette période ?
- … Cessez cette comédie, je ne suis pas dupe ! Est-ce la peur qui t’a conduit à employer une ruse aussi stupide !? Tu redoutes donc autant de m’affronter à nouveau ?!
- A nouveau !? Ce qui signifie que…
- Permets-moi de te rafraîchir la mémoire ! INCUBUS IMPETUS !!!
VENDEMIAIRE se jeta sur son interlocuteur. Son poing, gainé d’énergie pure et compact, s’écrasa sans ménagement sur un DOHKO tétanisé, non par la peur, mais un vif retour de mémoire. A n’en point douter, il avait déjà subi cette attaque. Mais impossible de déterminer où et quand. LAWRENCE, de son côté, prit son fils par les épaules et lui parla doucement :
- Tu te souviens du rocher que nous avons vu juste avant d’arriver ici !? Vas t’y cacher et n’en bouges sous aucun prétexte jusqu'à ce que je t’y rejoigne. Fais vite !
Le garçonnet s’exécuta. DOHKO, lui, se préparait à vendre chèrement sa peau. Il libéra son bras gauche, fit quelques étirements pour s’assurer de sa fiabilité et dit :
- Dorénavant, nous nous battrons à armes égales ! COLERE DU DRAGON !!!
VENDEMIAIRE, recevant la monnaie de sa pièce, fut balayé comme un fétu de paille. Cependant, il se releva aussitôt avec une aisance déconcertante.
- Tes pouvoirs se sont considérablement accrus en l’espace de deux années, lança-t-il. Malgré tout, ils ne suffiront pas pour me faire courber l’échine. INCUBUS IMPETUS !!!
Cette fois, l’énergie recouvrit les jambes de VENDEMIAIRE qui, d’un coup de pied sauté, fracassa le bras blessé de son vis-à-vis. A peine ressoudé, sa fracture se rouvrit dans un bruit abominable. L’ermite de ROZAN, porté par l’élan de l’attaque, bascula et glissa sur le sol, creusant un large sillon sur son passage. Le métis, joyeux, s’approcha de lui et, du talon, appuya sur son bras douloureux.
- J’ai reçu des directives strictes, harangua-t-il. Je dois te ramener vivant ! Mais ne te réjouis pas trop vite ! Ce duel n’est que partie remise !
- Je ne suis pas… encore vaincu !!
DOHKO frappa, de son coude libre, la cheville de son adversaire. Le choc, pourtant, ne lui causa pas même un frémissement.
- Cesses de me chatouiller ! YAH !!
VENDEMIAIRE, sans pitié, enfonça d’un coup sec de la jambe, le crâne de l’ermite dans le sol.
- Voici qui devrais te faire taire pour un bon moment !
- Arrête, hurla LAWRENCE. RESTRICTION !!!
La technique paralysante s’empara de VENDEMIAIRE qui, hors de lui, vociféra :
- Libères-moi immédiatement, larbin d’ ATHENA !! Je n’ai pas l’intention de t’abattre aujourd’hui ! Ne m’obliges pas à reconsidérer cette décision !
- Silence ! Tu savais que DOHKO était blessé mais tu t’en es quand même pris à lui ! Tu vas payer cette bassesse au comptant !
- Stupide cloporte ! Je vais t’arracher les membres un à un !!
Luttant contre l’emprise du SAINT, VENDEMIAIRE dégrafa une statuette de sa taille. Celle-ci se mit à scintiller et, comme par magie, se transforma en une armure au design de démon griffu. Elle se décomposa et ses différentes parties se greffèrent sur le corps de son transporteur. LAWRENCE, contraint de relâcher son emprise psychique, s’abasourdit :
- Qui es-tu réellement ?!
- Je suis VENDEMIAIRE de l’INCUBE. !! L’un des FILS DE LA NOUVELLE AUBE !!
_________________
- Where's Bian?
- Bian is in the ki... is in front of the North pacific's pillar.


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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 09:44 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Chrysos
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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 09:48 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

18)LA DYNASTIE SOLO

- Les fils de la nouvelle aube, reprit le SAINT, tombant des nues. C’est par ce nom que signèrent ceux qui dérobèrent les armures de bronze éparpillées de par le monde ! J’ignorais que vous possédiez vous aussi des armures de combat !
- Contrairement à vos antiquités, cette merveille a été crée spécialement pour moi ! Elle est née de mon sang et n’obéis qu’à ma seule volonté ! A ma mort, personne ne pourra jamais plus s’en revêtir ! Cette armure est la première de sa génération et fait de moi le premier matricule de l’armée appelée à vous supplanter !
- Nous supplanter ! Voilà qui est bien présomptueux ! Avant de caresser de tels rêves, montres-moi d’abord de quoi tu es capable !
LAWRENCE fit exploser son cosmos. Dans un taillis, une urne s’anima. Elle relâcha un scorpion doré qui, partie par partie, recouvrit les membres de son propriétaire.
- A présent, je suis paré ! SCARLET NEEDLE !!!
Deux rayons laser transpercèrent VENDEMIAIRE. Son armure, moins solide qu’il ne laissait croire, se fendilla aux points d’impact.
- Voici donc la fameuse AIGUILLE ECARLATE, observa-t-il. Elle tient plus de la caresse que de la piqûre mortelle !
Le SAINT, abasourdi, réexpédia quatre autres piqûres à son opposant, qui ne broncha pas le moins du monde.
- Entends-tu le glas qui sonne pour toi ? INCUBUS IMPETUS !!!
Le métis, sans faire dans la dentelle, frappa lourdement la fossette distinctive de son adversaire. DOHKO, s’extirpant de son carcan de pierre, s’écria :
- C’est pour moi que tu es venu ! Ne gaspille pas ton énergie avec cet idiot !
- J’ai suffisamment de pouvoir pour vous deux ! Ne sois donc pas jaloux !
LAWRENCE, profitant de l’ouverture, fit passer le compte des piqûres à neuf, toujours sans succès. Soudain, l’impensable se produisit. Toutes les « plaies » de l’armure de l’INCUBE, plagiant les capacités régénératrices d’une certaine armure du PHENIX, se résorbèrent.
- Impossible !?
- Malheureusement si ! INCUBUC IMPETUS !!!!
VENDEMIAIRE, impériale, administra la même correction à ses deux ennemis. S’attardant sur DOHKO, il lui dit :
- Si j’étais toi, je ne me tracasserais pas pour ce misérable insecte ! En l’éliminant, je rendrai un immense service au genre humain !
- Qu…Quoi !?
- Il fait parti d’une dynastie maudite ! Même s’il est, actuellement, au service d’ ATHENA, rien ne prouve qu’en lui ne sommeille pas l’âme d’un des pires ennemis de la déesse ! A moins que cette menace perpétuelle ne se trouve dans un recoin de l’esprit de son rejeton !
Le fils de la nouvelle aube s’arrêta et parla ainsi au SAINT :
- Avant de mourir, peut être aimerais-tu raconter l’histoire de ta lignée ! J’avoue être curieux d’avoir ta version de l’histoire, LAWRENCE SOLO !!
- Tu es très bien renseigné ! Je ne pense que je n’apprendrai rien que tu ne saches déjà ! Mais ce récit vous divertira peut être…
- Et accessoirement, nous fera gagner du temps, songea DOHKO.
- L’histoire de ma famille commença au temps immémoriaux. Plus précisément, lors de la toute première guerre SAINTE répertoriée. Un grand seigneur, souverain des mers et des océans, ne se satisfaisait pas de son royaume. Aussi, décida-t-il d’agrandir son territoire en s’appropriant le domaine terrestre. Domaine qui était sous la surveillance d’une toute jeune déesse, la noble ATHENA.
VENDEMIAIRE, attentif, croisa placidement les bras.
- Le seigneur, baptisé POSEIDON, haïssait les hommes. D’essence divine, ils les considéraient comme des parasites ou, au mieux, des êtres sous-développés. Aussi, ce fut sans remords qu’il décida, pour préserver son enveloppe charnelle, de transférer son âme dans le corps d’une de ces créatures. Il choisit un homme nommé SOLO, riche navigateur dont la famille avait la main mise sur le trafic maritime de l’époque…
LAWRENCE reprit son souffle et continua :
- Bien à l’abri dans le corps de son hôte, il déclencha une guerre effroyable où tous les guerriers de la terre périrent sous les coups de ses généraux. ATHENA, acculée, constitua alors une armée uniquement composée de jeunes gens ayant la connaissance du cosmos intérieur. Parmi eux, se trouvait un adolescent plus impliqué que les autres. Et pour cause, ce n’était nul autre que le frère cadet du dénommé SOLO.
Ayant mis au point une technique dévastatrice, l’AIGUILLE ECARLATE, il parvint par ses exploits à intégrer l’élite de l’armée de la déesse. La suite est évidente. ATHENA vainquit POSEIDON qui, rancunier, jura de revenir se venger. Ainsi naquit la malédiction des SOLO, car à chaque résurrection, le dieu prit possession d’un des descendants de son premier hôte.
Le SAINT ramassa son couvre-chef, qu’il avait perdu pendant le combat et d’une traite paracheva son récit :
- Selon le principe que chaque médaille a son revers, la famille SOLO ne resta pas sans réagir. De génération en génération, elle se transmit les secrets de l’AIGUILLE ECARLANTE, ou SCARLET NEEDLE, afin de laver son honneur en empêchant le dieu d’agir. De ce fait, chaque SAINT d’or du SCORPION fait parti de cette même lignée. Seul handicap, il est impossible de déterminer quel nouveau membre de la dynastie, POSEIDON choisira de capturer. Nous savons seulement que ses résurrections s’échelonnent sur une période de plus de 200 ans. Et qu’elles coïncident avec celles d’ ATHENA !
- Ce qui signifie…
- Oui, bien que l’arbre généalogique des SOLO se soit subdivisé en une multitude de branches, il y a toujours une possibilité, même infime que l’âme de POSEIDON demeure en mon être ! C’est précisément de cela dont j’étais venu te parler !
- Comment !?
- Au sanctuaire, tu as déclaré écrire ta propre destinée. Désolé de te contredire, mais je pense, qu’au contraire, notre destinée est écrite bien avant notre naissance. Chaque homme a son rôle à jouer dans cette ineptie appelée la vie et dois s’en montrer digne !
- Ton discours devient soporifique, clama VENDEMIAIRE. Rassures-toi pour ta destinée, elle prend fin ici !!! INCUBUS POSSESSION !!!
Le cosmos du métis grimpa de façon exponentielle. Dans un état de transe, les pupilles de ses yeux s’effacèrent, laissant son regard aussi vide que celui d’un mort-vivant. Toute son énergie accumulée explosa et, comme une ombre, recouvrit le SAINT d’or. Ce dernier décocha à nouveau deux piqûres de son AIGUILLE ECARLATE, sans plus de réaction de son opposant. Le salut arriva pourtant en la personne de DOHKO qui, routinier, s’interposa entre les deux belligérants. VENDEMIAIRE, ne pouvant se permettre d’abîmer son gibier de prédilection, rengaina son artillerie.
- Ma vie n’est qu’un éternel recommencement, se plaignit-il. Je dois constamment voler au secours de ceux censés assurer ma protection !
Le métis, dont les yeux étaient redevenus normaux, s’exclama :
- Vous m’agacez tout les deux ! Comme le dit le dicton, j’ai bien envie d’en prendre un pour taper sur l’autre !
- Si cela peut te rassurer, tu m’irrites également au plus haut point ! Il est regrettable que j’inaugure avec toi ma dernière trouvaille !
- Pardon !?
L’ermite concentra son énergie à son apogée. D’une seule main, il déclencha sa plus terrible attaque.
- CENT DRAGONS DE ROZAN !!!!
VENDEMIAIRE, percuté par une myriade de dragons chimériques, fut précipité dans le vide. Son gigantesque cosmos s’éteignit alors tel un brasier soufflé par le vent d’une explosion.
- Quel monstre, s’écria LAWRENCE. Aucun de mes coups n’a eu d’effet sur lui ! A croire qu’il est insensible à la douleur ! Je doute que cette chute vienne à bout de lui !
- Je l’espère ! C’est le seul homme qui me rattache à mon passé, je compte bien lui poser quelques questions par la suite ! Dis-moi, est-ce que la proposition du sanctuaire tient toujours ?
- Plus que jamais ! Nous serions honorés de t’avoir à nos côtés, frère d’arme !
LAWRENCE tendit la main à DOHKO qui, après une courte hésitation, la serra en signe d’accord.
- Je tiens à préciser une chose ! Si j’accepte, c’est uniquement dons l’optique d’en apprendre plus sur mes origines ! Je ne crois toujours pas à tes élucubrations sur la destinée !
LAWRENCE sourit de bon cœur. Le nouveau SAINT de la BALANCE garda pour lui sa dernière pensée :
- Les fils de la nouvelle aube ! Encore une pièce de plus à ajouter au puzzle ! Je souhaite que mon passé ne se retourne pas contre moi !

19)LE GERME DU CONFLIT

De l’autre côté de la planète le domaine sacré, après une période d’alerte maximale, relâchait enfin la pression. Trois gardes, effectuant leur ronde quotidienne, croisèrent la route de la tendre REBECCA, les bras chargés de provisions. Contre toute attente, elle déclina l’offre galante qu’ils lui firent de l’aider à porter ses encombrants colis. Elle longeait les arènes de combat lorsqu’elle tomba nez à nez avec un promeneur plutôt inattendu. SHION, délaissant sa demeure, hantait en effet les lieux.
- Tu es bien matinale, constata la jeune fille après les salutations d’usage.
- J’avais besoin de me dégourdir les jambes, répondit simplement le SAINT.
- Dis plutôt que, pour la énième fois, tu es allé vérifier toi-même les différentes entrées du sanctuaire ! La sécurité a été renforcée au maximum ! Même un insecte ne pourrait franchir les lignes de défense sans que tu n’en sois aussitôt averti ! Qu’est-ce qui peut bien te rendre aussi nerveux !
- Nerveux !? Tu es bien la première à me qualifier de ce nom là ! D’ordinaire, on me définirait plutôt comme quelqu’un de froid, sans émotion…
- Les autres n’y connaissent rien en psychologie ! Moi non plus d’ailleurs, mais je sais voir quand un homme s’inquiète ! Et quant cet homme est un des plus puissants SAINTS d’or, c’est que le danger doit être immense !
- Tu devrais retourner auprès de CALAHËL, éluda-t-il. Il n’apprécie guère de te voir discuter avec une personne du sexe opposé, SAINT d’or ou non !
- Mon cher cousin me considère encore comme une enfant ! Mais je ne peux pourtant pas lui en vouloir de me surprotéger ainsi ! Sur son lit de mort, mon père lui a fait promettre de veiller sur moi comme sur la prunelle de ses yeux ! De plus, je suis sa seule famille, désormais !
- Un jour, il réalisera que tu as grandi et qu’une femme aussi ravissante que toi à aussi besoin d’indépendance. !
- Je… Je dois y aller, bafouilla REBECCA, dont le visage s’était soudain empourpré. On se verra plus tard…
Un sourire effleura les lèvres du SAINT. Il se recoiffa de son heaume et allait finir son tour d’inspection, quand il s’aperçut qu’il n’était pas seul. Il se téléporta au cœur de l’arène et en guise de sommation, annonça :
- Toute intrusion dans l’enceinte du sanctuaire est passible d’exécution ! Je vous conseille de vous montrer, si vous ne tenez pas à ce que j’applique à la lettre le règlement !
Un homme, camouflé dans les gradins, bondit à sa rencontre. Son aspect général surprit le flegmatique SHION. Il portait un pantalon bouffant et une veste qui ne semblait formée que d’une seule étoffe, habilement nouée autour du torse. L’ensemble était, somme toute, assez saillant malgré une prédominance de couleurs vives. Sa chevelure, d’une improbable teinte cramoisie, était composée de ce que nous appellerions aujourd’hui des dreadlocks, d’une longueur honorable. Une barbichette bien taillée grignotait son menton, enrichissant par la même occasion son visage émacié. Ses yeux d’un bleu intense, pour finir, étaient pailletés d’éclats dorés du plus bel effet.
- Je me rends, plaisanta l’inconnu. Inutile de faire parler les canons !
- Je suis SHION, SAINT d’or du BELIER ! Tu as trois secondes pour me convaincre de ne pas te réduire en poussière ! Sois concis, j’ai horreur des histoires trop longues !
- Je me nomme ou plutôt on me surnomme GERMINAL ! Si j’ai commis l’acte abominable de pénétrer vos frontières, c’est pour remettre en mains propres une très importante missive à ta déesse ! La voici, d’ailleurs !
Fouillant dans la sacoche, qu’il portait en bandoulière à la taille, l’intrus y pêcha un feuillet marqué d’un cachet de cire.
- Puis-je, si ce n’est pas trop te demander, savoir qui est l’expéditeur de ce courrier ?
- Les fils de la nouvelle aube, répondit du tac au tac GERMINAL. Maintenant que tu es renseigné, pourrais-tu me conduire à ta maîtresse ?
Une onde de surprise et de colère parcourut la moelle épinière du SAINT d’or.
- Fais-tu, toi aussi, parti de ce groupuscule, questionna-t-il avec hâte.
- J’en suis un membre éminent, effectivement !
- Tu ne manques pas d’audace d’oser te montrer ici, après toutes les exactions commises par ceux que tu représentes !
- Je présume que tu parles de l’emprunt de vos armures sacrées. Je conçois aisément la rancœur que tu dois avoir à mon égard. Mais, confidence pour confidence, j’aimerais te signaler que cette lettre a un rapport direct avec ce que tu nommes des exactions ! Il y est même question de restitution. Aussi, j’apprécierais que tu m’aides, sans attendre, à remplir mon office. Où se trouve ATHENA ?
- Je suis tout disposé à lui transmettre cette missive ! Confies-la moi et je tacherai d’oublier cette entrevue !
- Très aimable, mais je suis contraint de décliner cette proposition. Si tu ne souhaites pas me renseigner, tant pis ! Je trouverai seul mon chemin !
- Un pas de plus, et ton espérance de vie fondra comme neige au soleil !
- Nous voilà dans une impasse ! Il est plus que certain qu’aucun de nous ne voudras lâcher du lest ! La seule issue serait de nous affronter et de laisser le vainqueur imposé sa volonté au vaincu !
- Cette solution me paraît équitable ! Mais tu pars avec un profond désavantage ! Je suis équipé d’une armure d’or, protection totale si il en est ! Alors que toi…
- N’aies craintes, je vais équilibrer les forces, clama GERMINAL, en sortant de sa besace une statuette creuse.
Selon le même phénomène que celle de VENDEMIAIRE, elle se métamorphosa en armure de combat qui se greffa à lui. SHION, expert en la matière, se troubla :
- COBALT…, pensa-t-il seulement.
- Eh bien, recommença GERMINAL en admirant son uniforme vermillon. De quoi ai-je l’air ? Je dois t’avouer que c’est la première fois que j’essaye cette carapace !
- D’un ver de terre engoncé de force dans un écrin de cuivre !
- Sûrement ! Toi qui sembles bon analyste, peux-tu me dire ce qu’est ceci ?
L’intrus piocha dans la sacoche, toujours fixement accrochée à sa taille, une poignée de graines. Devant l’indifférence du SAINT, il répondit de lui-même :
- De simples graines ! Minuscules, mais douées de possibilités infinies ! Difficile d’imaginer qu’en l’état, elles recèlent déjà toutes les caractéristiques de l’arbre ou de la plante qu’elles ne deviendront que des mois, des années, voire des siècles plus tard !
- La botanique n’est pas mon violon d’Ingres ! Je suppose que tes graines ont leur utilité en combat, mais j’imagine difficilement comment !
- Le secret se trouve dans les proportions, assura GERMINAL en semant au compte-gouttes sa précieuse poignée. Trop les espacées appauvrirait bien sûr la récolte. Mais trop de semis dans le même périmètre peut, à contrario, freiner leur croissance !
- Rien ne pousserait sur ces pierres, remarqua SHION, jouant soudain le jeu de son incroyable adversaire.
- Détrompes-toi ! D’ici à peine quatre jours, les premières pousses apparaîtront ! Ce sera ma contribution à l’embelli de ce lieu de mort !
- Soit ! Et notre affrontement, que devient-il ?
- Tu es bien empressé de mordre la poussière ! A ta guise ! Je suis GERMINAL du FOLLET ! En garde !
Les cosmos des deux belligérants irradièrent de concert. Comme de coutume, le SAINT d’or ouvrit les hostilités en employant son attaque STARDUST REVOLUTION. L’homme à la sacoche fut entraîné dans une ascension tourbillonnante et s’écrasa, tête la première, sur le sol pavé de l’arène.
- COBALT n’avait pas menti, s’exclama-t-il en se relevant. Cette armure offre une protection stupéfiante ! Sans elle, j’aurais été broyé par ton attaque ! Dire qu’au départ, je refusais même l’idée d’en avoir une…
- J’avais donc vu juste ! COBALT est bien le créateur de cette armure !
- Exact ! C’est un individu hautain et prétentieux ! Mais il faut avouer que, dans son domaine, c’est un pur génie capable de courber et modeler la matière selon son bon vouloir ! Mais je ne t’apprends rien, n’est-ce pas ?
- Où se trouve-t-il, s’enquit expressément SHION, oubliant jusqu’à la missive d’ ATHENA.
- Quelle inconstance ! Il y a une minute, tu rêvais de m’écorcher vif, alors qu’à présent c’est à peine si tu remarques ma présence ! Terrasses-moi, et peut être que je répondrai à ta question ! En attendant… REVIVAL PRISM !!!
- CRYSTAL WALL !!!
La barrière de cristal, prétendue infranchissable, fut pourfendue par un rayon prismatique. Ledit rayon toucha le SAINT, apparemment sans résultat. Mais SHION, crispé, se téléporta sans attendre.
- La télékinésie, s’extasia GERMINAL. Quelle faculté fabuleuse ! Les tiens ont de la chance de posséder cette capacité dés la naissance !
- Peu de personnes partage ton point de vue ! Ce « don » a longtemps été considéré comme une affliction par les hommes qui se qualifiaient eux même de normaux !
- L’humanité est ainsi bâtie ! La peur est sa principale fondation et l’envie son mortier ! Ajoutons à cela quelques matériaux, comme l’égoïsme et la vanité, et nous obtenons un portrait saisissant des différentes structures dirigeantes !
SHION regarda brusquement son adversaire d’un œil différent. Sans commenter cette philosophie fataliste, il déclara :
- Notre duel continue ! STARDUST REVOLUTION !!!
Les étoiles filantes personnelles du SAINT assaillirent GERMINAL. Toutefois, par son attaque REVIVAL PRISM, ce dernier réussit à en annihiler une bonne moitié, réduisant d’autant leur effet destructeur. Celui qui deviendra le maître de MU énonça calmement :
- Une modification moléculaire ! J’aurais dû le comprendre plus tôt ! Tu n’as pas détruit ma poussière d’étoile, tu l’as tout bonnement transformé ! Reste à savoir en quoi !
- Bonne question ! Tu le découvriras par toi-même ! REVIVAL PRISM !!!
- Pas si je te métamorphose avant en lumière d’étoile ! STARLIGHT EXTINCTION !!!
La technique de SHION atteignit son adversaire et l’engloba de sa lumière meurtrière. Cependant, GERMINAL réapparut sain et sauf, après la disparition de celle-ci. Sans délai, il tendit sa lettre au SAINT qui la téléporta à lui.
- J’abandonne ! Ce combat ne nous mènera qu’à une destruction commune ! Je vais donc agir comme tu ne l’as conseillé et déguerpir ! Tâches d’oublier mon existence… Pour l’instant !
- Pourquoi ferai-je cela ! Après tout, je pourrais te retenir suffisamment longtemps pour que mes amis viennent te cueillir en surnombre !
- Certes ! Mais si tu l’avais voulu, tu aurais déjà fait sonné le tocsin ! Cela m’attriste de l’admettre, mais je ne représente rien pour toi ! C’est lui que tu recherches, et nul autre ! N’est-ce pas pour cela que tu as rejoint les rangs de cette déesse d’opérette !?
- Je t’interdis de…
- je m’en vais ! J’espère que tu n’égareras pas ce courrier ! A très bientôt !
GERMINAL tourna les talons puis, sans raison, déclara :
- En ce monde corrodé, la pitié est un luxe que les êtres tels que nous ne peuvent s’offrir ! COBALT l’a bien compris, lui !
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Chrysos
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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 09:53 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

20)L’ALCYON

VENDEMIAIRE était furieux. Comme une bête enragée, il arpentait un sentier au cœur d’un verger, afin de rejoindre le manoir où nous l’avions vu précédemment. Assis autour d’une table d’orientation, quatre hommes, dont THERMIDOR et VENTÔSE, profitaient du doux climat. Enfin, pas seulement, chacun d’eux sirotait en fait un verre d’alcool coloré, reconnu pour être de l’absinthe.
- Sois le bienvenu, l’apostropha celui qui, religieusement, servait à boire à ses congénères. Viens donc trinquer avec nous ! L’absinthe est une manne divine réputée pour faire perdre la raison ! Ne sois dont pas le seul à rester sain d’esprit !
L’homme qui venait de s’exprimer de cette façon se prénommait BRUMAIRE. Ses principales caractéristiques étaient ses yeux glauques et sa tignasse blonde et crépue, calvaire absolu du coiffeur le plus endurant. Tout de noir vêtu, il ressemblait un peu à ces poètes maudits qui, généralement, meurent aussi jeunes que déments. Le métis, dédaigneux, n’accorda pas même un salut à ses compagnons et continua sa route.
- Cela fait un bout de temps que l’on ne t’avait vu, lui dit alors THERMIDOR. Où te cachais-tu ?
L’Ecossais n’eut pas plus de succès. Ce fut le quatrième acolyte, un dénommé NIVOSE, qui parvint à lui arracher une parole en disant :
- Le manoir est vide ! Son excellence est partie en promenade, avec MESSIDOR, qui plus est !
- Partie, s’étonna VENDEMIAIRE.
- Ouais, clama gaillardement THERMIDOR. Il a tenu à s’acquitter lui-même d’une tâche plus que légitime, rendre leurs armures aux SAINTS d’ ATHENA !
- Il est au sanctuaire, conclut d’instinct le métis. C’est du suicide, il va se faire lapider !
- Faux, l’arrêta l’Ecossais. C’est GERMINAL qui a été chargé de prévenir ATHENA en se rendant au domaine sacré. Notre bien-aimé souverain, lui, a juste transporté les armures ailleurs. En un endroit foncièrement déplaisant…

Quittons le repaire des fils de la nouvelle aube pour la mer Ionienne où un bateau, véritable antiquité flottante, filait toutes voiles dehors. NIEMAND, en navigateur chevronné, agrippait fermement la barre. Habillé pour la circonstance d’une tenue de capitaine corsaire du plus bel effet, il sifflotait gaiement quand il reçut le plus avisé des conseils.
- Tu devrais ralentir l’allure ! Cette coquille de noix va finir par se disloquer !
DOHKO, attelle au bras gauche et chevelure mouillée par les embruns, découvrait ainsi les joies de la navigation.
- L’ALCYON a résisté à plus de tempêtes que tu ne saurais en compter, s’offusqua le SAINT des POISSONS. Ce n’est pas cette croisière qui le torpillera par le fond !
- Bon ! Toi qui as un avis arrêté sur tout, pourrais-tu m’expliquer pourquoi je vous accompagne en mission ! Sans armure, qui plus est !
- Tu n’es là qu’en qualité d’observateur ! Ton intronisation en tant que SAINT ne se fera qu’à notre retour ! Mais ne t’attends pas à une cérémonie en grandes pompes et tout le tralala ! Le sanctuaire mise avant tout sur la sobriété !
DOHKO observa l’équipage formé de FIODOR et VASSILI, de deux autres SAINTS d’argent, d’une cohorte de gardes et d’ AUROCH, monopolisant la proue du navire.
- Ce qui explique cette débauche de moyens pour récupérer une vingtaine d’armure, commenta-t-il. Je m’étais pourtant laissé dire que l’un des vôtres était un télékinésiste prodigieux ! Il aurait pu les téléporter en un battement de cil !
- Son pouvoir, aussi conséquent soit-il, ne peut agir en certains endroits précis de cette planète ! Le sanctuaire, par exemple, car le cosmos d’ ATHENA provoque des interférences, comme le dit SHION lui-même ! Le même phénomène se produirait ici !
NIEMAND montra du menton les cotes naissantes d’une île gigantesque, la SICILE. Puis il poursuivit sur tout autre sujet :
- Pardonnes-moi d’être indiscret mais, entre nous, qu’est-ce qui t’a décidé à accepter finalement l’offre de son altesse ?
- Probablement la perspective hautement réjouissante de côtoyer régulièrement une canaille de ton espèce…
- Hum, voilà que je deviens contagieux ! Nous allons bientôt accoster, peut être me répondras-tu alors !
Un garde, posté en vigie, hurla soudain à son capitaine :
- Seigneur NIEMAND ! Récifs droit devant ! Il n’y a plus aucune possibilité d’avancer ! Nous devons jeter l’ancre !
- Des récifs ! Qu’à cela ne tienne ! Accrochez-vous à ce que vous pourrez !
Le SAINT, par son aura, recouvrit de brume les récifs. Le navire, léger comme l’éther, glissa sur cette mer improvisée et s’échoua sur une plage de sable fin.
- Cale sèche, annonça DOHKO, pas vraiment chamboulé.
- Messieurs, votre capitaine vous informe que nous sommes arrivés à bon port ! L’ALCYON vous attendra ici même tout le temps que dureront vos emplettes ! Ne tardez pas, l’endroit n’est pas sûr !
Les gardes, médusés, débarquèrent les premiers, talonnés par les SAINTS d’argent et par AUROCH, fermant volontairement la marche. FIODOR et VASSILI adressèrent un bref au revoir au SAINT de la BALANCE et partirent en éclaireurs.
- Les deux acrobates t’aiment bien, à ce que je vois ! Savais-tu que, sans CALAHËL, aucun des deux n’aurait été admis comme SAINT d’argent ?
- Comment cela ?
- Le code d’honneur des SAINT est on ne peut plus stricte. Leurs combats doivent nécessairement se dérouler en un contre un, c’est la règle. FIODOR et VASSILI qui n’ont, ni l’un ni l’autre, le potentiel d’un guerrier de leur rang, sont pourtant autorisés à se battre en s’associant.
- Quel rapport avec CALAHËL ?
- Très simple ! C’est lui qui a conseillé au sanctuaire de laisser leur chance à ces deux gamins. Il a passé des heures à convaincre le POPE de ne pas laisser filer de tels combattants. Il est vrai qu’a deux, ils peuvent déplacer des montagnes…
- J’ai du mal à m’imaginer CALAHËL bafouant ainsi vos chers préceptes ! Mais pourquoi me racontes-tu cette histoire ?
- Parce que mon ami, il a fait de même pour toi ! Après ton départ du sanctuaire, le POPE était tout disposé à te ficher la paix ! Mais il l’a seriné pour qu’il l’autorise à aller te convaincre, et ce malgré l’état d’alerte ! Mais il n’avait cependant pas prévu que LAWRENCE ne passerait pas par les voies protocolaires !
- Pourquoi se sont-ils donnés autant de mal, lâcha DOHKO, un peu gêné.
- Va savoir ! Peut être parce que nous souffrons actuellement d’une forte carence en SAINTS d’or ! Ce qui a conduit le sanctuaire à s’octroyer les services de crapules telles que toi et moi, sans faire la fine bouche ! Ou alors, c’est qu’ils savent reconnaître les représentants de la justice, quand eux même ne se croient pas dignes de cette mission !
NIEMAND ôta son tricorne pour s’éponger le front. DOHKO, pensif, lui demanda à brûle-pourpoint :
- Qu’elle était ta vie avant de prêter serment à la déesse ?
- Par la force des choses, j’étais un nomade ! ATHENA m’a aidé à me sédentariser !

21)LE FLEAU DES DIEUX

DOHKO se lassait d’attendre. Deux heurs déjà que la petite expédition avait quitté le bateau, et toujours rien en vue. NIEMAND, pour sa part, passait le temps en vérifiant l’étanchéité de la coque de son navire.
- Si tu t’ennuies, rien ne te dispense de venir m’aider, lui dit-il. La coque est couverte d’algues et j’ai un grattoir à ta disposition !
- Je ne suis là qu’en qualité d’observateur, c’est toi-même qui l’as dit. Et surtout, je ne veux pas risquer de me briser encore une fois le bras !
Brusquement, les deux SAINTS furent assaillis par une sensation de malaise. Un cosmos gargantuesque, en provenance directe de l’île, leur faisait comprendre qu’ils n’étaient pas les bienvenus.
- Ca y est, proclama NIEMAND, scrutant le volcan appelé ETNA. Il a pris conscience de notre présence !
- Ainsi la légende disait vraie ! TYPHON le plus puissant des géants, l’ennemi héréditaire des dieux de l’OLYMPE, est emprisonné ici ! Je perçois son cosmos, assoupi, enchaîné au plus profond du volcan !
- Pour un amnésique, tu as une sacrée mémoire ! Tu as raison, TYPHON, le tueur de dieux, se trouve bel et bien là ! Voilà pourquoi SHION ne pouvait intervenir ! L’aura du géant parasiterait ses téléportations !
- Cela ne m’explique toujours pas pourquoi autant de SAINTS ont été dépêchés pour cette mission ! L’âme de TYPHON est scellée, qu’avons-nous à craindre de lui ?
- Bien plus que tu ne le crois ! Bien plus…

L’expédition, quant à elle, poursuivait son chemin. Encadrés par les SAINTS d’argent les gardes, en file Indienne, commençaient l’ascension du volcan.
- Les armures sont sur cette corniche, expliqua VASSILI. En nous dépêchant, nous arriverons au vaisseau avant la tombée de la nuit !
- C’est trop facile, observa son congénère, un éphèbe brun du nom de PROXIMA.
FIODOR, écoutant à peine cet avis plus que pertinent, jeta un œil par-dessus son épaule. AUROCH, maintenant à un jet d’arbalète du groupe, les suivait inlassablement.
- Si vous voulez le fond de ma pensée, dit-il. Notre chaperon me fait plus froid dans le dos que tous les piéges que nous pourrions rencontrer !
- On le dit orfèvre en diverses sortes de tortures, jacta PROXIMA, vérifiant que l’objet de sa médisance ne l’entende pas. Il aimerait aussi laisser mourir ses adversaires à petit feu !
- On dit aussi que les dieux, ATHENA y compris, n’existent pas ! Pas plus que les SAINTS, coupa VASSILI. Oubliez ces ragots et acquittons-nous au plus vite de cette mission !
Le quatrième SAINT d’argent se nommait LODZ. Bâti comme un lutteur, le visage renfrogné et le cheveu ras, il donnait une impression toute militaire de calme et d’assurance. Aussi, ses comparses furent-ils d’autant plus surpris de le voir trébucher et s’écrouler.
- LODZ, s’inquiéta FIODOR. Ca ne va pas ?!
- Ce n’est rien, les rassura-t-il en se relevant aussitôt. C’est juste un étourdissement ! J’ai honte de l’avouer mais je n’ai pas le pied marin ! Sans doute est-ce une séquelle de notre traversée !
FIODOR et VASSILI échangèrent un regard incrédule. L’arrivée du groupe à proximité des armures coupa court à toutes supputations. Chacune d’elles, soigneusement rangée dans son urne de transport, les attendait patiemment. Par dérision, les ravisseurs les avaient également aligné selon l’ordre chronologique de leur « emprunt ». VASSILI, suspicieux, vérifia le contenu des urnes. Quant il fut traîtreusement frappé par une vrille d’énergie. Sévèrement touché, il s’écroula dans les bras d’un FIODOR éberlué.

Sur le navire DOHKO, perdu dans ses pensées, ressentit le cosmos de VASSILI faiblir dramatiquement. NIEMAND le perçut également mais, sans affolement, continua de vaquer à l’entretien de son bien le plus précieux.
- Ne t’inquiètes pas, avoua-t-il à DOHKO. Un ange gardien peu orthodoxe, mais diablement efficace, veille sur eux.

FIODOR, sans réfléchir, se jeta sur LODZ, l’agresseur de son frère. Mais le porteur de l’armure d’ORION le renvoya, d’un coup de genou bien senti.
- Tu as perdu l’esprit, lui cria PROXIMA, SAINT d’argent du CENTAURE. Nous…
- Misérables mortels, rétorqua-t-il d’une voix incroyablement gutturale. Qui vous a permit de troubler ainsi mon sommeil millénaire ?
- Ce… Ce n’est plus LODZ, clama FIODOR. Son âme est dominée par une aura maléfique et surpuissante ! Ce cosmos tourbillonnant comme un ouragan déchaîné, ce ne peut être que celui de…
- TYPHON, compléta PROXIMA. Malgré les sceaux de ZEUS, son emprise opère encore en ce monde ! Quel… Quel pouvoir terrifiant !!
- Mortels ! Déguerpissez si vous tenez à vos insignifiantes vies ! Moi TYPHON, dieu des géants, garde votre compagnon et ces armures en offrande ! Ils partagerons mon sort et serons noyés dans la mer de magma de ma prison, afin que nul n’oublie que ma renaissance approche ! Fuyez ! Engeance inférieure !!
Le SAINT de la MEUTE, ignorant ces recommandations, repartit à la charge. Cependant, une onde dorée le fit valdinguer pendant la préparation de son attaque, lui sauvant ainsi probablement la vie. Les gardes du sanctuaire firent alors une haie d’honneur à un retardataire.
- Ne… ne te mêle pas de ça, lui hurla FIODOR, faisant fi du respect dû à un de ses supérieurs. Il est à moi !!
AUROCH, méprisant, dégrafa sa longue cape et commanda aux gardes :
- Emmenez les armures ! Je me charge du reste !
- Tu n’as pas compris, s’énerva FIODOR. Je viens de te dire…
PROXIMA posa fermement la main sur l’épaule de son semblable. Il lui confia son frère et, en bon chef d’orchestre, dirigea les opérations. Chaque garde prit une urne sur son dos et, au pas de course, dévala la pente du volcan. Ensuite, il murmura à l’oreille de FIODOR :
- Viens, nous devons soigner VASSILI ! Réfrène tes pulsions vengeresses, seul, tu n’arriveras à rien…
Les SAINTS d’argent quittèrent, à leur tour, la corniche. LODZ/TYPHON n’essaya nullement de les retenir. Il attendit patiemment leurs départs et provoqua copieusement AUROCH :
- Une vermine reste une vermine, qu’elle soit d’or ou d’argent ! Mais si cette vermine choisit de se sacrifier à la place de ses amis, je me dois de saluer son héroïque stupidité !
- Ces larves ne sont pas mes amis, mais des chaînes entravant mes mouvements ! C’est un sentiment qu’un animal en laisse, comme toi, peut comprendre !
- Mortel ! Ton irrévérence est distrayante ! Je vais prendre un malin plaisir à retirer chaque parcelle de ta peau ! Tes cris de douleur seront mélodie à mes oreilles !
- Tu parles trop ! TAURUS SISMIC WAVE !!!
Le SAINT balafré frappa violement le sol jonché de scories. L’onde de choc, ébranlant la structure du volcan, balaya LODZ. Toutefois, après s’être fracassé le crâne sur un amas de magma solidifié, il se remit instantanément debout.
- Humain ! Ton attitude me surprend ! Tu frappes sans hésitation ton compagnon d’arme, mais de plus tu prends le risque de fissurer la paroi du volcan ! Te moques-tu de l’existence de ces vermines-ci ?
LODZ/TYPHON embrassa du regard un village misérable qui paraissait posé, plus que construit, au pied du volcan.
- Oui je m’en contrefiche ! TAURUS SISMIC WAVE !!!
A nouveau, l’onde frappa le SAINT possédé. La croûte de lave recouvrant la cheminée du volcan se craquela alors dangereusement. Quelques jets de souffre filtrèrent des fissures, signes d’une éruption imminente.
- Tu ne parviendras pas à me vaincre ainsi ! J’en déduis que tu souhaites périr de la main de ton semblable ! Comme il te siéra, PURITY HURRICANE !!!
Un ouragan, à échelle réduite, décolla la lourde carcasse de AUROCH du sol. L’ETNA, de plus en plus exaspéré par ces vandales, s’escrima à les chasser en grondant rageusement.
- Mortel présomptueux, tu auras connu une fin princière ! Ton nom résonnera à jamais comme celui d’un martyr et…
- Rengaines tes formules de victoire archaïques ! Je suis toujours vivant !
- Tu forces mon admiration ! Jamais je n’aurais pensé que tu survives à pareille tempête !
- J’espère que tu plaisantes ! Ton attaque était, par sa faiblesse, une insulte à ma personne ! En dépit de ton emprisonnement, j’aurais cru le plus grand rival de ZEUS autrement plus compétitif que cela ! Tes sceaux s’amenuisent de jour en jour, pourtant tu ne parviens qu’à contrôler un médiocre SAINT d’argent, augmentant sans conviction ses pouvoirs ! Si ceux quoi ont dérobé les armures de bronze pensaient nous infliger une épreuve insurmontable en les déposant ici, ils se sont fourvoyés !
- Silence vermisseau ! PURITY HURRICANE !!!
AUROCH, impérial, se jeta au cœur de l’ouragan. Comme pour un applaudissement, il claqua énergiquement des mains. Ce geste anodin créa une dépression d’air suffisante pour arrêter les vents dévastateurs. Puis, jaugeant TYPHON qui, par delà LODZ, l’observait ébahi il déclara :
- J’ai accepté cette mission pour une seule raison, te faire découvrir la terreur ! Même le prince des géants doit avoir une faille psychique ! PRIMAL TERROR !!!
Quoi que fit le SAINT du TAUREAU, il n’y eut aucun effet visuel. Il se borna à fixer LODZ droit dans les yeux. Par contre le corps de TYPHON, dissimulé sous une impressionnante profondeur de magma, s’agita. Dans une transe frénétique, il se recroquevilla et s’étira sans discontinuer. Le SAINT d’ORION ne connut pas de tels soubresauts mais, comme un automate cessant de fonctionner, s’écroula inerte.
Le SAINT d’or s’imagina alors l’âme du plus puissant des géants, semblable à un enfant apeuré, regagnant en toute hâte son enveloppe charnelle véritable. Il se fendit d’un sourire à cette pensée et s’en alla, abandonnant LODZ à son sort. Le volcan relâchait déjà des projectiles incandescents quand PROXIMA, venant aux nouvelles, cria au SAINT d’or :
- Ne t’enfuis pas ! C’est par ta faute que l’ETNA s’éveille ! Tu dois venir en aide aux habitants de ce village !
- Ma tâche est accomplie ! Libre à toi de jouer aux héros, si le cœur t’en dit !
Le SAINT du CENTAURE, ne pouvant compter que sur lui-même, fit exploser son cosmos. Courageusement, il fit face à la coulée de magma, qui déferlait sur lui, et s’échina à la contenir. Providentiellement, cette dernière fut gagnée par un épais brouillard. Défiant toutes les lois de la nature, il la refroidit intégralement. PROXIMA, tétanisé, constata que les brèches du volcan se colmataient et que l’ETNA, apaisé, se rendormait. Sans retenue, il loua le ciel ou plutôt NIEMAND qui, à bout de forces, s’appuyait sur DOHKO pour ne pas chanceler.
- Score final, NIEMAND un l’ETNA zéro, rigola-t-il.
- Ton ange gardien m’a tout l’air d’une foutue pourriture, s’énerva DOHKO, donnant dans la vulgarité. Pour qui se prend-il ?
- Pour ce qu’il est, le plus dangereux des SAINTS d’or ! Et crois-moi, je préfère largement le savoir de notre côté !
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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 09:57 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

22)LA FLEUR DE PLUIE

Le hall du manoir exhalait une agréable odeur de terre mouillée. BRUMAIRE contemplait, par la porte entrebâillée, les rayons du soleil rompre l’uniformité de l’averse. Mélancolique, il s’assit sur une marche et se servit un petit verre d’absinthe. A ce instant précis GERMINAL, trempé jusqu’au os, fit une entrée remarquée.
- La ponctualité est la qualité première des rois, lui expliqua BRUMAIRE. Mais ce n’est certainement pas l’une des tiennes, noble semeur !
- A chacun ses tares ! Ton léger penchant pour la boisson passerait, aux yeux de certain, pour de l’alcoolisme forcené !
- Tu parles de tares, mais celles qui te sont quotidiennement reprochées devraient te faire rougir plus que de raison ! Fieffé assassin !
- Un autre que moi t’aurait certainement arraché la langue pour de tels propos ! Mais que pourrais-je bien faire d’une pareille ignominie ! Offres-moi donc à boire pour que l’ivresse nous absoute provisoirement de nos pêchés !
- Bien parlé, compagnon de pénitence ! Mais au préalable, tu devras prouver que tu es digne de trinquer avec moi ! Car ton retard inopiné t’a, tout naturellement, désigné pour accomplir une tâche désagréable ! Vois !
Une jeune fille, toute en finesse et en délicatesse, descendit cérémonieusement les marches. GERMINAL remarqua d’abord le parfum qui se dégageait d’elle, subtil mélange de fleurs sauvages et d’effluves plus sucrés. Elle était vêtue d’un justaucorps bicolore et d’une écharpe de lin lui recouvrant la partie inférieure du visage. La partie supérieure se composait de deux iris bleu comme l’azur surmontés d’une coiffure brunette, coupée au carré.
- Cette jeune personne se fait appelée SUN-YA, dit BRUMAIRE, jouant les entremetteurs. Son excellence l’a rencontré lors sa dernière pérégrination ! Figures-toi qu’elle souhaite, plus que tout, rejoindre notre organisation ! Mais la motivation ne suffit pas toujours à se faire accepter ! Aussi avons-nous décidé, d’un commun accord, de lui faire passer un petit test d’incorporation ! Et c’est toi qui as été élu à la majorité pour t’occuper de cet examen !
- Les absents ont toujours torts, annonça GERMINAL, en donnant en gage sa lourde sacoche à son compagnon. Cela m’apprendra à traîner mes guêtres en chemin ! Mademoiselle, je suis à vous !
La jeune fille, en position de combat, développa son aura. Sans mot dire, elle se jeta sur son adversaire imposé et lui décocha une série de coups de pied à différentes hauteurs du corps. Le fils de la nouvelle aube, appréciant la diversité de cette entrée en matière, trouva sans problème une parade adaptée à chaque assaut.
- Magnifique jeu de jambes, s’enthousiasma-t-il. Voyons ce que tu vaux en combat aérien !
Par un balayage au ras du sol, il obligea SUN-YA à quitter la terre ferme. Du plat de la main, il la frappa à l’abdomen pour lui faire prendre de l’altitude. Attendant sa réaction, il fut surpris de la voir s’accrocher au plafond, dont la surface était pourtant aussi lisse qu’un miroir. De sa main libre, elle envoya un assortiment d’éclats d’énergie sur GERMINAL. Le manquant de peu, ces éclats creusèrent le sol de multiples aspérités disgracieuses.
- Les plus jolies fleurs se targuent souvent de posséder des épines acérées, professa BRUMAIRE. En voici un parfait exemple !
- Fleur elle est, fleur elle restera ! REVIVAL PRISM !!!
GERMINAL passa à la vitesse supérieure. Son rayon toucha SUN-YA et la ramena au sol, aussi rapidement qu’elle ne l’avait quitté.
- Le corps humain est une machine fabuleuse, commenta GERMINAL sans lâcher prise. Ton être ne disparaîtra pas, je vais seulement fondre ses précieux mécanismes pour les reforger à ma convenance ! Ta mort permettra peut être de prolonger la vie d’une poignée de déshérités ! A moins qu’elle ne serve à embellir leurs mornes existences !
SUN-YA sentit chaque cellule de son corps vibrer et se modifier inexorablement. Avant qu’il ne soit trop tard, elle se releva et, en chant du cygne, poussa son cosmos en ses ultimes retranchements.
- Ne lutte pas inutilement ! Tu ne parviendras qu’à prolonger ton agonie !
La voix de GERMINAL était imprégnée d’une réelle émotion. BRUMAIRE, qui le connaissait bien, songea qu’il était sûrement plus à plaindre que SUN-YA. Machinalement, il soupesa sa sacoche et pensa :
- Au jour du jugement dernier, le poids de tes fautes pèsera aussi lourd que celui de tes mérites ! Si HADES est indulgent, il t’accordera sans doute un arpent de son royaume pour exercer à jamais tes talents…
Sortant abruptement BRUMAIRE de ses réflexions SUN-YA, pour la première fois, fit entendre le son de sa voix :
- Si je dois mourir, tu m’accompagneras au tombeau ! FIRELIFE COMBUSTION !!!
Une énergie blafarde enveloppa la jeune fille. BRUMAIRE, atterré, réalisa qu’elle cherchait à combiner la faculté d’auto combustion de son organisme à son propre cosmos. Ceci afin de créer une explosion dévastatrice. Mais une voix autoritaire somma les belligérants de cesser le combat, avant d’atteindre le point de non-retour. L’homme au manteau pourpre, escorté par tous les personnages connus du manoir, apparut en haut des marches.
- Cette petite a du cran, s’exclama THERMIDOR. Qui plus est, elle se bat remarquablement ! Si elle souhaite encore nous rejoindre, je vote sans hésiter en sa faveur !
La plupart des convives, BRUMAIRE et GERMINAL y compris, approuvèrent. Seuls VENDEMIAIRE et l’homme au masque diabolique n’exprimèrent aucun avis. Le personnage au manteau déclara officiellement :
- SUN-YA, à compter de cet instant, tu fais partie des fils de la nouvelle aube ! Félicitations !
- Merci excellence, répondit SUN-YA, un peu sonnée par l’arrêt subit de son attaque kamikaze.
L’individu au manteau tiqua en s’entendant nommé de ce titre honorifique. Titre de plus en plus en vogue chez ses subalternes, qui étouffèrent quelques rires.
- COBALT, poursuivit-il. Je te charge de confectionner une tenue plus adaptée à notre dernière recrue ! Dans les plus brefs délais, cela va s’en dire !
- Oui, répondit l’homme au masque et à la chevelure de neige.
- Mes amis, reprit le dirigeant. Après toutes ces années d’attente et de préparation, l’heure est enfin venue d’entrer en action ! La guerre va commencer et vous serez les instruments de notre victoire ! Cette ère d’esclavage est révolue ! Nous bâtirons un monde équitable, dépourvu de caste et de droit du sang ! Ce n’est pas de l’utopie, c’est l’accomplissement d’un rêve commun à chaque être humain !
Les fils de la nouvelle aube, VENDEMIAIRE en tête, acclamèrent sans trop d’effusions ce discours convenu.
- Vous avez quartier libre ! Mais sachez bien que l’opération peut débuter à tout moment !
- Mais excellence, se permit le métis. Les troupes d’ ATHENA sont en pleine réorganisation ! N’est-ce pas le moment opportun de leur porter l’estocade ?
- Non ! On vient de m’apprendre qu’un nouveau SAINT d’or serait récemment apparu au sanctuaire ! Il nous faut d’abord glaner des informations sur lui et ensuite, nous frapperons ! Il se nommerait DOHKO !!
Le dirigeant décomposa lentement chaque syllabe de ce nom, pour bien marquer les esprits. THERMIDOR, fébrile, donna une tape amicale à VENDEMIAIRE et lui susurra :
- Il est à moi ! Ne t’avise pas de me couper l’herbe sous le pied !
- Tu te trompes ! Je l’ai vu le premier…

23)ENLEVEMENT

Les arènes du sanctuaire grouillaient de vie. DOHKO, en ermite patenté, détestait les bains de foule. La vision d’une telle affluence de gardes, SAINTS et disciples divers assombrit considérablement son humeur.
- Seigneur DOHKO, osa timidement un garde. Les seigneurs NIEMAND et GANYMEDE vous demandent ! Suivez-moi, je vous prie !
Si il est une chose que DOHKO détestait encore plus la foule, c’étaient ces ronds de jambe dont le gratifiaient, à présent, ceux qui le croisaient. Comme si le simple fait de porter cette armure faisait de lui un homme meilleur.
- Voilà notre belle au bois dormant, s’exclama NIEMAND. Tu viens enfin prendre part à notre kermesse !
- Si ce n’est pas trop vous demander, pourriez-vous m’expliquer ce qui se passe ici ?
- Nous comblons notre retard, rétorqua GANYMEDE. Cela fait une semaine que vous avez ramené les armures et depuis nous avons patiemment attendu. Les fils de la nouvelle aube ne donnent plus signe de vie. HADES, pour sa part, n’est pas encore prêt à passer à l’offensive. Les résurrections intempestives n’étaient que des mises en garde. Une façon sournoise de nous faire découvrir l’étendue de sa puissance.
- Comment peux-tu être aussi catégorique ?
- Il nous l’a affirmé, déclara le SAINT des POISSONS, en désignant le POPE en pleine discussion avec SHION et deux SAINTS d’argent. Nous ignorons comment il se débrouille, mais le fait est qu’il a toujours raison ! Ca en est même fortement agaçant !
- Soit ! Mais vous n’avez pas répondu à ma question ! Que signifie cette agitation ?
- Très simple, renchérit GANYMEDE. Pour te faire un résumé succinct, lors de la disparition des armures de bronze, la majorité des camps d’entraînement furent laissés à l’abandon. Leurs occupants se réfugiant en nos murs en attendant l’évolution de la situation. Toute activité fut gelée pendant ce temps. A présent que tout est rentré dans l’ordre, nous pouvons remettre aux plus méritants les armures qui leur incombent !
- Si je comprends bien, tous ces gamins vont se battre afin d’obtenir une armure ! Vaste programme !
- En effet, intervint le POPE, arrivant comme un cheveu sur la soupe. La situation est un peu insolite mais puisque tous étaient déjà au sanctuaire… Nous allons recréer ici les épreuves d’obtention des armures de bronze. Chaque maître jugera ses disciples et, officieusement, vous assurerez la sécurité de tout un chacun. Ouvrez l’œil ! Nos ennemis pourraient profiter de la confusion générale pour s’introduire au cœur du domaine !
- Grand POPE, s’immisça SHION. Le SAINT de CEPHEE, garant de l’île d’ ANDROMEDE, souhaite s’entretenir avec vous ! Il prétend que les conditions pour recréer je ne sais quel sacrifice ne sont pas réunies !
- Les ennuis commencent ! Messieurs, soyez vigilants ! Le poids du sanctuaire pèse, plus que jamais, sur vos épaules !
- Quel comédien, lâcha après son départ NIEMAND.
- Que veux-tu dire !?
- Qu’il omet de nous parler d’un détail crucial, compléta le SAINT du VERSEAU. Tout ceci n’est que de la poudre aux yeux ! Une diversion bruyante servant à attirer l’attention sur le domaine sacré ! Ne remarques-tu rien d’inhabituel ?
- Si, répondit DOHKO. ATHENA n’est pas là !
- Exact ! Pas plus que LAWRENCE et CALAHËL ! Etrange coïncidence, vous ne trouvez pas !
- Sans doute sont-ils partis en promenade à la campagne afin de se changer les idées, proposa SHION ; cueillant une fleur poussant sur la pavage de l’arène. Les carrés de verdure sont malheureusement bien rares ici bas…

SHION ne pensait pas aussi bien dire. Loin de là, dans une contrée voisine d’un certain royaume d’ ASGARD un carrosse, trop banal pour l’être vraiment, fendait justement la campagne. Un petit garçon, riant aux éclats, avait pris place aux côtés du cocher et singeait chacun de ses gestes.
- LUCAS, le réprimanda une voix féminine venant de l’intérieur. Cesse d’embêter notre conducteur !
- Ne vous en faites pas madame, répondit le cocher, un petit bonhomme trapu à la moustache grisonnante et broussailleuse. Il ne me dérange pas ! Au contraire !
Plongeant dans l’habitacle du carrosse, nous découvrons ATHENA, le visage dissimulé par une capuche ecclésiastique, entourée de REBECCA et d’une autre jeune femme. Cette dernière venait de s’adresser au garçonnet. Elle referma la trappe permettant de parler au conducteur et tenta de se détendre. Elle était l’archétype de la beauté Scandinave avec ses yeux turquoise, sa silhouette élancée et ses longs cheveux clairs. Sur la banquette opposée LAWRENCE et CALAHËL, habillés en riches colporteurs itinérants, observaient le paysage défilant à leur fenêtre.
- ISILD, déclara LAWRENCE. Laisse-le s’amuser ! C’est de son âge !
- Je le sais ! Mais je ne peux m’empêcher de m’inquiéter ! Ce doit être l’instinct maternel qui reprend le dessus !
Le SAINT du SCORPION prit la main de la jeune femme et la serra tendrement. ATHENA et REBECCA, complices, gloussèrent devant cette scène mignonnette. CALAHËL, lui, eut un soupir d’exaspération voulant tout dire.
- Je continue de penser que c’est une mauvaise idée, dit-il. Surtout dans le climat actuel !
- Cette visite furtive était prévue de très longue date, clama sa souveraine. Le seigneur HEDGER m’a certifié que, à part lui-même et quelques gens de confiance, nul n’est informé de notre visite en ASGARD ! Nous n’avons rien à craindre !
- Peut être ! Mais il suffirait qu’une seule information ait filtré… Nos ennemis seraient probablement ravis de vous trouver avec une escorte aussi restreinte !
- L’autre moitié de la si légère escorte te fait remarquer que deux SAINTS d’or équivalent à une armée, s’exclama LAWRENCE. Qui plus est, nos armures sont à portée de main !
Il tapota de la phalange du doigt la cloison sur laquelle tous deux se tenaient adossés. REBECCA, effrontée, déclara :
- Si mon cousin est aussi grognon, c’est parce qu’il s’est fermement opposé à ma venue ! Sans doute a-t-il peur que je succombe au charme des fiers guerriers d’ ASGARD !
Le SAINT DU SAGITTAIRE se renfrogna. Son humeur, déjà maussade, se dégrada encore quand il s’aperçut que le véhicule s’immobilisait.
- Que se passe-t-il ANTHELME ?
- La route est obstrué par un arbre énorme, rétorqua le cocher. Il a du souffler une sacrée tempête pour déraciner un tel mastodonte !
- Je vais y jeter un œil, proclama LAWRENCE.
- Sois sur tes gardes, lui fit promettre ISILD, épouse attentive.
Le SAINT du SCORPION s’employa bien vite à dégager la voie. Sous les yeux admiratifs de son fils, il réduisit en miettes l’encombrant obstacle.
- La voie est libre ! Nous…
LAWRENCE ne termina pas sa phrase. Rôdant silencieusement autour du carrosse, une créature féline lui décocha un grognement de salut. Au cours de sa carrière, il avait rencontré nombre d’animaux féroces, mais aucun n’égalait, par ses proportions, ce magnifique spécimen. Ce fut la longueur de ses crocs qui impressionna surtout le SAINT. Une seule morsure lui aurait certainement permis de décapiter le plus puissant des taureaux. Malgré ce gigantisme, aucun des occupants du véhicule ne semblait avoir remarqué sa présence.
- Ne… Bougez… Pas, souffla le SAINT, dégainant son aiguillon mortel.
L’horrible créature parut comprendre les intentions de LAWRENCE. En dépit de son imposant gabarit, elle bondit sur le toit du carrosse et, d’un coup de griffe, envoya ANTHELME retrouver ses ancêtres. Avant que le SAINT n’ait pu la mettre en joue, elle saisit délicatement par sa chemise LUCAS, trop effrayé pour hurler, et disparut sans laisser de trace.
- LUCAS !!!!
ISILD, hystérique, se jeta à la poursuite de son fils. Mais CALAHËL la retint solidement par les épaules.
- Qu’elle est cette abomination ?!
- Ma future descente de lits !! ISILD, ne t’inquiètes pas ! Je ramènerai notre fils au péril de ma vie, si il le faut !!
L’armure du SCORPION, pulvérisant le coffre du carrosse, se greffa à un LAWRENCE plus remonté que jamais. Laissant ces dames au bon soin de CALAHËL, il s’engagea dans un sous-bois ténébreux. ISILD, soudain calmée, murmura :
- Tu y arriveras. J’ai confiance en toi.
Le SAINT du SAGITTAIRE trépignait, mais il lui était impossible d’abandonner les jeunes femmes.
- Je le ressens maintenant, songea-t-il. Un cosmos guide cette créature ! Non, plus qu’un cosmos, un lien psychique…
La course-poursuite fut plutôt brève. La créature, après s’être engagée dans une carrière de pierre désaffectée, s’arrêta et déposa avec précaution son inestimable proie. Un homme, attendant probablement son retour, s’approcha et lui caressa les flancs.
- Bon travail NADIR ! Quoi qu’il puisse se produire, surtout n’intervient pas !
LAWRENCE arriva deux secondes plus tard. La configuration du lieu le conforta dans son intuition. Le but de cette créature était bel et bien de l’attirer ici.
- Ton fils est simplement évanoui ! Je puis t’assurer qu’aucun mal ne lui sera fait !
Le SAINT considéra celui qui devait être le maître de la bête et harangua :
- Tes méthodes sont exécrables, fils de la nouvelle aube ! Qui t’a permit de t’en prendre à cet enfant !?
- La faim justifie les moyens, répliqua sèchement l’homme connu sous le nom de MESSIDOR.
- Je suis LAWRENCE du SCORPION ! Et tu es… ?
- Mon nom n’a que peu d’importance ! Mais saches que mon compagnon d’infortune se nomme NADIR ! Si tu survis, promets-moi de faire de lui une description honnête ! Jusqu'à présent, les portraits le décrivant ne furent que caricatures ou approximations peu flatteuses !
Séquence désormais habituelle, MESSIDOR brandit une statuette qui enfla et devint une armure de combat. Détail troublant, l’armure était une représentation très ressemblante de la créature. Une fois équipé, l’homme au catogan de gentilhomme s’écria :
- Il faut que tu comprennes que je n’ai pas de haine à ton égard ! Mais ce combat est nécessaire ! Chacun de nous, si il reste en vie, constitue un danger trop important pour le camp adverse !
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- Bian is in the ki... is in front of the North pacific's pillar.


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Chrysos
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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 10:01 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

24)LA PREMIERE VICTIME

Au sanctuaire, un nouveau SAINT venait de voir le jour. Après un duel épique, le jeune TUDAL était venu à bout de SIEM. TUDAL, quinze ans, avait l’exubérance et l’arrogance dues à son âge. Il mena ce combat tambour battant, persuadé de son écrasante supériorité. SIEM, d’un an son cadet, était un personnage plus terne et effacé. Il ne répondit à aucune des provocations de son adversaire et se défendit gauchement, supputant peut être son inévitable défaite.
Tous deux étaient les disciples de la splendide TESS. Véritable paradoxe elle dégageait, en dépit du masque sensé atténué sa féminité, une sensualité et un magnétisme incroyables. Bon nombre de ses semblables, au cœur pourtant si chaste, se seraient volontiers damnés pour apercevoir, ne serais-ce qu’un instant, son visage dérobé. D’ailleurs NIEMAND, un jour de grande inspiration, lui fit un numéro de charme étonnamment romantique. Fine tacticienne, la belle n’accepta ni ne repoussa ses avances. Le SAINT des POISSONS déclara plus tard cette galéjade magnifique, passée depuis à la postérité :
- Le sanctuaire a transformé les femmes en vraies mantes religieuses ! Je suis certain que la plupart d’entre elles choisirait, si elles étaient démasquées, d’aimer puis ensuite de tuer le malheureux curieux ! Mais après tout, mourir d’amour n’est-elle pas la plus belle des morts ?
Pour en revenir au combat, TESS pragmatique, s’approcha de SIEM et lui demanda :
- Depuis quand as-tu cette blessure ?
L’épaule de SIEM était trempée de sang. La blessure était visiblement profonde car le jeune homme réprima un cri en la cachant de sa main.
- Trois jours ! C’est à l’entraînement, je…
- Le combat est annulé ! Il sera reporté jusqu’à ta guérison !
- Quoi ?! Hurla TUDAL. Vous n’avez pas le droit ! J’ai gagné honnêtement, l’armure est à moi !
- Suffit ! Je ne te permets pas de contester ma décision ! Jusqu’à nouvel ordre, je suis encore ton maître ! Tu me dois obéissance !
- C’est injuste, pesta l’arrogant jeune homme. Ce n’est tout de même pas ma faute si ce crétin vient se battre en étant blessé ! Il savait ce qui l’attendait ! De toute façon, un vrai SAINT doit vaincre quel que soit les conditions ! Si j’avais eu le même handicap, j’aurai gagné quand même !
- Tiens dont ! Tu es bien sûr de toi ! Voudrais-tu mettre cette belle théorie en pratique ?
DOHKO, surveillant de cette arène improvisée au seuil de la maison du bélier, s’avança prestement.
- Si tu es si fort que ça, continua-t-il. Tu ne rechigneras certainement pas à m’affronter !
- Me battre contre un SAINT d’or, s’étonna TUDAL, perdant sa morgue.
- Pourquoi pas ? Je suis même prêt à te laisser te servir de ceci ! Attrape !!
DOHKO détacha une épée de son armure et la lança à TUDAL, dépassé par la situation.
- Cela ne fait pas très longtemps que je suis un SAINT, mais j’ai pu constater que ces armes avaient une puissance hors du commun ! Associée à tes qualités innées, elle devrait te permettre de me vaincre aisément ! Vas-y, frappes !
TUDAL hésita longuement. Garde haute, il fit mine d’attaquer. Mais prudemment, il déposa l’arme au sol.
- Tu abandonnes, constata le SAINT de la BALANCE.
- Je ne pourrais jamais vous battre, gémit TUDAL. Vous êtes un SAINT d’or…
- Et… ?
- Vous êtes des centaines de fois plus puissant que moi ! Je n’ai pas la moindre chance ! Le combat ne serait pas équitable !
- Bien raisonné ! Pourtant, cela ne te dérange pas de te croire plus fort que ton ami qui est blessé ! Toi qui parles d’équité ne penses-tu pas que, pour obtenir cette armure, tu devrais faire de vraies preuves ? Laisse-le guérir et affronte-le loyalement ! Si tu es réellement le meilleur, tu vaincras et gagneras aussi le respect de tes pairs !
- Oui, répondit TUDAL, penaud.
Pour faire amende honorable, il s’approcha de SIEM et, sans arrière pensée, l’aida à se relever.
- Merci, dit TESS, en rapportant son arme à DOHKO.
- Je te prie de m’excuser ! Je n’avais pas à intervenir dans cette affaire ! Mais TUDAL avait besoin d’une bonne leçon !
- C’est très bien ainsi. TUDAL aurait remporté l’armure, quoi qu’il advienne. Au fond c’est un bon garçon, il est juste bouffi d’orgueil. Cette douche froide lui remettra les idées en place !
- Je l’espère ! Je dois reprendre ma ronde, à bientôt…
DOHKO abandonna TESS à ses élèves et rejoint NIEMAND, tout sourire.
- Serais-tu intervenu si leur maître avait été plus… masculin, l’interrogea-t-il.
- Qui sait…

Contrairement à ses comparses, LAWRENCE n’était pas à la fête. Le combat venait de débuter et chacun de deux antagonistes cherchait la faille dans la garde adverse, sans grand résultat. Ce fut le SAINT qui releva le niveau en se servant de son implacable technique, l’AIGUILLE ECARLATE. A l’identique de son combat passé contre VENDEMIAIRE, trois piqûres transpercèrent MESSIDOR. Cependant, bien que les fissures de l’armure se résorbèrent aussitôt MESSIDOR, lui, sembla plus que gêné par cette acuponcture meurtrière.
- L’AIGUILLE ECARLATE est une attaque différente de toutes celles que tu as du connaître jusqu’à présent ! On peut même dire qu’elle n’est que compassion, car elle va te permettre de choisir ta voie ! En tout et pour tout, elle est composée de quinze piqûres qui, sur ton corps, tracerons la forme de la constellation du SCORPION. ! Les douleurs qui vont t’être infligées dépassent l’entendement et iront, cela va de soit, en augmentant au cours du combat ! Aussi, deux alternatives s’offrent à toi, la réédition ou la mort ! A laquelle va ta préférence ?
- La mort ! Mais la tienne, bien entendu ! BEASTLY RUSH !!!
Une attaque, fulgurante et sinueuse, frappa violemment le SAINT sur le flanc droit. Visiblement, MESSIDOR avait réinventé le rayon d’énergie à direction modulable. LAWRENCE, le corps endurci par des années d’entraînement, accusa le coup et mit à profit son tour de jeu. Par cinq autres piqûres, il refroidit sauvagement les ardeurs du fils de la nouvelle aube.
- La réédition ou la mort, vociféra-t-il. Rien d’autre ne pourra te sauver !
La créature, voyant son maître ainsi malmené, retroussa méchamment les babines.
- Tout scorpion que tu es, tu ne devrais pas être aussi convaincu de ta victoire prochaine ! Il suffirait que tu perdes ton aiguillon pour chuter du statut de prédateur à celui de proie sans défense !
- Assez de formules toutes faites ! SCARLET NEEDLE !!!
- Tu as besoin d’une preuve ostensible ! BEASTLY RUSH !!!
MESSIDOR fut touché par les deux piqûres suivantes. Mais son rayon réussit un exploit d’anthologie. Avec une précision d’orfèvre, il sectionna l’index droit du SAINT, symbole et catalyseur de sa puissance. Les deux belligérants s’écroulèrent. MESSIDOR, tremblant de tous ses membres, se releva le premier.
- C’en est fini de toi ! Tu es condamné !
- Nous sommes condamné, répondit LAWRENCE. Je t’ai porté dix coups, même si tu survis tu n’auras jamais plus la maîtrise totale de tes sens.
- Exact. Cette lutte au sommet va laisser des marques indélébiles. Mais je suis prêt à mourir s’il le faut. Je ne suis que le fer de lance d’une puissance qui vous dépasse !
Le SAINT saisit l’opportunité de glaner de nouveaux renseignements et demanda, presque innocemment :
- Les fils de la nouvelle aube ! Même votre patronyme est une énigme ! Lors du rapt des armures de bronze, vous n’avez rien revendiqué de concret ! Quels objectifs poursuivez-vous en réalité ?
- Je doute qu’un aussi fervent fidèle d’ ATHENA puisse les comprendre ! Nous voulons tout bonnement mettre un terme à son hégémonie ! Nous pensons qu’elle s’est montrée indigne de la mission divine qui lui a été confiée ! A l’heure actuelle, cette planète est le théâtre de luttes intestines effroyables, auxquelles elle n’accorde pas d’intérêt ! Ta déesse n’a que les yeux rivés sur ses adversaires de toujours, HADES et consort. A ceux-là aussi, nous réservons un traitement de faveur, soit dit en passant ! Mais dans l’immédiat, notre objectif principal est de renverser ATHENA et de former une ligne de défense qui ne soit sous la coupe d’aucune divinité ! Cette terre a été léguée aux humains, ils la protégeront par leurs propres moyens !
- Je vois ! En un sens, je ne puis te donner tort, nous poursuivons des idéaux similaires ! Pourquoi ne pas oublier pour un temps ces querelles éthiques et signer une trêve ! Quand HADES réapparaîtra, ce monde aura bien besoin des services de nos deux superpuissances !
- C’est impossible ! L’histoire nous a démontré à de nombreuses reprises que seul un dirigeant était apte à régner. Nous sommes conscients que dans cette lutte fratricide beaucoup mourront, mais les survivants gagneront le soutien inconditionnel du genre humain. Ainsi s’achèveront peut être toutes ces mesquines petites guerres ! Ce combat est forcément inévitable, malheureusement !
- Bien, soupira le SAINT. En ce cas, je vaincrai ! SCARLET NEEDLE !!!
Subitement, l’ongle de son index gauche s’allongea et se teint d’une couleur sanguine. Surprenant son rival, il le toucha des quatre avant-dernières piqûres.
-Ta mort sera rapide ! SCARLET NEEDLE, ANTARES !!!
- Jamais ! BEASTLY RUSH !!!
En un somptueux coup double, les deux ennemis décochèrent leurs attaques ! Si MESSIDOR fut effectivement touché par l’ ANTARES LAWRENCE, l’index sectionné, perdit à jamais son terrifiant pouvoir.
- Je l’ai vaincu, mais à quel prix. Tu as accompli ta mission, désormais je suis inoffensif. Quel pourrait être l’utilité d’un scorpion amputé de son aiguillon empoisonné ? Mais…
MESSIDOR, baignant dans son sang, trouva la force d’ôter son armure. Lentement, il promena l’index sur son torse meurtri et l’enfonça spontanément sur un point précis. Aussitôt, l’hémorragie cessa et, avec précaution, il se remit debout.
- Comment… Comment connais-tu ce point secret ? Je ne l’ai…
- LAWRENCE… Tu me déçois… J’étais persuadé que… tu me reconnaîtrais…
- Quoi !?
- L’affrontement est clos… GEVAUDAN CURSE !!!
Le SAINT d’or, pareil à un samouraï, accepta honorablement sa mort. Sans s’esquiver il se laissa frapper et, dans un dernier sourire, fit ses adieux à cette terre tant aimée. Le film de sa vie défila devant ses yeux. Il se retrouva enfant, sur l’île MILO. Il revit sa sœur, son plus grand soutien, lui décrivant la teneur de leur malédiction. Puis vint son investiture, l’armure du SCORPION, son départ en délégation pour le royaume d’ ASGARD. Sa rencontre avec ISILD, leurs longues balades, leur premier baiser, la naissance de son fils, toutes ces images se télescopèrent en une fraction de seconde.
Au fond de sa mémoire, il redécouvrit une diapositive saugrenue. Celle d’un enfant de son âge qui, pendant quelques jours, séjourna dans l’antique demeure des SOLO. Pas de doute possible, son prénom était :
- SYLAS…
LAWRENCE cracha ce nom comme on tirerait un coup de feu. Le fils de la nouvelle aube, chaotiquement, s’approcha de lui. Des larmes coulaient le long de ses joues, si bien que NADIR, sa créature, s’en trouva peiné et hurla plaintivement.
- Je te fais le serment que ta famille sera bien traitée, si nous l’emportons… Lorsque ton fils en aura la force il te vengera, sois en persuadé…

25)L’EMPIRE PERDU

Une brume crépusculaire noyait le cimetière. NIEMAND était évidemment le créateur de cette atmosphère de deuil. Sans doute cherchait-il à cacher à la face du monde l’énorme tristesse qui s’était emparé du sanctuaire. Toutefois, personne ne lui reprocha cette inconvenante trouvaille quand, clôturant la procession funéraire, il laissa ainsi parler ses émotions. DOHKO, à ses côtés, vit ses yeux se voiler de larmes.
- Le meilleur d’entre nous nous quitte, chuchota GANYMEDE, réagissant par la colère. Je jure qu’ils payeront ce crime !
La procession stoppa. Le POPE, à sa tête, se lança dans un émouvant discours que DOHKO n’entendit même pas. Son regard voyageait sans cesse du cercueil à ISILD et son fils. Dignement, tous deux arboraient un visage neutre mais il devinait aisément toutes les fêlures et les meurtrissures qu’ils dissimulaient. Tout le sanctuaire s’était déplacé pour assister aux funérailles de LAWRENCE. Personnage estimé et aimé, sa disparition marquerait pour toujours le cœur de tout un chacun.
ATHENA elle-même n’en menait pas large, lorsqu’elle ordonna la mise en terre du cercueil. Ce fut trop pour LUCAS, qui fondit en larmes. Sa mère essaya de le raisonner mais elle aussi chavira. Tour à tour, chaque SAINT d’or jeta une fleur sur le cercueil. Même AUROCH se plia à cette coutume ancestrale et parut, pour un temps seulement, plus humain. Après la cérémonie, le POPE et ATHENA prirent la jeune veuve en aparté. Apparemment, la discussion s’envenima car ISILD, furieuse, préféra s’éclipser.
- Elle nous considère comme responsable, assura CALAHËL. Notre visite était confidentielle, pourtant ce piége fut orchestré de main de maître ! Soit nos adversaires sont médiums…
- Soit il y a un traître parmi nous qui renseigne les fils de la nouvelle aube, poursuivit NIEMAND. Un SAINT d’or peut être ? Probablement DOHKO, la toute dernière pièce rapportée dont le passé trouble fait toutefois mention d’au moins l’un de nos ennemis! Facile de le cataloguer comme le suspect idéal !
Les regards se tournèrent vers le SAINT de la BALANCE, qui ne préféra pas donner d’eau au moulin de son avocat improvisé.
- La vraie question est : pourquoi vous être livrés à cette opération clandestine, renchérit le SAINT des POISSONS. Cela signifierait-il que nos entités dirigeantes n’ont pas confiance en sa garde d’élite, comme elle l’appelle ?
Cette fois, les regards convergèrent sur CALAHËL, qui avait prévu ce retournement de situation.
- Calme-toi NIEMAND ! Tout comme toi, j’ai les nerfs à fleurs de peau, mais nous quereller ne changera rien. LAWRENCE est mort, je le déplore d’autant plus que j’étais prés de lui et que je n’ai pas pu l’aider. Mais c’est ainsi ! Pour répondre à ta question, les murs du sanctuaire ont des oreilles, comme cela vient d’être confirmé. Voilà pourquoi le POPE et sa majesté optèrent pour une discrétion aussi draconienne ! Mais je peux vous garantir sur mon honneur qu’ils ont une confiance aveugle en chacun de vous, pièces rapportés ou non !
Sans un bruit, SHION abandonna les autres SAINTS d’or à leur dialogue de sourds. Il s’engagea sur un chemin conduisant aux frontières du domaine sacré.
- Où vas-tu, l’interrogea GANYMEDE, seul à avoir remarquer son étrange comportement.
- Trouver des réponses… répliqua-t-il. Depuis le début, nous guettons dans la mauvaise direction.
- La guerre est officiellement déclarée, aboya CALAHËL. Tu ne peux quitter le sanctuaire sans l’accord d’ ATHENA !
- Essaye dont de me retenir, rétorqua-t-il en se téléportant.

MESSIDOR, renfermé sur lui-même, observait la pluie qui battait aux carreaux de son manoir. VENTÔSE le sortit de sa semi torpeur en lui parlant ainsi :
- Cela fait longtemps que nous n’avons joué aux échecs. Te sens-tu d’attaque à croiser le fer ?
- Je ne pense pas être un adversaire très agréable en ce moment. Une autre fois peut être…
- Je le savais, rigola VENTÔSE. Tu es mort de peur à l’idée que je te fasse enfin tomber de ton piédestal de champion !
MESSIDOR sourit car VENTÔSE était un joueur d’échec exécrable. Il perdait donc régulièrement contre tous les habitants du manoir ce qui, évidemment, le mettait toujours dans une colère noire. Pourtant il s’acharnait et revenait constamment à la charge. A l’opposé, l’homme au catogan possédait, lui, un don naturel pour ce jeu. Ses coups étaient calculés selon des schémas et des stratégies dont lui seul avait le secret. Etrangement VENTÔSE, la lanterne rouge, le considérait comme son adversaire favori et le défiait en priorité.
- D’accord ! Mais ne détruis pas la bâtisse lorsque je t’aurai battu à plates coutures.
- Dis tout de suite que je suis mauvais perdant !
Les deux adversaires s’installèrent autour de l’échiquier. Vaillamment, l’individu au tatouage avança son premier pion.
- Merci… Dit MESSIDOR, un peu plus enjoué, en faisant de même.

SHION, perdu dans ses souvenirs, marchait d’un pas mesuré. Il savait que sa venue à JAMIEL le rendrait immanquablement nostalgique, mais avait-il le choix ? Autour de lui des squelettes en armures, répandus sur un pseudo champ de bataille, s’accumulaient à perte de vue. Pour un autre que lui, ces guerriers d’un autre temps se seraient aussitôt animés, bloquant toute avancée. Mais tous ces soldats décharnés, parfait système dissuasif, ne bougèrent pas une phalange lorsqu’il traversa le mince pont de pierre. Une tour, dépourvue de porte d’entrée, l’attendait immuable et solitaire.
- Etranger ! Saches que tu viens d’entrer en un lieu maudit ! Seules la mort et la désolation t’attendent si tu ne rebrousses pas chemin !
SHION, pas du tout impressionné par cette voix spectrale, cria plus qu’il ne répondit :
- Quel est l’étranger à qui tu t’adresses, MIRV ? Le temps a-t-il tant changé mon visage pour que tu ne le reconnaisses donc point !
- SHION !!!
Un individu, scrutant depuis la plus haute fenêtre de la tour, se téléporta devant le SAINT. Vêtu d’une toge blanche assez stricte, il imposait d’emblé le respect. De solide constitution, il avait des traits durs que sa chevelure bleue marine aggravait encore. En lieu et place des sourcils, il possédait les mêmes deux points que SHION, mais d’une couleur ardoise assortie à ses yeux. Il arborait une expression sévère qui céda tout à coup, quand il donna l’accolade au SAINT.
- Doucement, dit celui-ci. En temps normal je porte une armure d’or, mon squelette c’est donc sûrement beaucoup ramolli ! Tu vas me broyer en continuant ainsi !
- SHION mon ami ! Si tu savais comme je suis heureux de te revoir !
- C’est un sentiment partagé MIRV !
- Qu’est-ce qui t’amène ici ? Je croyais qu’après ta nomination en tant que SAINT, tu étais persona non gratta ! L’ ELU serait-il revenu sur sa décision ?
- A ce sujet, les choses n’ont guères évoluées. Il me considère toujours comme une brebis galeuse. Mais dis-moi… Après ces trois années, je m’étonne de te trouver encore assigné à cette tour de guet !
- Eh bien… Que veux-tu ! Les âmes bien pensantes de la colonie estiment que ma sanction doit se poursuivre ad vitam aeternam… Ou presque.
- Comment !?
- Ce n’est pas bien grave ! En comparaison du châtiment de COBALT, ma punition paraît douceâtre. Et puis, je dois bien payer le prix de mes erreurs de jeunesse.
- COBALT, paraphrasa le SAINT.
- C’est pour lui que tu es revenu ! Cela expliquerait beaucoup de choses, notamment l’agitation inhabituelle de la colonie !
- De l’agitation ? Voilà bien un terme que je pensais ne jamais entendre dans la bouche d’un MÜ !
- Mon escapade dans le monde extérieur a dû enrichir mon vocabulaire… Quoi qu’il en soit, si tu veux passer, libre à toi. Mais sois conscient que l’accueil des nôtres sera peut être froid pour ne pas dire glacial. Je ne t’accompagne pas, tu connais parfaitement le chemin. Repasses donc me voir en repartant, je ne suis pas trop débordé, nous pourrons discuter.
SHION dépassa MIRV. Avant de contourner la tour, il lui posa la question qui lui brûlait les lèvres :
- Pourquoi l’as-tu suivi ?
- Je ne sais pas… Sans doute me suis-je laisser hypnotiser par ses discours progressistes. Le conseil à imputer cela à « une erreur de jugement due à la naïveté ». Mais à la vérité, je voulais avant tout connaître ce monde de primitifs. COBALT aura au moins eu le mérite de mettre un bon coup de pied dans cette fourmilière. Sans lui, aurions-nous osé nous aventurer au dehors ?
- Pourquoi restes-tu dans cette tour ? Tu pourrais…
- Te rejoindre au sanctuaire, compléta-t-il. Un jour peut être… Pour l’heure, va ! Je suis certain que le conseil sera enchanté de t’écraser de remontrance ! Je compatie déjà à ta douleur !
SHION quitta son mystérieux ami. En arrière-plan de la tour, il put enfin redécouvrir le spectacle prodigieux de son ancienne patrie. La tour de guet n’était en fait que le paravent d’un pont gigantesque. D’une longueur invraisemblable, il reléguait au rang d’enfantillages toutes constructions humaines répertoriées à ce jour. Mais le plus stupéfiant restait à venir. SHION avança et, progressivement, vit se dessiner à l’autre extrémité les hauteurs d’une ville extraordinaire.
De forme circulaire, cette cité était, aussi surprenant que cela puisse paraître, suspendue dans les airs. Chaque édifice relevait d’un style architectural identique à la tour de MIRV, à la fois ancien d’apparence mais aussi très moderne dans son agencement. Comme si le maître bâtisseur avait eu, pour muse inspiratrice, un auteur d’anticipation.
- La SECONDE MÜ, l’identifia pour lui-même le SAINT.
Il parvint au pied d’une muraille protectrice dénuée de la moindre ouverture. Contournant l’obstacle, il se téléporta au cœur de la cité fantastique.
- SHION, nous t’attendions ! N’esquive pas même un murmure sinon il t’en cuira !
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Chrysos
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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 10:04 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

26)LA SECONDE MÜ

Le comité d’accueil était pour le moins disparate. A croire que tous les habitants de la cité s’étaient déplacés en masse pour voir le SAINT d’or. Un cordon de sécurité maintenait l’ordre et empêchait quiconque de l’approcher. Il y avait là cinq hauts dignitaires de la ville, tous conseillers de l’ ELU. Ce sont eux que MIRV qualifia péjorativement d’âmes bien pensantes, quelques instants auparavant. Très âgés, ils ressemblaient à une délégation de ces alchimistes d’autrefois, à la fois scientifiques et sorciers appliqués.
La foule bigarrée, quant à elle, salua discrètement le retour au bercail de la brebis galeuse. Une escouade de gamins, qu’il avait bien connu à l’époque, cria son nom afin de s’assurer qu’il les repère au milieu de toutes ces grandes personnes. SHION leur adressa un petit signe de la tête. Visiblement, il était plus ému qu’il ne l’aurait imaginé.
- Silence, claironna l’un des cinq vieillard. SHION ! Je te mentirais en affirmant que ton retour nous comble de joie ! L’arrêté te concernant n’a toujours pas été levé ! Tu es, plus que jamais, interdit de séjour en la SECONDE MÜ ! Aussi je te prierais de repartir sans faire d’esbroufe !
Le SAINT écoutait à peine. Il était trop affairé à remettre un nom sur le visage de chacun de ses concitoyens ou plutôt semblables. Car tous portaient comme MIRV, et plus tard KIKI et MU, deux points à la place des sourcils. Cette marque distinctive était la preuve irréfutable de leur appartenance au peuple MÜ, dont le continent perdu inspira moult auteurs et poètes.
- J’en suis conscient, répondit-il. Mais les circonstances m’obligent à passer outre cet arrêté ! Je dois parler séance tenante à l’ ELU, c’est une question de vie ou de mort !
- Tu es bien placé pour savoir qu’il ne daignera pas te recevoir, lança un autre vieil homme. Nous respectons ton choix d’avoir rejoint ATHENA et les primitifs ! Mais tu dois réaliser que nous ne pouvons plus, dés lors, te considérer comme l’un des nôtres ! Qui peut savoir si ces primates n’auraient réussi à gangrener ton esprit, jadis si pur !
Ce ton injurieux déplut énormément au SAINT. Jugeant cette conversation vaine, il prit la résolution qui s’imposait :
- Je comprends ! Le primitif que je suis devenu va donc rejoindre ses nouveaux camarades, afin que nous nous roulions tous gaiement dans la fange ! Avant de partir, je voudrais dire ceci ; les SAINTS ont bien des défauts mais eux, au moins, possèdent un esprit ouvert et ne jugent pas sans savoir ! Adieu !!
- Bon débarras, grogna le plus remonté des vieillards, prénommé ZEND.
Alors que les cinq aînés haranguaient la foule à se disperser, un homme posté sur la muraille hurla :
- SHION n’est pas réapparu sur le pont ! Il est encore dans la cité !
La troupe de garnements laissa échapper un cri de contentement. ZEND, furieux, s’écria :
- Il faut le retrouver et l’expulser de la cité ! Soyez prudent, il est aussi retors que dangereux !
De l’autre côté de la ville SHION, profil bas, se téléportait de bâtiment en bâtiment. Heureusement, tous les habitants étaient venus admirer son retour en fanfare, laissant les rues désertes. Il décela bientôt l’objet de sa visite, la plus haute tour de la cité, celle ou siégeait l’ ELU, L’indiscutable régent. Il supposa que les cinq membres du conseil devaient déjà l’attendre à l’intérieur mais tant pis, autant risquer le tout pour le tout. A découvert, il marcha sur la place du forum et… se sentit oppressé. La force qui l’avait paralysé au village des BERSERKERS entravait à nouveau ses mouvements.
- SHION ! Comment te débrouilles-tu pour te retrouver constamment au cœur des pires guêpiers ?!
- CO… COBALT !
C’était effectivement lui, le fameux personnage à la chevelure de neige et au masque monstrueux.
- Ne feins pas la surprise ! Tu escomptais me retrouver ici, aussi as-tu transgressé le stricte arrêté de l’ ELU. A ce propos, je salue ton sens de la déduction.
- Même pour toi, fabriquer des armures telles que celles des fils de la nouvelle aube nécessitait un équipement et des matériaux d’exception. Seul le royaume de tous les alchimistes pouvait te fournir ce dont tu avais besoin. Stupidement, je ne l’ai réalisé que trop tard ! Comment as-tu convaincu l’ ELU de t’aider ?
- Les termes de notre marché ne te regardent en rien. Mais sache qu’aucune des deux parties ne sera lésée lors de la transaction. Le contrat n’est pas encore officiellement signé, nous encore accueillir un autre associé. Les fils de la nouvelle aube sont très généreux. Ils ignorent même que leurs dividendes sont peccadilles pour des MÜ tels que toi et moi !
- Es-ce une proposition ?
- Plus ou moins ! Après tout, que soit tel ou tel camp qui triomphe, peu nous importe ! L’essentiel est de pourvoir aux besoins des nôtres !
- Tu oublies HADES ! Ce spectateur mécontent n’a pas encore démontré toute l’entendue de son talent !
- Certes ! Mais cet embryon de dieu n’est pour l’heure qu’une lointaine menace. Le moment venu, nous le renverrons à son royaume de damnation. Alors, as-tu pris ta décision ? Me rejoindras-tu ou périras-tu sous mes coups ?
- J’ai prêté allégeance à ATHENA ! Ma vie lui appartient corps et âme !
- Tu es vraiment buté ! C’est dommage, mais je me passerai de tes services !
- Comment comptes-tu m’éliminer ? Tout notre peuple s’apprête à débouler à ma poursuite ! Cela serait du plus mauvais goût qu’il te découvre les mains couvertes de sang !
- Petite fourmi incapable de voir la dimension supérieure, ne remarques-tu rien d’inhabituel ?SHION se demanda de quoi COBALT pouvait bien parler. Brusquement, il s’aperçut que tout le périmètre, tour de l’ ELU y compris, avait été placé sous un champ de force.
- C’est une version remaniée de ton CRYSTAL WALL. Toute téléportation est impossible de l’extérieur à l’intérieur de cette sphère close, et vice-versa. C’est une mesure que j’ai du prendre pour assurer le bien-être de mes amis !
Jaillissant de derrière un monument de style avant-gardiste, une femme et deux hommes organisèrent un défilé improvisé afin de faire admirer leurs armures flambant neuves. COBALT rendit sa liberté de mouvement à SHION et dit à la jeune femme :
- Ma chère, voilà l’opportunité que vous attendiez depuis tout ce temps. SHION, excuses-moi de déléguer ainsi ton exécution mais j’ai une sainte horreur de la violence ! Adieu, nous nous retrouverons dans l’autre monde !
- Attends !!
COBALT se téléporta. Son point de chute devait se situer quelque part dans la tour, car les deux hommes s’y engouffrèrent aussitôt.
- SAINT d’or, proclama la jeune fille. Ne t’attends à aucune clémence de ma part ! J’ai juré d’éradiquer, quel que soit leurs origines, tous ceux de ta caste sanguinaire !
- Si tu dis la vérité, tu seras certainement ravie d’avoir un tel choix à portée de main !
Trois auras dorées envahirent la place. Respectivement, elles appartenaient aux SAINTS de la BALANCE, du SAGITTAIRE et du VERSEAU. Fameux trio d’armures qui aideront à anéantir le royaume sous-marin de ce cher POSEIDON.
- Vous m’avez suivi, s’offusqua SHION.
- Pas du tout, rétorqua GANYMEDE, en déposant à terre l’urne du BELIER. Le POPE a seulement raisonné selon ta propre logique, aussi chaotique soit-elle ! Ceci t’appartient, je crois !
Sans être sollicitée, l’armure se greffa avec bonheur sur son irréfutable propriétaire.
- Nous l’avons retrouvé dans les arènes, ajouta CALAHËL. Ce qui nous donne désertion et abandon d’habit sacré. L’addition va être relevée, crois-en mon expérience. Le cap SOUNION t’attend, tu peux en être assuré !
- Trois SAINTS pour me ramener, je suis flatté !
- Ne le sois pas, répondit le SAINT du SAGITTAIRE. Nous sommes venus aussi nombreux uniquement pour te sortir d’un traquenard hautement prévisible ! Qui plus est, nous avons du tirer la mission à la courte paille !
- Etes-vous les heureux gagnants ?
- Non, les perdants, répliqua DOHKO.
- Tu ne pourrais imaginer les embûches que nous avons traversé, se plaignit GANYMEDE. Des guerriers défraîchis, ce dôme d’énergie, sans parler de cette foule acerbe ! Un dénommé ZEND nous a même traité d’hommes des cavernes et de primates écervelés ! Fort heureusement, DOHKO lui a conseillé de se taire avant qu’il ne le taille en pièces !
- Vous n’auriez pas du m’arrêter, confirma celui-ci. Je l’aurais volontiers embroché, cet être supérieur !
- Un peu de tenue, le gourmanda CALAHËL. Ce n’est pas de cette manière que l’on s’exprime devant une dame ! Vous n’avez qu’à rattraper les autres, je tiendrai compagnie à cette charmante demoiselle !
Ignorant le gardien de la neuvième maison, la jeune fille désigna le SAINT du VERSEAU et abaissa l’écharpe dissimulant en partie son visage.
- Tu seras mon adversaire, proclama-t-elle.
- SUN-YA, prononça GANYMEDE d’une voix atone.

27)AU NOM DES MIENS

- SUN-YA ! Impossible, tu...
La jeune fille, légère comme la brise, s’enfuit à toute jambe. GANYMEDE, instinctivement, se lança à sa poursuite. Ses compagnons d’arme, estomaqués, n’eurent pas même le temps de lui poser une seule question.
- C’est un grand garçon, commenta CALAHËL. Il doit avoir de bonnes raisons d’agir ainsi ! De toute façon, nous avons d’autres chats à fouetter !
Les deux escortes de COBALT, alertées par les vibrations cosmiques des SAINTS, se jetèrent dans la bataille.
- Continues seul, proposa DOHKO à SHION. C’est toi le héros aujourd’hui !
Le SAINT du BELIER remercia ses congénères et se téléporta.
- Un duel en binôme, clama le SAINT du SAGITTAIRE. Voilà un challenge assez exaltant ! Si FIODOR et VASSILI nous voyaient…
Ce fut le champ de force qui arrêta la fuite de SUN-YA. GANYMEDE, sur ses talons, retrouva sa contenance et dit :
- Voie sans issue, SUN-YA ! Nous allons enfin pouvoir parler du bon vieux temps !
- Comme il te plaira, petit garçon !
- Désormais on m’appelle GANYMEDE. J’ai payé cher le prix de mon identité, tâche de la respecter !
- Très bien, « GANYMEDE » ! Pour ma part, je suis à présent SUN-YA de la STRYGE ! En garde !
La jeune fille se jeta sur le SAINT et tenta de le frapper de touts ses forces. Mais, trop fébrile, elle ne parvint pas à organiser de bons enchaînements et rata souvent sa cible.
- Cesse de m’éviter et bats-toi, hurla-t-elle.
- Pas avant que tu n’aies expliqué ta présence aux cotés de nos ennemis. Est-ce la toute dernière invention de tes sœurs ?
- Mes sœurs sont mortes !! Je suis la seule survivante du clan AMAZONE !!
- Quoi !?
SUN-YA, devant la stupéfaction du SAINT, fit parler la poudre. D’une manchette, elle parvint enfin à lui clouer le bec.
- Ne joue pas les candides ! Je ne t’apprends rien !
- Je te jure que je n’en avais pas été informé ! Que c’est-il passé ?
L’AMAZONE explosa de fureur. Son cosmos, gagnant progressivement en puissance, se concentra dans sa paume.
- Meurs ! GEM BURST !!!
Une cohorte d’éclats d’énergie, scintillants telles des pierres précieuses, heurta le SAINT du VERSEAU. Ce dernier, trop préoccupé, baissa sa garde et fit connaissance avec le sol de la seconde MÜ. En tombant, il perdit un petit objet brillant, que SUN-YA s’empressa de ramasser avec précaution.
- Une pièce ! La résurrection des princesses n’était donc pas un mensonge ! Je présume que tu gardes cette pièce en trophée car la tête de LILITH serait trop encombrante à ta ceinture !
- Je ne te reconnais plus ! Comment toute la bonté de ton cœur a-t-elle pu se transformes en une haine aussi féroce ? Autrefois, nous…
Les deux belligérants, muets, se replongèrent dans le flot de leurs souvenirs communs. GANYMEDE n’avait que quelques jours quand ses parents, trop pauvres pour nourrir une bouche de plus, l’abandonnèrent en rase campagne. Le hasard, ou le destin, voulut qu’une garnison d’AMAZONE passe au même instant. Elles examinèrent le nourrisson, mais un garçon n’avait pas le moindre intérêt pour elles. Cependant, à la surprise générale, la princesse dirigeante recueillit le garçonnet et échafauda un projet machiavélique.
Pendant onze ans, l’orphelin fut initié aux techniques AMAZONES. Il se révéla vite très brillant, à la fois intelligent mais aussi fort et rapide. Mais les AMAZONES, bafouées pendant des siècles par la gente masculine, le traitèrent toujours avec mépris. Pour preuve, elles ne lui donnèrent aucun nom de baptême, l’appelant seulement le garçon ou l’enfant male. Seule une fillette, d’à peu prés son âge, ne le considéra pas comme un objet ou une arme de guerre et devint son amie. En cachette, les deux enfants eurent régulièrement de longue conversation à cœur ouvert. GANYMEDE se remémora la toute dernière entrevue qu’ils partagèrent :
- C’est demain que tu pars, demanda la fillette, au bord des larmes.
- Oui. Je dois me rendre dans un endroit appelé le sanctuaire. Là-bas, il faudra que j’élimine, par tous les moyens, un homme. Le « grand POPE » je crois…
La petite fille éclata en sanglots et bégaya :
- Alors, tu ne reviendras plus jamais ?
- Je ne sais pas… Peut être…
Les deux enfants restèrent ainsi pendant des heures, sans plus oser prononcer une parole. La fillette, évidemment, c’était SUN-YA. Le lendemain, GANYMEDE prit la route de ce qui devait être sa première et dernière mission.
- Le jour de ton départ, j’ai dû pleurer toutes les larmes de mon corps, relança la SUN-YA adulte. Pour moi, tu étais plus qu’un confident ! Tu étais…
Le SAINT écoutait, mais son esprit vagabondait ailleurs. La flamme de sa mémoire s’était rallumée et rien ne pourrait plus enrayer sa douloureuse combustion. Il repensa à son arrivée clandestine au sanctuaire, à ce jeune serviteur qu’il avait fait disparaître pour se subtiliser à lui et à ce dîner fastueux où nul ne remarqua son existence. Il revit clairement le POPE qui, en maître de cérémonie, présidait à la table. A sa droite, la toute jeune ATHENA essayait de faire bonne figure. Mais ses petites mains étaient encore bien maladroites et peinaient à étreindre les lourds couverts.
Comme si c’était hier, il ressentit la bouffée d’adrénaline qui le traversa lorsque, le moment venu, il tenta de juguler l’homme au masque d’ivoire. Mais, en vieux renard, ce dernier bloqua l’attaque et envoya paître son agresseur du plat de la main. Le SAINT du VERSEAU retrouva le goût du sang dans sa gorge et également l’émotion qui s’empara de lui à cet instant précis. Lorsque, malgré son jeune âge, il décida de tirer son va-tout et fit irradier son déjà très puissant cosmos. Les yeux d’ ATHENA le dissuadèrent de commettre pareil carnage. Elle le fixa d’un regard si innocent et compatissant, qu’il se refusa à mener à bien cette mission dérisoire.
Quand SUN-YA le frappa derechef, il se reconnecta au présent et dit :
- Je n’ai pas pu le tuer ! Elle se tenait derrière lui et je n’ai pas pu…
L’AMAZONE sut lire entre les lignes de ce discours décousu et répondit :
- Je savais que tu n’y arriverais pas. Ton cœur était trop tendre, c’est justement ce que j’appréciais chez toi. A cette époque, je ne me serais jamais imaginé, même dans mes rêves les plus fous, que tu nous condamnerais à mort !
- Si tu désires me tuer, fais-le sans hésiter ! Mais avant, dis-moi comment sont mortes tes sœurs ! Ta haine doit bien avoir une origine tangible !
- A ta guise… Quatre mois après nos adieux, alors que je m’efforçais vainement de faire ton deuil, nous avons eu de la visite. Malgré les multiples précautions que mes sœurs prenaient pour effacer quotidiennement toute trace de notre passage, un SAINT d’or nous avait débusqué. Il n’avait guère plus de quinze ans, mais se révéla plus assoiffé de sang que nombre d’adultes. En quelques secondes, il déborda nos défenses et mit notre camp à sac. Il tua méthodiquement et sans le moindre remord, n’épargnant pas même une enfant. C’est un miracle que j’ai survécu aux blessures qu’il m’infligea !
- C’est faux ! Aucun SAINT de ma connaissance n’agirait avec une telle barbarie !
- Je préfèrerais croire que ce n’était qu’un cauchemar ! Malheureusement, ceci me ramène sempiternellement à l’horrible réalité !
SUN-YA arracha son écharpe. Le haut de son torse et son cou étaient creusés de cicatrices effrayantes.
- Il m’a laissé me vider de mon sang, hurla-t-elle. Toi seul savais où nous nous étions établis ! Tu n’as eu qu’à lui indiquer le chemin ! Cette armure d’or est-elle la récompense pour service rendu ?
- Tu te trompes ! Le POPE connaissais mes origines mais jamais il ne chercha à me soutirer la plus petite information ! Et si tel avait été le cas, je n’aurais de toute façon pas parlé !
- Mensonge ! GEM BURST !!!
Le SAINT réagit enfin et, avec talent, évita les différents éclats d’énergie.
- Désolé, mais tu vas devoir m’écouter ! SILENT DEATH !!!
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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 10:08 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

28 L’ULTIME RECOURS

SUN-YA fut percutée par une puissance indétectable. L’attaque de GANYMEDE était en ce sens la concrétisation de toutes les qualités que prônaient les AMAZONES, vitesse, furtivité, précision. Pas d’effets tapageurs, mais une efficacité diabolique. Profitant de ce répit, le sub-conscient du SAINT rechercha des souvenirs remontant à la période qu’évoquait la jeune femme. Mais rien de significatif ne ressortit de cette plongée dans le passé.

Il ne se revoyait que reclus, tel un animal sauvage déraciné de son milieu naturel. Ne sachant où aller après son cuisant échec, il s’était constitué prisonnier et attendait sa sentence. Mais depuis des semaines, sa situation n’évoluait pas. Il était nourri convenablement, et à volonté, de plus sa soi-disant cellule ressemblait plus à un cottage qu’a une geôle spartiate. Le POPE, qu’il pensait être un tortionnaire, venait même tous les jours s’aviser de sa santé. Une fois il essayait, par curiosité, d’estimer la solidité de la porte.
Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu’elle n’était pas verrouillée. La porte grinça sur ses gonds et s’ouvrit. Flairant le piège, il hésita longuement et finalement se risqua au dehors. A l’extérieur le POPE, assit sur un muret, lui fit signe de s’approcher.
- Tu as mis beaucoup de temps avant de tenter l’expérience, lui dit-il.
- Je… n’étais pas enfermé ?
- Quelle drôle d’idée ! Tu es libre d’aller et venir, sous bonne escorte toutefois !
Le régent désigna deux garçons du même âge que GANYMEDE. Le premier était le serviteur qu’il avait assommé. L’autre était un petit teigneux à la chevelure bouclée qui se prénommait CALAHËL.
- L’usage de la parole t’ayant été miraculeusement rendu, consentirais-tu à nous donner ton nom, poursuivit le POPE.
- Je… Je n’ai pas de nom…
- Tout le monde a un nom, s’étonna CALAHËL. Tu n’as qu’à t’en trouver un !
C’est ainsi que la glace fut rompue entre ce jeune garçon et ceux qui allaient devenir sa nouvelle famille. Sans entrer dans les détails, il leur raconta toute son histoire. Le POPE, le sachant à jamais banni par les AMAZONES, lui proposa de rester au sanctuaire. Pour éponger « l’incident », il lui confia une tâche singulière, assister CALAHËL dans son entraînement. De fil en aiguille, les deux enfants devinrent rivaux mais nouèrent aussi une profonde amitié. Et ce qui devait arriver arriva, tous deux obtinrent une armure d’or. Le POPE, avec la fierté d’un père, leur confia la garde de leur temple respectif et dit :
- Désormais voici vos demeures ! D’aucuns appelleraient cela un avancement, mais en vérité la plus lourde responsabilités pèsera à jamais sur vous ! Celle de défendre une humanité qui ignore même jusqu’à notre existence !
- Grand POPE !
- Oui ?
- Autrefois vous m’aviez conseillé d’attendre d’être prêt pour choisir le nom qui me conviendrait le mieux…
- Il serait temps, intervint CALAHËL. Tous en ont plus qu’assez de t’appeler le sans nom !
- Je me suis décidé ! Je souhaite me nommer GANYMEDE, comme le VERSEAU de la légende…

SUN-YA, à terre, lorgnait le SAINT d’un œil torve.
- Tu es devenu très fort, petit garçon ! Assurément, ton titre n’est pas usurpé !
- Je te propose une trêve ! Donnes-moi suffisamment de temps, et je te prouverai que je ne suis pas mêlé au massacre de tes sœurs !
- Tu cherches à grappiller quelques secondes ! C’est indigne de toi SAINT d’or ! Yah !!
L’AMAZONE décocha, en se relevant, la piécette de LILITH à son opposant. Puis, suivant la course de la pièce, elle repartit à l’assaut. GANYMEDE rattrapa la pièce au vol et s’engagea dans un corps à corps musclé. Leurs styles de combat, issues d’un souche similaire, étaient pourtant sensiblement diffèrent. SUN-YA misait avant tout sur sa vitesse et son agilité. GANYMEDE, au contraire, avait le geste plus mesuré et choisissait ses coups avec soin. Toutefois, le septième sens lui assura une confortable suprématie. Il se coula dans le dos de son ancienne confidente, lui agrippa les avant-bras et les ramena sur sa taille pour l’immobiliser.
- Que tu le veuilles ou non, tu vas m’écouter !
- Lâches-moi ! Je ne veux pas entendre tes mensonges, sale traître !
- Traître !! Qui ai-je trahis !? Les AMAZONES, qui m’ont élevé comme une bête de combat et envoyé à la mort sans remords ! Il est vrai que je les ai détesté mais je n’aurais jamais permis qu’on les assassine de cette façon !
- Ah oui !? Et pourquoi ?
- Parce que tu les admirais ! Tu étais persuadé que leurs actions étaient justes ! C’est aussi pour cela que je n’ai pas osé réapparaître devant toi ! Ton regard aurait été insoutenable ! Une partie de toi m’aurait détesté éternellement d’avoir échoué si lamentablement !
GANYMEDE libéra sa captive, qui se retourna aussitôt.
- Je conserve cette pièce en guise de symbole, avoua-t-il. Pour me rappeler les idéaux auxquelles tu crois. C’est le seul lien qu’il me reste…
SUN-YA se troubla, mais son expression se durcit et elle griffa le visage du SAINT.
- Toutes tes belles paroles ne te sauveront pas ! Il est certain que tu es infiniment plus puissant que moi, mais j’ai en moi le courage qui t’a manqué jadis ! Le courage du désespoir !!
L’aura de SUN-YA se galvanisa, comme pendant son duel contre GERMINAL. GANYMEDE, qui savait mieux que personne ce que signifiait ce cosmos blafard, examina les environs et conclut :
- Tu m’as conduit exactement là où tu l’escomptais ! Au pied de ce champ de force, la déflagration n’ébranlera pas la seconde MÜ ! Tu n’as rien laissé au hasard !
- Tout à fait, rétorqua SUN-YA, en larmes. GANYMEDE… Je… J’aurai aimé que les circonstances nous réunissent autrement… Tu…
- Me crois-tu enfin !?
- Oui ! Mais il est trop tard… FIRELIFE COMBUSTION !!!
GANYMEDE ne bougea pas. Il regarda le corps de SUN-YA s’enflammer et provoquer une ahurissante explosion. Toute l’énergie destructive fut, heureusement, absorbée par le champ de force et métamorphosée en un bel amalgame de couleurs vives. Le souffle de l’explosion souleva toutefois une écharpe de lin du sol et la transporta en direction de la tour de l’ ELU.

Au moment de l’explosion DOHKO et CALAHËL, aux prises avec les fils de la nouvelle aube, vivait une situation diamétralement opposée. Pour mieux comprendre, remontons le temps de quelques minutes et retrouvons les SAINTS, à l’orée de leurs combats. Leurs adversaires, bien élevés, commencèrent par se présenter :
- BRUMAIRE de l’ AMOK pour vous servir, débuta le premier homme, vêtu d’une armure noir corbeau.
- NIVOSE du FAUNE, poursuivit son compagnon, habillé lui d’une armure plus tape-à-l’œil. Pareillement !
Les SAINTS leur rendirent la politesse. BRUMAIRE jugea l’instant opportun pour boire une rasade de l’alcool que contenait sa gourde. Il s’excusa aussitôt et en proposa une gorgée aux trois autres protagonistes qui, éberlués, refusèrent. NIVOSE se permit alors une petite réflexion :
- Si ce ne sont les SAINTS, ce sera l’absinthe qui aura raison de toi ! A-t-on idée de boire en un moment pareil ?!
- A chacun ses stimulants, répondit-il. Et puis, il sera regrettable de gâcher ce succulent nectar pendant nos combats ! A ce propos messieurs, comment les organiserons-nous ? Doit-on, afin de déterminer les adversaires, laisser le sort décider ?
- Aucune importance, fit CALAHËL. Choisissez vous-même !
- Si tu le permets, je souhaiterais me battre contre ce sympathique personnage, reprit NIVOSE. J’ai eu, le concernant, des échos assez flatteurs !
DOHKO, l’heureux nominé, sourit en signe d’approbation. BRUMAIRE, finissant sa gourde, approuva le choix de son semblable et déclara :
- Cela me convient ! La réputation du sieur CALAHËL est, elle aussi, des plus épanouie ! Je serai enchanté de lui livrer bataille !
Le SAINT du SAGITTAIRE acquiesça. Afin de ne pas se gêner mutuellement, les duos d’adversaires mirent une distance raisonnable entre eux. DOHKO, marchant de côté, évalua son opposant. Il devait avoir à peu près son âge et sensiblement la même corpulence. Ses cheveux mordorés étaient constellés d’épis.
Son visage, plaisant, était figé dans une expression neutre ou pour le moins blasée. Il gardait les yeux mi-clos, certainement plus par habitude que pour se donner un air supérieur. DOHKO remarqua également la flûte de pan accrochée à sa taille. NIVOSE, suivant son regard, la détacha et joua une complainte.
- Je ne suis pas mélomane, avoua le SAINT. Mais cette musique est aussi belle que mélancolique !
- Merci. Là d’où je viens, cet hymne sert à accompagner l’âme des défunts lors de leur dernier périple. Cette mélopée a toutefois une contrepartie sinistre. Quiconque a le malheur d’entendre cette mélodie de son vivant, est assuré de mourir sous trois jours. C’est, tout du moins, ce que dit la légende !
- Les superstitions ne m’effrayent pas ! Ma mémoire vide a au moins un avantage ! Celui de m’avoir probablement débarrassé d’une quantité d’inepties de ce genre !
- Alors VENDEMIARE ne mentait pas, tu es vraiment amnésique ! Quelle chance tu as ! Je t’envie !
- Que dis-tu ?
- J’aimerais être comme toi ! Pouvoir fermer les yeux et les ouvrir sur un monde neuf ! Pouvoir oublier tout ce sang et ces larmes que j’ai vu coulé ! Devenir quelqu’un de nouveau, vide et détaché !
- Tu ne sais pas de quoi tu parles ! Battons-nous ! Si le poids de tes exactions pèse autant sur ta conscience, je te les ferai expier au comptant !
- J’ai hâte de voir cela, scanda NIVOSE. En garde !
Surprenant DOHKO, qui s’attendait à combattre un énième guerrier musicien, le fils de la nouvelle aube remit sa flûte en place.

29)A BOUT DE SOUFFLE

DOHKO, pressé, débuta le combat. Ne sachant pas à quoi s’attendre de son opposant, il ouvrit le duel par un coup de pied sauté d’observation. NIVOSE para facilement et déclara :
- Ridicule ! Permets-moi de te montrer ce qu’est une vraie attaque ! PETRIFY BREATH !!!
NIVOSE prit une profonde inspiration, réunit ses mains en losange devant ses lèvres et souffla. Par adjonction de cosmos, le souffle s’amplifia démesurément et entraîna le SAINT dans une tornade rutilante.
- Aussi facile que de souffler un château de cartes, ricana le flûtiste. En moins amusant, peut être !
DOHKO s’écrasa sur le monument vu auparavant. Sans s’énerver, il se releva et considéra l’œuvre d’art.
- Ce chef-d’œuvre est beaucoup mieux ainsi ! Les goûts artistiques du peuple MÜ sont vraiment très discutable !
- Je ne te le fais pas dire ! Cette horreur dépréciait le paysage ! L’art abstrait, quelle infamie !
- Etais-ce une raison pour m’utiliser comme boulet de démolition ? Tu vas découvrir que je rends toujours coup pour coup ! COLERE DU DRAGON !!!
Le SAINT d’or fondit sur son rival et lui administra un uppercut dévastateur. De façon très stylisée, NIVOSE fut propulsé aux cieux par un dragon translucide. Le futur professeur de SHIRYU ne se retourna même pas lorsqu’il atterrit à son tour sur le monument. Le flûtiste, commotionné, se remit difficilement sur ses jambes. Notre héros le saisit soudain au collet et dit froidement :
- A présent, tu vas répondre à mes questions ! Dis-moi ce que tu sais de moi !
- De… De quoi parles-tu ?!
- Ca suffit ! Je suis d’ordinaire d’une nature plutôt sereine, mais mon sang peut très vite devenir bouillonnant ! Je te conseille amicalement de ne pas jouer au plus malin !
- Qu’est-ce qui te fait penser… Que je connais ton passé…
- Ton ami VENDEMIAIRE semblait, lui, en savoir long ! Parle, avant que je n’oublie mes bonnes manières et te fasse avaler ta flûte !
- Ton interrogatoire dérisoire me fatigue ! PETRIFY BREATH !!!
NIVOSE souffla à nouveau le SAINT. DOHKO réussit toutefois à se freiner en s’enracinant dans le sol.
- Ta technique est obsolète ! Ou plutôt, comme le sermonnent mes nouvelles fréquentations, une attaque ne fonctionne jamais deux fois sur un SAINT !
- L’avenir nous le dira… PETRIFY BREATH !!!
DOHKO, luttant contre le souffle prodigieux, amorça une douloureuse contre-attaque. Contre vents et marées, il parvint à toucher son opposant par L’ENVOL DU DRAGON. NIVOSE, apparemment vaincu, s’effondra lamentablement.
- J’irai me renseigner auprès de quelqu’un d’autre. Que…
L’esprit rivé sur le combat, le SAINT de la BALANCE n’avait pas remarqué que tout son corps, visage et armure y compris, était recouvert d’une mince pellicule transparente. Au touché, cette matière était lisse et tiède. DOHKO se souvint alors des quelques brûlures ressenties lors du PETRIFY BREATH. Le rapport était évident, mais comment ?
- PETRIFY BREATH acte deux, clama NIVOSE, reprenant conscience.
Le fils de la nouvelle aube ouvrit la paume de ses mains. Chacune semblait recouverte de la même matière, mais maintenue à un état incandescent.
- Ma technique a plus d’une corde à son arc, se congratula-t-il. A chaque souffle, des milliers de microscopiques cristaux de verre s’agglutinent sur mes ennemis et…
- Du verre en fusion, coupa son interlocuteur, passablement gêné dans ses mouvements. Quel idiot ! Je ne me suis aperçu de rien !
- Ce verre est maintenant aussi pur que du cristal, reprit le guerrier du FAUNE, portant sa flûte de pan à ses lèvres. Il va causer ta perte ! END NOTE !!!
NIVOSE joua une note suraiguë qui, outre le fait de casser les oreilles de DOHKO, fissura la pellicule de verre qui le couvrait. Il sentit le sang affluer à son visage, afin de mieux s’en échapper par de multiples entailles. Ironiquement, il repensa à CALAHËL qui lui avait conseillé de porter son heaume en toutes circonstances. Conseil que, bien entendu, il ignora volontairement de suivre.
Sentant sa fin proche, sa mémoire se ranima étonnamment. Quelques images désordonnées se dessinèrent dans son esprit. Des scènes de la vie quotidienne, la terre meuble dans laquelle il creusa les tombes de sa famille, son entraînement à ROZAN, son mystérieux maître ou encore son errance à travers des villes troubles et impossibles.
Au milieu de ce maelström confus, une séquence apparut subrepticement. Il se revit déambulant le long d’un souterrain humide. La lueur de la sortie l’attirait inexorablement et, sans effort, il brisa les barreaux rouillés qui l’obstruaient. Le décor extérieur était féerique. Des champs de fleurs trempés de rosée partageaient la vedette à des arbres fruitiers colorés. Seule ombre à ce tableau chatoyant, la présence d’un cerbère qui, une fois sa surprise passée, se montra très agressif.
- Non… Gémit NIVOSE… Pas maintenant…
La douleur cessa de tirailler le SAINT. Haletant, son adversaire se boucha les oreilles, peut être affectées par cette note stridente. Plus vraisemblablement, un souvenir pénible, niché dans son sub-conscient, venait de faire sa réapparition et l’inhibait totalement. DOHKO, de son coté, essuya son visage poisseux. Il savait qu’il avait perdu beaucoup de sang. Son armure d’or lui avait juste permis de retarder un peu l’heure de son trépas.
- Je ne peux pas perdre, s’encouragea-t-il à voix haute. Pas avant de connaître la vérité !
- Tu es pathétique, se moqua le flûtiste, remit de son flash-back traumatisant. Te voir t’accrocher aussi lamentablement à cette morne existence me donne la nausée ! Abandonnes-toi plutôt au sommeil éternel ! J’imagine mal ce qui pourrait te retenir sur cette terre !
- Les fils de la nouvelle sont-ils tous aussi désabusés que toi ? Autant de jérémiades ne sont pas dignes d’un homme au sens premier du terme ! Yah !!!
Le cosmos de DOHKO grimpa exponentiellement. Comme il l’avait prédit, son sang bouillonna tant et si fort qu’il coula à flot de chacune de ses plaies.
- Je reconnais t’avoir sous-estimé, cria-t-il. La quête de mon passé m’a rendu imprudent ! Je n’aurais pas du foncer tête baissée dans tes piéges puériles !
- Qu’espères-tu ? Tout ton être a failli se briser et ta force s’est enfuie avec ton sang ! Tu n’es plus qu’un oisillon que je vais m’empresser de croquer ! PETRIFY BREATH !!!
- Toi qui demande l’oubli, sois exaucé ! COLERE DU DRAGON !!!
Après ces tirades viriles, les deux hommes piochèrent leur dernière carte. NIVOSE, surpassé, fut projeté dans une maison pendant qu’un filet de sang voilait le regard de DOHKO. Par le fait il ressentit, plus qu’il ne vit, l’explosion suicidaire de SUN-YA.
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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 10:13 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

30)AUX FRONTIERES DE LA FOLIE

CALAHËL était intrigué. Depuis dix bonnes minutes BRUMAIRE, immobile, le fixait d’un air ahuri. Le SAINT, qui voulait patienter jusqu’à ce que son adversaire fasse le premier pas, trépignait. Tant pis, ce serait donc à lui de jeter le gant.
- A nous deux, proféra-t-il. DESTINY WING !!!
Majestueusement, les ailes de son armure s’étirèrent et, par réverbération d’énergie, relâchèrent toute leur puissance sur BRUMAIRE. Ce dernier, incroyablement détaché, bâilla paresseusement et ne réagit pas quand l’attaque le frappa violement.
- Voilà au moins un combat rondement mené, déclara CALAHËL, un peu choqué par le manque de vitalité de son vis-à-vis. Excuse-moi, mais le devoir m’appelle ailleurs et…
Stupéfiant le SAINT, le corps de BRUMAIRE se métamorphosa en terre glaise et coula mollement sut le sol. Sa silhouette disparut en une masse d’argile qui changea sporadiquement de texture et de teinte.
- Quelle est cette sorcellerie ? C’est impossible !
- Impossible !! Je m’en doutais, tu es un cartésien convaincu !
BRUMAIRE était réapparu. Il avait troqué son armure contre une toge hébraïque.
- Sache que le mot impossible doit dés à présent être rayé de ton vocabulaire, continua-t-il. A compter de cette seconde, RIEN n’est impossible !
- Encore et toujours des illusions, se plaignit le SAINT. Pour freiner ma progression vers la tour, tu devras trouver quelque chose de plus substantiel !
- La tour ! Quelle tour ?!
La demeure de l’ ELU s’était volatilisée. Mieux encore, la seconde MÜ avait cédé la place à un décor psychédélique où les rares constructions étaient bancales et grotesques. Pour s’harmoniser avec le cadre, BRUMAIRE avait encore changé de tenue. Il arborait maintenant une soutane d’ecclésiastique, à tendance apocalyptique. CALAHËL, lui aussi, avait opté pour un nouveau style vestimentaire. Sans qu’il ne s’en aperçoive, son armure s’était transformée en un ensemble très chic, mais d’une extravagante couleur safran.
- Tu es doué, concéda le SAINT d’or en palpant son habit. Je jurerai que mon armure s’est véritablement évaporée !
- Tu es bassement terre-à-terre ! Pourquoi ne pas envisager la possibilité que tout ceci est réel ?
- Bien sûr ! Prends ça !!
Le SAINT du SAGITTAIRE décocha un direct à son opposant, ou plutôt il essaya. Avant l’impact son avant-bras se détacha et, sans effusion d’hémoglobine, tomba sur le sol.
- Ici je suis omnipotent ! Et toi, tu n’es qu’un grain de poussière !
Une trappe s’ouvrit sous les pieds de CALAHËL. Désarmé, il chuta sans trouver la moindre aspérité à laquelle se raccrocher. Son atterrissage fut plutôt brutale. Il se fracassa l’épaule sur une surface lisse et miroitante. Péniblement, il se releva et considéra ce qu’il restait de son bras droit. La coupure était nette et déjà cicatrisée.
Le SAINT commençait à perdre pied. Il se ressaisit et fit l’état des lieux. Il se trouvait dans une pièce circulaire, jalonnée de gigantesques miroirs. Grossièrement, elle ressemblait à une galerie des glaces de fête foraine, mais en plus sordide. Le reflet du SAINT d’or était des centaines de fois grossi, écrasé ou encore trituré et déformé de façon abominable. La voix de BRUMAIRE tonna, faisant vibrer les différents miroirs.
- Ce sont les innombrables facettes de ton âme tourmentée ! Ne sois pas timide, dis leur un petit bonjour !
Les « CALAHËL » monstrueux déchiquetèrent les miroirs les retenant prisonniers. Rageurs, ils bondirent sur leur trop parfait modèle. Paré à l’attaque, le SAINT fit exploser son cosmos. Mais l’aura qu’il déploya fut si chétive, qu’elle eut faire sourire un SAINT de bronze néophyte.
Emporté par la marée humaine, il bascula dans une autre trappe. Pendant sa chute, ses clones informes évoluèrent en gorgones ailées et s’enfuirent en hurlant. Après un temps interminable, le SAINT manchot plongea dans l’eau glacée d’un lac, noir comme l’enfer. Sur la rive BRUMAIRE, désormais en costume d’apothicaire, buvait comme à l’accoutumée sa ration d’absinthe.
- Il y a de quoi devenir schizophrène, s’esclaffa-t-il devant le vol de ces oiseaux de mauvaise augure. Attrape, cela te réchauffera !
BRUMAIRE remplit à ras bord une coupe en cristal. Il la balança, sans en perdre une goûte, à son interlocuteur. Frigorifié par l’eau lui battant les jambes, il saisit la coupe par réflexe. Mais plus que l’onde, c’était l’atmosphère de ce lieu qui lui hérissait le poil.
Le lac n’était en fait qu’un puits démesuré, dont les parois étaient sculptées de fresques tout aussi démesurées. Elles représentaient des silhouettes humaines atrophiées, pétrifiées pour toujours dans des postures de douleur ou d’effroi total. Pour se remettre d’aplomb, CALAHËL vida son verre d’une traite.
- Tu remontes dans mon estime ! Quelle descente !
- Dans ce monde de chimère, ce petit écart n’a rien de préjudiciable. Ma véritable enveloppe charnelle n’aura pas à souffrir les effets de ce tord-boyaux !
- Tu as enfin compris ! Je te présente le MADNESS LAND, terre d’asile des fous et des meurtriers !
- Très dépaysant ! Voilà donc ta technique, tu agis directement sur l’esprit de tes adversaires et les abreuves de visions paranoïaques et démentes ! Ainsi, tu fais lentement vaciller leur raison !
- Tu as presque tout juste. Hormis un minuscule détail. Je ne pénètre pas l’esprit de mes opposants, ce sont eux qui deviennent prisonnier du mien.
- Comment !?
- Tu as besoin d’une preuve !? La voici !
Le décor subit un morphing radical. Les deux belligérants se retrouvèrent au bord d’un lac plus conventionnel où une famille s’accordait un instant de détente. De haute lignée, ladite famille réunissait tous les clichés aristocratiques de l’époque, des perruques poudrées fermement rivées sur le crâne, des visages enfarinés au possible et surtout, une longue file de domestiques exauçant leur moindre caprice. Au milieu des enfants, très distingués, un petit garçon faisait tache d’huile. Les larmes aux yeux, il appelait une mère trop affairée à se pomponner pour lui accorder la plus petite attention.
- Cet enfant ?! C’est toi !
- En effet, répondit BRUMAIRE. Nous sommes en présence de l’un de mes tous derniers souvenirs familiaux. Pardonne-moi si les visages sont aussi flous, la mémoire perd en précision au fil des années. Ils doivent tous avoir bien vieillis à l’heure qu’il est !
- Tu ne les as jamais… revu ?
- Jamais ! Peu après ce repas dominical, je fus conduit dans un asile d’aliénés. Les médecins qui m’auscultèrent jugèrent mon état instable. Mes parents n’en furent point surpris. Cela faisait des mois qu’ils relevaient quotidiennement nombre d’anomalies dans mon comportement. Aussi mes géniteurs prirent la décision qui s’imposait et me confièrent sans regrets à ces charlatans. Bien sûr, pour se donner bonne conscience, ils les supplièrent de me traiter avec déférence. Mais à la vérité, ils étaient soulagés de se débarrasser de cette progéniture indigne qui, par sa folie, pouvait entacher leur si glorieuse réputation !
Le paysage changea encore. Désormais, les deux hommes se trouvaient dans une chambre où seule une meurtrière grillagée laissait filtrer les rares rayons du soleil.
- Voici ce qui fut ma résidence pendant huit longues années, précisa BRUMAIRE. D’un côté, je n’avais pas à me plaindre. J’étais nourri et blanchi, sans que rien ne me soit demandé en contrepartie. Et puis cela m’a permit d’aiguiser mes pouvoirs psychiques. Il fait dire qu’entre deux traitements, j’avais beaucoup de temps libre pour m’entraîner. Comme tous les adolescents, j’ai même connu ma période d’idéalisme… Je croyais bêtement que si ma folie était la cause du rejet de ma famille, peut être qu’en rendant les autres « comme moi », je serai enfin accepté. Je suis devenu excellent dans mon domaine ! J’ai fait flancher plus d’un homme s’estimant sain d’esprit !
- Pour un prétendu aliéné, tu parais très équilibré !
- En apparence seulement ! Les tréfonds de mon âme sont un abyme de démence insondable où tu vas te noyer !
Joignant le geste à la parole, BRUMAIRE lui montra une compilation d’images absurdes et effrayantes. CALAHËL résista mais il savait pertinemment qu’il ne pourrait lutter contre un tel ennemi. A moins qu’il ne le batte sur son propre terrain.
- Mais oui, pensa-t-il. C’est claire comme de l’eau de roche…

31)L’ELU

- Tes hallucinations n’auront plus prises sur moi, annonça CALAHËL. J’ai enfin percé à jour ta vraie nature !
- Voyez-vous ça ! Parle, je suis impatient de connaître ton diagnostique ! Est-ce de la démence passagère ou une aliénation chronique et incurable ?
- Ni l’un ni l’autre ! A la vérité tu n’es pas fou ! Tu ne l’as même jamais été ! Tu es juste « différent » !
- Quoi !?
Les illusions de BRUMAIRE s’estompèrent, confortant le SAINT dans sa théorie.
- L’enfant que j’ai vu ne montrait pas de symptômes de démence, renchérit-il. Sans doute était-il constamment plongé en un monde imaginaire, mais cela ne résulte aucunement d’une quelconque folie !
CALAHËL grignotait du terrain. Par effets de vase communiquant, plus BRUMAIRE reculait, plus le SAINT d’or recouvrait son aspect originel. Son avant-bras réapparut, puis ce fut au tour de son armure.
- Tes parents ont-ils jamais pris la peine de t’écouter ou de te comprendre ? Non, évidemment ! Pour eux, la bienséance se résumait en une seule ligne directive. Et quiconque s’en écarte est une gangrène honteuse, juste bonne à être éradiquer avant qu’elle ne les contamine. En définitive, tu es pareil au peuple MÜ. C’est cette dissemblance qui vous a mis au ban de cette société inquisitrice !
- La ferme !!
BRUMAIRE frappa violement la mâchoire de CALAHËL. Plus que jamais, les esprits s’échauffaient.
- Tu ne sais rien, hurla-t-il. Qui t’a permis de débattre ainsi sur ma condition ! Je sais ce que je suis !
- J’ai touché au nœud du problème ! En fin de compte, je pense que pendant des années tu as tâché de te convaincre que, comme le prétendaient tes proches, tu étais véritablement dément ! Quel grandiose paradoxe ! C’est en acceptant ce faux statut d’aliéné que tu as sauvegardé ta raison !
- Ne me pousse pas à bout ! Ici plus qu’ailleurs, ta vie ne pèse pas plus lourd qu’une plume dans l’escarcelle ! AMOK FURY !!!!
La représentation du corps de CALAHËL fut lardée de multiples traits d’énergies et projeté contre un des murs de la chambre. Un tantinet calmé, BRUMAIRE fit apparaître une bouteille d’absinthe dans sa main. Il l’examina longuement et :
- Ce n’est pas un hasard si l’absinthe est ma boisson fétiche. Je ne te surprendrai pas en t’informant que sa consommation excessive engendre la folie. A croire que j’ai plus de points communs avec cette bouteille qu’avec ma famille !
Sur cette note de cynisme, le fils de la nouvelle aube jeta la bouteille d’absinthe au visage du SAINT. Toutefois, elle s’effaça avant de l’atteindre.
- il est temps d’en terminer ! IRON MAIDEN !!!
Les murs de la chambre s’hérissèrent de pics acérés. BRUMAIRE, décidé à en découdre sérieusement, se revêtit de son armure.
- Voici ma vision de la vierge de fer, ce bel instrument qui, jadis, soigna nombre d’hérétiques et de malades mentaux. Les murs vont se rapprocher lentement. Si tu ne parviens pas à me vaincre avant qu’ils ne se soient rejoints, ton esprit sera irrémédiablement détruit !
- Le tien aussi, il me semble !
- C’est ce qui est infiniment caustique ! Je vais te rendre l’équivalent de tes pouvoirs ! Voyons qui de nous deux possède le cosmos le plus puissant !
Les deux antagonistes, sans se soucier des murs s’avançant dangereusement, firent exploser leur cosmos. Ils fondirent poing en avant l’un sur l’autre. Dos à dos, chacun prit la place de l’autre dans la chambre.
- Le cosmos m’a abandonné au moment où j’en avais le plus besoin, cracha BRUMAIRE. Quelle ironie ! C’est pourtant par sa faute que je fus… interné ! Personne ne me crut… Quand je prétendis… Ressentir cette force… Palpitait… En… Moi…
Le fils de la nouvelle aube s’écroula. CALAHËL, genou à terre, se vit déjà broyé par les murs d’acier. Mais, sans qu’il ne s’en rende compte, son esprit regagna son corps. Soulagé, il regarda aux alentours. Pas de doute possible, c’était effectivement la réalité. Devant lui BRUMAIRE, les pupilles vides, était resté debout malgré tout. CALAHËL, les yeux humides, vint à lui et murmura :
- J’espère que ton âme connaîtra enfin la paix. Si la réincarnation existe vraiment je souhaite que, dans nos vies futures, nous nous retrouvions en tant qu’amis plutôt que comme adversaire.
D’un geste sec, il lui brisa la nuque. Au dessus d’eux, le champ de force s’illumina soudain de mille couleurs aveuglantes.

Quelques instants auparavant, SHION avançait à tâtons au cœur de la tour. Tout était resté pareil à son souvenir. La table du conseil et ses fauteuils inconfortables trônaient toujours au centre de l’immense pièce circulaire. A son extrémité, un piédestal supportait encore la maquette de la seconde MÜ. Un vieil homme, barbe presque aussi longue que sa chevelure argentée, attendait. Ses iris mauves scrutaient paisiblement ladite maquette. Il pivota son corps filiforme vers SHION et clama :
- Cette miniature est l’œuvre de mon prédécesseur. En la fabriquant, il caressa l’idée que…
- … Si un jour, nous regagnions le monde extérieur, peut être inspirerait-elle les architectes primitifs et nous aiderait à nous intégrer… Compléta SHION.
- Tu n’aurais pas dû revenir. Mes injonctions étaient pourtant claires !
- Je le sais père. Mais la nécessité fait rigueur !
- Mon fils…
- Je suis heureux de vous revoir père !
- SHION ! Ta piété filiale est exemplaire ! Que d’émotions dans ces retrouvailles !
COBALT, persifleur, se téléporta à la droite du vieil homme. Satisfait de son entrée, il déclara :
- A présent que nous sommes de retour à la patrie, inutile de se voiler la face !
COBALT, cérémonieusement, retira son masque hideux. Il découvrit ainsi son visage angélique et ses prunelles couleur océan.
- Enfin, se réjouit-il. Cela fait plusieurs jours que je suis parvenu à annuler le sceau du masque. Mais je tenais absolument à l’ôter en ta présence ou en celle d’ ATHENA, le cas échéant. L’expression de ton visage récompense mille fois ma patience !
L’ ELU observa tour à tour les deux représentants de la nouvelle génération de MÜ. L’un et l’autre avaient parcouru beaucoup de chemin depuis leur toute dernière entrevue commune…
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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 10:15 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

32)RIVALITE LATENTE

La scène se déroulait trois ans plus tôt. L’ELU, en professeur aguerri, dispensait son savoir à un amphithéâtre bondé. Parmi les élèves COBALT, au premier rang, était l’attraction de la classe. Ses capacités cérébrales n’ayant d’égales que ses capacités télékinésiques, il semblait promis à un bel avenir au sein de la colonie. Quelques rangées plus loin SHION, assis aux côtés de MIRV, laissait flâner son esprit.
- COBALT est prodigieux, s’émerveilla MIRV. Même ton père peine désormais à lui dégotter des équations qu’il ne résolve pas en dix secondes ! Il paraît qu’il s’entraîne à courber la gravité ! J’ai hâte de le voir à l’œuvre !
- Grand bien lui fasse, rétorqua SHION, définitivement ailleurs.
- Chers APPENDIX, conclut l’ ELU. Le cours est terminé, vous pouvez vaquer à vos autres occupations.
Les disciples, aussitôt libérés, se téléportèrent joyeusement. COBALT, escorté de ses suiveurs, fit signe à SHION de le rejoindre. L’intéressé, étonné, s’exécuta sans entrain.
- Tu es toujours égal à toi-même, proféra l’adolescent aux cheveux de neige.
SHION haussa les épaules et dit :
- Pardon de ne pas accourir lorsque le petit prodige l’exige ! Que désires-tu de moi ?
- J’ai ouïe dire que tu avais mis au point de nouvelles techniques de combat. Assez spectaculaires, dit-on. Si tu es d’accord, j’aimerais beaucoup les confronter à mes toutes dernières créations !
- Est-ce un duel que tu me proposes ?
- Plutôt une expérimentation ! Il serait instructif pour chacun d’avoir la primeur des techniques de l’autre, ne crois-tu pas ?
- Une autre fois, si tu veux bien… Aujourd’hui, je ne suis pas d’humeur à me livrer à pareille exhibition !
- Comme il te sciera, APPENDIX… Maugréa COBALT avant de se téléporter avec tous ses lieutenants.
- Tu as eu tort de refuser, cracha MIRV sur un ton excédé qui ne lui correspondait pas. Demain, tu t’en mordras les doigts !
L’amphithéâtre se vida progressivement. Seuls l’ ELU et son fils, goûtant à ce calme providentiel, s’attardèrent un peu.
- Il m’a traité d’apprenti, s’exclama SHION. Son orgueil est incommensurable ! S’imagine-t-il déjà tenir les rênes de la colonie !?
- COBALT est depuis sa prime jeunesse considéré comme un surdoué. Il a certes de grandes facultés, mais son plus grand atout reste ce perpétuel sentiment d’émulation. Il ne supporte pas que quiconque soit meilleur que lui. Tu l’as vexé en refusant de te mesurer à lui. En combat pur et dur, tu es le seul à l’avoir supplanté. Aussi est-il en colère, car il ne saura jamais si il est devenu plus puissant que toi.
- Je suis navré d’avoir heurté sa sensibilité ! Mais je n’ai pas de temps à perdre en gageure futile !
- Mon fils, tu me parais bien las ! Est-ce l’approche de ma destitution qui t’assombrit ainsi l’âme ?
- Père, vous n’avez pas encore perdu !
- La colonie aime et admire COBALT. De plus, il est suffisamment mâture pour faire un bon ELU. Aussi serai-je heureux qu’il me remplace si telle est la volonté des nôtres. Bien sûr, ma fibre paternelle regrette que ce ne soit pas toi qui brigues ce mandat !
- Père… S’il vous plaît !
- Excuses-moi ! Je ne veux pas me quereller avec toi. Je suis et je serai toujours fier de toi. Quelle que soit la voie que tu emprunteras !

L’ ELU n’était pas le seul à se replonger ainsi dans le passé. COBALT, pour sa part, revivait avec effroi son odieuse défaite sur l’île de la reine morte. Le point culminant de sa déchéance fut quand cette gamine d’ ATHENA lui fixa ce maudit masque sur le visage. Pendant trois ans, il eut l’impression de n’être qu’un animal marqué au fer rouge, condamné à rester éternellement enchaîné. S’extirpant de ce souvenir humiliant, il déclara :
- Il est émouvant que le dernier acte de cette tragédie se joue en notre terre natale. J’en frémis d’impatience !
- Si c’est bel et bien l’acte final, je pense que l’heure des révélations est arrivée, proclama le SAINT du BELIER. Père, que signifie ceci ?
- Mon fils… je suis sincèrement désolé ! Je n’ai agi que pour le bien de la colonie…
Association d’idée, SHION se rappela la légende de l’exode du peuple MÜ. Les origines des MÜ étaient teintées de mystère. Nul ne savait comment ces êtres, télékinésistes par naissance, étaient apparus sur la surface de cette planète. Sans doute provenaient-ils d’une certaine branche de l’humanité ayant évoluée vers une semi perfection. Résolument pacifistes, ces demi-dieux en puissance furent persécutés par les humains, jaloux et terrifiés par leur invraisemblable pouvoir. Les MÜ, fuyant cette haine imméritée, s’installèrent sur une île grande comme une continent, la MÜ originelle.
Leur société, basée sur l’alchimie, prit très vite un essor considérable. Les MÜ développèrent un art et une culture fascinante. Ils érigèrent, sans le savoir, la toute première mégapole de l’humanité. Alliés avec ATHENA, ils forgèrent pour ses protecteurs les 88 armures, appelées à devenir légendaires. Ce fut lors de la guerre SAINTE contre POSEIDON que se produisit « la grande catastrophe ». Sans le moindre signe avant coureurs, l’île continent fut engloutie par un raz-de-marée titanesque. Les deux tiers de la population périrent noyés ou terrassés par les épidémies résultant de la catastrophe.
Les survivants interprétèrent ce cataclysme comme une punition divine châtiant leur orgueil. Fatigués des hommes et des divinités, ils se retirèrent à JAMIEL, une contrée isolée située à la frontière des Indes et de la Chine sauvage. Pour les guider à travers leur exode, ils se choisirent un meneur qu’ils baptisèrent L’ ELU…

33)CHAOS

- Que désires-tu savoir, recommença COBALT. Pourquoi ton père m’a-t-il permis de m’introduire à la colonie et aider dans mes travaux, je suppose ? C’est pourtant enfantin, je lui ai fait l’offre la plus alléchante qui soit pour un MÜ…
- La paix inconditionnelle avec la race humaine, poursuivit l’ ELU. Que notre peuple n’ait plus à vivre cloisonné en cette cité minuscule !
- Les fils de la nouvelle aube, après m’avoir libéré de ma pénitence, m’ont offert plus que je ne désirais. Pour paiement de ma contribution, ils garantissent une protection absolue et sans contrepartie à tout citoyen de la seconde MÜ. Ils veulent bâtir un monde différent, comprends-tu ? Un monde de liberté, sans préjugés ethniques et surtout, sans divinité despotique pour nous oppresser !
- MÜ et primitifs unis sous la même bannière, imagina le SAINT. Tes généreux mécènes ont les idées larges !
- SHION, ATHENA et le POPE t’abusent ! Tu ne gagneras rien en restant de ce coté de la barrière ! Pour la toute dernière fois, rejoins-nous !
- Ma vie est désormais liée à celle d’ ATHENA ! Je mourrai pour elle !
- Je voulais éviter à ton père t’assister à ton agonie, cria COBALT en s’équipant d’une époustouflante armure irisée. Mais tu ne me laisses pas d’autres alternatives !
- Tu t’animes enfin ! STARDUST REVOLUTION !!!
Les météorites de SHION se figèrent sur place. Selon la volonté de COBALT, ils s’agglomèrent en une énorme boule d’énergie qu’il appela à lui.
- Je te suis supérieur, dit-il. GRAVITATION TRAP !!!!
Le SAINT d’or fut renfermé dans le piège gravitationnel où, aussitôt, une pression inhumaine tirailla son être. L’ ELU, horrifié, apostropha COBALT :
- Ceci n’était pas convenu ! SHION devait rester en vie !
- Et il le demeurera, rétorqua le surdoué. La pression le convertira bien vite à notre cause, soyez-en assuré !
SHION avait conscience que COBALT s’attendait à ce qu’il le supplie de l’épargner. Malheureusement pour lui, le SAINT avait bien l’intention de lui causait la plus belle frustration de sa vie. Celle de ne pas avoir réussi à faire plier son rival de toujours, le seul homme qui ne voyait en lui qu’un enfant gâté et un pédant égocentrique.
- Ca suffit, s’époumona l’ ELU. Relâches-le ! Je le connais, jamais il ne cédera !
- C’est donc qu’il souhaite mettre fin à ses jours. La chair de votre chair vous fait honneur. Nul homme n’est plus courageux que celui qui choisit sa mort ! SHION, soit exaucé !
- Arrête !!!!
SHION, sans savoir ni pourquoi ni comment, se matérialisa hors du GRAVITATION TRAP. Le spectacle qui s’offrit à lui, lorsqu’il ouvrit les paupières, fut le plus éprouvant de sa jeune existence. Son père s’était substitué à lui et, prit au piège par la pression, voyait son corps se disloquait irrémédiablement. COBALT, pas encore tout à fait insensible, téléporta hors de sa vue ce qui n’était plus qu’une masse de chairs sanguinolentes. Le SAINT du BELIER, bouleversé, ne versa pas une larme. Il venait de découvrir que les douleurs les plus cruelles étaient muettes.
- C’était un homme juste, se permit son adversaire. Crois-le ou non, mais je suis peiné par…
SHION avait repris le contrôle de la sphère d’énergie que COBALT laissait graviter autour de sa personne. Elle tenta de creuser une large cavité jusqu’à son cœur, mais implosa lamentablement.
- Je vais te tuer, vociféra le SAINT d’une voix psychotique.
- La vengeance est l’apanage des humains ! Une telle aberration n’est pas digne d’un MÜ ! En parlant de vengeance, la sublimissime SUN-YA paraît avoir accompli la sienne !
Corroborant les dires de COBALT, une aurore boréale illumina la pièce. Elle fut suivie d’une violente secousse qui ébranla la structure de la tour.
- Quand je songe au temps qu’il m’a fallu pour lui confectionner une armure potable… tout cela pour qu’elle s’autodétruise avec elle à la première occasion ! Quel gâchis !
Le SAINT d’or, animé par la fureur, galvanisa son cosmos et dit :
- La mort sera infiniment plus douce que le traitement de faveur que je vais t’administrer ! STARLIGHT EXTINCTION !!!!
La colonne de lumière foudroya littéralement son opposant. Graduellement, elle diminua et finit par disparaître. Il n’y avait plus trace du mielleux COBALT, mais SHION ne relâcha pas sa garde pour autant.
- APPENDIX, je suis subjugué ! Quelle technique fulgurante !
Plus obséquieux que jamais, l’homme aux cheveux de neige se dressa de nouveau devant le futur grand POPE.
- Cela aurait pu fonctionner, avoua-t-il. Si toutefois je n’avais pas porté cette armure mirifique et eut quelques notions de téléportation…
SHION, lui aussi, était assez bien noté en ce domaine. Pour le prouver, il se matérialisa devant son semblable et le frappa à la tempe d’une manchette rageuse.
- Ta réaction est des plus primitives, critiqua COBALT. C’est une dégénérescence honteuse pour un MÜ de ton acabit !
- Prépares-toi à périr, relança le SAINT. STARLIGHT EXTINCTION !!!
- Tes menaces commencent à me fatiguer ! PARTICULE RAIN !!!!
Les deux techniques s’entrechoquèrent. Celle de COBALT, diffusant un opaque rayon blanchâtre, eut tôt fait de prendre l’avantage. Elle repoussa, centimètre par centimètre, le pouvoir de SHION et l’irradia violement.
- Tu es fini, triompha COBALT. Le verdict est sans appel ! Je suis, comme je viens de le démontrer, le plus grand prodige que la race MÜ n’ait jamais engendré !
SHION, en piteux état, éclata d’un rire sardonique qui désarma son orgueilleux adversaire.
- Pourquoi ris-tu ? Ta raison aurait-elle soudain lâcher prise !?
- Tu n’es qu’un minable ! Tu l’as toujours été et le resteras à jamais ! Tu te définis comme un génie, mais tu n’es qu’un parasite et un opportuniste éhonté !
- Comment oses-tu !? La vision des armures forgées par mes mains devrait, à elle seule, t’intimer le silence ! Apprends que, contrairement à vos armures dépassées, chacun de mes prototypes est naît du sang de son porteur. Ceci afin d’optimiser au mieux ses qualités et faiblesses ! Aucun de nos aïeux n’avait effleuré une aussi complète perfection !!
- Tes créations ne sont que des copies sans âme des véritables armures sacrées ! Quelles que soient tes ambitions, jamais tu n’égaleras la maestria du créateur de l’armure du PHENIX !
SHION venait d’effleurer la corde sensible. COBALT, très primitivement, frappa son opposant, encore au sol, d’une talonnade emportée.
- Vermine, explosa-t-il. Je vais te briser les os un à un ! Je suis COBALT et mon armure est celle du KOBOLD, l’esprit chargé de protéger les infinies richesses de la terre nourricière ! Dorénavant, je prends le titre de nouvel ELU, gardien du savoir et des pouvoirs du peuple MÜ ! Mon nom rayonnera au firmament pour des millénaires ! Le tien disparaîtra dans les oubliettes de l’histoire, sois en certain ! Adieu, homme sans valeur !!
Bras armé, le MÜ s’apprêta à déverser toute sa fureur sur SHION. Cependant, il faillit se faire embrocher par une lance d’or, pareil au célébrissime trident de POSEIDON. CALAHËL et DOHKO, s’essayant au lancer du javelot, arrivaient à la rescousse.
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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 10:18 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

34)LOIN DE CETTE TERRE DE LARMES

Dans le temple des POISSONS NIEMAND, une fois n’est pas coutume, broyait du noir. Plutôt que de se retrouver assigner à la garde du sanctuaire, il aurait cent fois préféré partir avec CALAHËL et ses autres frères d’armes. Morose, ses pensées convergeaient vers GANYMEDE dont, en dépit de la distance, il avait perçut le cosmos vacillant.
- Tu ne peux pas mourir, dit-il à voix basse. Pas avant d’avoir effacer l’ardoise que tu me dois.
Le SAINT, n’en pouvant plus, décida de partir inspecter les autres temples pour se changer les idées. Car si il était contraint de demeurer au domaine sacré, aucune close ne lui imposait de rester impérativement en sa demeure. Sans se hâter, il se dirigea vers la maison du VERSEAU. Rien à signaler de ce côté-là. Ledit temple était aussi désert que ne l’était autrefois le pont de l’ALCYON., son navire. Cette comparaison lui donna matière à nouvelle réflexion. En cheminant vers le temple du CAPRICORNE, il se remémora sa première véritable rencontre avec ATHENA et sa suite. Il se souvint parfaitement de la requête de la déesse, du duel épique qui s’en suivit et finalement de leur mémorable périple jusqu’à l’île de la reine morte et…
- Un jour, il faudra que je chaparde les mémoires de CALAHËL, songea-t-il. Ca devrait valoir le coup d’œil !
Le SAINT du SAGITTAIRE avait, en effet, pour habitude de consigner les moindres faits et gestes du sanctuaire dans ce qu’il appelait des mémoires. Véritables chroniques, elles regroupaient également les fiches signalétiques et l’historique de toute personne ayant rapport, de prés ou de loin, avec le domaine sacré. Il croyait dur comme fer que ces écrits maladroits seraient utiles aux générations de SAINT des temps prochains.
NIEMAND, qui au cours de ses trop nombreuses années en mer n’avait pas tenu le moindre journal de bord, trouvait ce concept étrange mais finalement plaisant. Il s’imaginait déjà « croqué » comme un vieux loup de mer indiscipliné et arrogant.
Son histoire serait probablement contée aux apprentis SAINTS avec l’appréciation d’exemple à ne surtout pas suivre. Cette perspective enjoua NIEMAND. Il savait bien que, dans tout récit, le héros sans peur et sans reproches n’avait que rarement les faveurs de l’auditoire. Lequel reportait son affection sur son faire-valoir, l’anti-héros bouffi de défauts.
Sans s’en apercevoir le SAINT, perdu dans ses extrapolations, atteignit la maison du CAPRICORNE. Sachant bien qu’il ne dérangerait pas son gardien, il entra sans s’annoncer. Mais à l’intérieur des bruits de pas feutrés l’obligèrent à faire fonctionner sa mémoire auditive.
- REBECCA, s’exclama-t-il. Te rencontrer est toujours pour moi un réel délice !
La belle jeune fille, habillée d’une robe de popeline rouge mettant en valeur sa longue chevelure brune, battait le pavé. Sa mine soucieuse freina les ardeurs du SAINT.
- Que s’est-il passé ? Demanda-t-il, inquiet à son tour.
- ISILD est reparti pour ASGARD ! Je suis allé prendre de ses nouvelles et… j’ai trouvé ceci !
Tremblante, REBECCA lui tendit un feuillet chiffonné. NIEMAND le parcourut rapidement et déclara :
- Il fallait s’y attendre. Cet endroit est gorgé de trop de souvenirs…
- Elle s’est enfuie comme une voleuse, critiqua la cousine de CALAHËL. Pourquoi ?
- C’était probablement la meilleure solution. ISILD savait que LAWRENCE n’approuverait pas qu’elle déverse toute son amertume sur ATHENA. Elle aura alors agi en conséquence.
- Mais… Que faire ?
- Transmettre ce message au POPE. Notre patriarche saura quelle conduite adopter. Etant donné ses origines préhistoriques, il a sûrement déjà connu une situation analogue !
- Tu n’es pas tellement plus jeune pour te moquer ainsi de lui !
- Sale gamine effrontée, s’énerva faussement le SAINT des POISSONS. Tu mériterais une bonne fessée !
- Une autre fois ! J’ai un pli urgent à apporter !
REBECCA fila. Alors qu’elle sortait du temple, un geyser d’énergie la percuta brutalement. Evanouie, elle retomba dans les bras d’un NIEMAND déboussolé.
- NIEMAND mon ami ! A trop te pavaner devant ces dames, tu relâches ta garde ! A l’avenir, surveilles tes arrières !
- Toi !?

Après cet intermède, retournons à la seconde MÜ où COBALT redécouvrait le principe de la loi des séries.
- Les SAINTS d’or, constata-t-il. Synonyme de mort et de chaos pour mon peuple ! SAINTS d’or, vous ne contrecarrerez jamais plus mes projets !
- Alors ?
- Je ne suis pas médecin, clama CALAHËL en examina SHION, tombé dans les vapes. Mais je crois qu’il devrait survivre. Les MÜ sont solides, crois-moi. Et, malgré les apparences, ils sont charitables. Si nous le conduisons auprès des siens, ils le remettront d’aplomb en un rien de temps !
- C’est déjà ça, répondit DOHKO. Emportes-le, je vais river le clou de cette parodie de guerrier !
- Je pense que nous devrions inverser les rôles ! J’ai beaucoup moins souffert que toi de mon combat précédent ! Avec tout le sang que tu as perdu, tu n’abreuverais même pas la soif d’une chauve-souris !
- Hors de question, je peux encore me battre !
- Nous avons déjà perdu LAWRENCE et sommes sans nouvelles de GANYMEDE ! Je n’ai pas envie de voir encore s’allonger cette liste funeste ! Je t’en conjure, conduis SHION en sûreté !
- D’accord ! Mais tu me reverras bientôt !
DOHKO souleva SHION et le chargea précautionneusement sur ses épaules. Ensuite, il s’échappa de la tour de la même façon qu’il y était entré, par une des fenêtres de la façade sud.
- SAINT d’or, répéta COBALT. Pourquoi te mesurer à moi ? Sauve-toi et profite du peu de temps qu’il te reste à vivre ! Les fils de la nouvelle aube projettent, de toute façon, de vous éradiquer jusqu’au dernier !
- Tu ne m’impressionnes pas ! Autrefois, nous t’avons déjà vaincu !
- C’est exact ! Mais ni ATHENA ni votre satané phénomène de foire ne sont là pour me tenir en respect ! Crois-tu sincèrement que, seul, tu parviendras à me terrasser ?
- L’avenir nous le dira ! DESTINY WING !!!!
Le rayon luminescent atteignit sans peine COBALT qui, mains ouvertes, le bloqua. Tel le roseau de la fable, il fléchit mais ne brisa pas. CALAHËL, économisant son cosmos, préféra interrompre l’offensive.
- Tu es plus puissant que je ne l’avais estimé au premier abord, admira le guerrier du KOBOLD, les paumes brûlantes.
- Est-ce un compliment, répliqua CALAHËL en démêlant par manie sa chevelure accessoirisée.
- Non, une constatation ! La manière dont tes ailes officient comme catalyseur est par ailleurs très ingénieuse. Mais, bel oiseau doré, si j’atrophie tes ailes seras-tu toujours capable de voler ? GRAVITATION TRAP !!!!
La pression paralysa le SAINT d’or. Néanmoins, informé de ses effets par SHION, il se saisit aussitôt de l’arc et de la flèche accrochés dans son dos. Malgré la gravité incommodante, il parvint à bander son arme. Il ajusta un tir si précis qui, si il ne s’était pas téléporté au bon moment, aurait atteint COBALT entre les deux yeux. Mais il fut déconcentré et permit au SAINT de se libérer du GRAVITATION TRAP.
- Vent de justice, conduis-moi jusqu’au summum du pouvoir ! JUDGEMENT ARROW !!!
CALAHËL s’immobilisa dans les airs et mitrailla son adversaire d’une myriade de traits sulfureux. Le MÜ, esquivant plus ou moins bien les projectiles, céda alors à l’énervement. Il se téléporta derrière le SAINT du SAGITTAIRE et lui susurra au creux de l’oreille :
- Il est rare que je m’agace. Mais lorsque cela se produit, je deviens cruel. GRAVITY DISTORSION !!!!
Selon le principe du gyroscope, CALAHËL se mit à tournoyer autour d’un COBALT en apesanteur. Son orbite s’agrandit et il finit par heurter sol et plafond dans sa course.
- Après la gravitation universelle, voici une deuxième loi de la physique : la force centrifuge !
La vitesse de rotation s’accéléra. CALAHËL, terriblement compressé, entendit ses articulations craquer.
- Ce n’est pas un bon jour… Songea-t-il.

35)CECI EST MON COMBAT…

A peu près au même instant DOHKO, ambulancier de fortune, transportait le pauvre SHION. Il retourna à la base du champ de force où les habitants de la cité, éberlués, patientaient toujours afin de regagner leurs pénates. Le SAINT déposa le blessé à terre et fit signe aux MÜ de reculer. ZEND se remémora la façon dont ce primitif avait précédemment ouvert une brèche et leur ordonna de s’écarter. Seul le groupe de gamins, fasciné par ce fantastique soldat, rechigna avant de s’exécuter. DOHKO leur adressa un clin d’œil et se saisit de ses tonfas.
- Que… Que c’est-il passé, demanda SHION, hébété.
- Tu as piqué un somme !
- COBALT !? Où est-il ?
- Au prise avec CALAHËL ! Mais ne t’inquiètes pas pour lui ! Dés que je t’aurai rendu aux tiens, je foncerai lui prêter main forte !
- COBALT a tué mon père ! Nos destins sont désormais liés par le sang ! Nul autre…
- Ne gaspilles pas ta salive, trancha le SAINT de la BALANCE, rengainant ses armes. J’ai compris ! Penses-tu pouvoir nous téléporter dans la tour ?
- Evidemment. Mais… qu’est-il advenu de GANYMEDE ?
- Volatilisé ! Toutefois, je doute que cette explosion l’ait vraiment anéanti ! Allons-y !
Ceux qui, sans le savoir, deviendront les seuls survivants de cette ère de chaos disparurent. Leur subite réapparition dérangea COBALT. Il suspendit son attaque et, tout sourire, proclama :
- Te revoilà SHION ! Cette cure forcée de sommeil t’a-t-elle apaisé l’esprit ?
- J’en ai assez de tes airs supérieurs ! En te choyant à l’excès, les nôtres t’ont rendus arrogant !
- C’est vraiment le grand amour entre eux, remarqua DOHKO, venu épaulé un CALAHËL relégué au rang de figurant.
- La mort de son père n’a servi qu’à attiser leur rivalité sous-jacente ! C’est par cette même rivalité que tout à débuter et par elle que tout s’achèvera !

DOHKO repensa au briefing que les SAINTS du VERSEAU et du SAGITTAIRE lui firent en chemin. Ils lui narrèrent toute l’histoire du peuple MÜ, de la chasse aux sorcières dont ils furent victimes, en passant par l’inexplicable destruction de leur empire et enfin leur fuite à JAMIEL. Ils épluchèrent aussi le « casier judiciaire » de COBALT.
Défiant l’autorité de ses pairs, ce jeune MÜ surdoué quitta la colonie à la tête d’un groupe d’apprentis. Ce personnage ambigu souhaitait retrouver l’île de la reine morte, ultime vestige de leur mythique terre originelle. Ce lieu maudit renfermerait également l’armure du PHENIX. Cette armure indestructible aurait, dit-on, un lien direct avec la submersion de l’île continent.
SHION, contre l’avis de l’ ELU son père, partit à la poursuite de COBALT. Ne connaissant pas la localisation de l’île, il vint quérir l’assistance d’ ATHENA, au nom d’une antique alliance entre le domaine sacré et ses illustres aïeux. Sans plus écouter ses arguments, la déesse de la guerre s’engagea à aider le jeune homme. Escortée de plusieurs SAINTS d’or elle partit, elle aussi, à la recherche de cette île oubliée. Après moult péripéties, ils rencontrèrent NIEMAND, pirate légendaire ayant sillonné toutes les mers du globe.
- Qui est une calamité cent fois plus terrible que tous les maléfices cumulés de l’île, ne manqua pas d’ajouter CALAHËL.
A bord de l’ALCYON, ce groupe hétéroclite finit par longer les côtes de l’île volcanique où, bien entendu, elle débusqua COBALT et ses partisans. Après une lutte acharnée COBALT, dont les véritables intentions restent encore à ce jour obscures, fut vaincu. ATHENA le condamna, pour racheter le meurtre du gardien (une entité millénaire devant veiller sur les armures noirs et les infinies secret de l’île) à s’acquitter de ses fonctions. Symbole de sa pénitence, elle lui scella le fameux masque satanique sur le visage.
GANYMEDE ajouta que, tout comme lui, SHION ne put rentrer auprès des siens. Subjugué par ATHENA, il choisit de se mettre à son service. Ce qui lui permettait aussi de garder un œil sur COBALT, qu’il estimait encore dangereux. L’ ELU, informé de sa décision, lui interdit de remettre les pieds en la colonie, aussi longtemps que durerait son assujettissement au sanctuaire. La suite, DOHKO la devina seul. COBALT s’échappa et se joignit aux fils de la nouvelle aube.
- Un aspect de leur relation m’échappe, déclara l’ermite de ROZAN en aidant CALAHËL à se mettre à couvert. J’ai l’impression qu’ils n’ont pas encore livré tous leurs secrets !
- C’est probablement en rapport avec l’île de la reine morte, proposa le cousin de REBECCA, mal à l’aise. Même après avoir foulé son sol brûlant, je ne comprends toujours pas ce qui peut provoquer autant d’intérêt pour ce bout de rocaille…
Les deux MÜ, étonnamment calmes étant donné les circonstances, allaient jouter jusqu’à la mort.
- SHION ! La déesse de la chance ne te sourira plus ! Tu ne résisteras pas une troisième fois à ma technique, je te le jure ! GRAVITATION TRAP !!!
Le SAINT du BELIER, de nouveau submergé par l’invraisemblable gravité, garda son calme et aboya :
- J’ai enfin découvert le moyen de contrer tes pouvoirs ! Yah !!
Le fils de l’ ELU se concentra et fit retomber la pression l’oppressant. Puis, rapidement, il déclencha son STARDUST REVOLUTION. COBALT, surpris, fut projeté et faillit même pulvériser la maquette de la cité.
- Comment réussis-tu à…
- Les gravitrons ! Voilà quelle est la source de ta puissance !
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MessagePosté le: Mer 16 Jan - 10:22 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

36)MELCHIOR

- Les gravitrons, paraphrasèrent DOHKO et CALAHËL.
- Tes amis ne semblent pas au fait de cette théorie fumeuse ! Les gravitrons n’existent pas, tu le sais aussi bien que moi !
- Implicitement, tu viens de me donner la preuve de leur existence ! MELCHIOR avait donc vu juste, c’est proprement incroyable !
Les SAINTS de la BALANCE et du SAGITTAIRE échangèrent des regards d’incompréhension. Pour les éclairer, SHION se lança dans une explication succincte.
- MELCHIOR était un alchimiste MÜ des temps anciens. Mais il était surtout l’esprit le plus brillant que notre peuple n’ait jamais connu et, accessoirement, l’ancêtre de COBALT.
- Plus que mon ancêtre, c’est avant tout mon mentor, précisa celui-ci. MELCHIOR fut un génie sans commune pareille, capable de rivaliser avec HEPHAISTOS, le dieu forgeron ! Sans contestes, le meilleur exemple de son talent est l’armure du PHENIX ! A laquelle il octroya une faculté de régénération inégalée, que même vos armures d’or ne peuvent se vanter de posséder !
- Pour en revenir aux gravitrons, l’interrompit SHION. Il s’agit d’une extrapolation de ce même MELCHIOR. Ce n’est pas un secret, les MÜ ont constamment eu une considérable avance technologique sur la race humaine. La théorie de la gravité, qui paraît si novatrice au commun des mortels, est depuis des siècles énoncée par nos scientifiques. MELCHIOR, se basant sur cette théorie, émit une hypothèse qui, à l’époque, parut farfelue. Il prétendait que cette force d’attraction découlerait de particules microscopiques, les gravitrons. Ces particules, infiniment plus petites que les atomes et donc absolument indétectables, seraient omniprésentes dans l’univers et assureraient ainsi son équilibre. Car, en y réfléchissant, l’espace n’est grossièrement qu’un gigantesque « vide ». Comment expliquer alors que des galaxies entières aient pu se former sans le concours d’une puissante force attractrice…
- Les gravitrons, toujours d’après l’hypothèse de mon aïeul, agiraient également sur de multiples plans dimensionnels et seraient la seule et unique clé de voûte de l’univers !
- Tu comprends quelque chose à ce charabia, demanda CALAHËL à DOHKO.
- Je pense, répondit-il. En résumé, les gravitrons seraient des particules qui, en atteignant la matière, lui confèrent un pouvoir d’attraction proportionnelle à sa masse.
- C’est à peu prés cela, reprit SHION. COBALT, par je ne sais quel prodige, est parvenu à maîtriser les gravitrons. Son GRAVITATION TRAP n’est qu’une augmentation localisée de la gravité terrestre par adjonction de ces particules.
- Et si tu as pu t’en défaire, c’est en t’entourant d’une bulle de vide totale où mes gravitrons n’avaient pas prise, réalisa COBALT.
- Exact ! J’ai percé ton secret, ton attaque sera désormais inopérante !
- Peut être, mais j’ai d’autres atouts dans ma manche ! PARTICULE RAIN !!!
SHION, heurté par le rayon de son opposant, mit genou à terre.
- Voici ce que je nommerais un accélérateur de particule ! Tu vas être bombardé de gravitrons jusqu’à ce que ton corps implose !
- Cela m’étonnerait ! COLERE DU DRAGON !!!
DOHKO, fatigué par son immobilisme, frappa COBALT d’un uppercut vigoureux.
- Tu es donc l’homme qui cause tant de tourment à mes mécènes, déclara le MÜ en se redressant. Je vais leur retirer cette fâcheuse épine du pied !
- Je t’attends, le provoqua le SAINT de la BALANCE.
Subitement, SHION posa la main sur l’épaule de son semblable et lui dit :
- J’ai ouvert ce combat et je le clôturerai ! Je te prie de rester en dehors de ce duel !
DOHKO se résigna et regagna le banc de touche. Visiblement, SHION savait ce qu’il faisait.
- Tes frères d’armes m’insupportent ! Dés que j’en aurai fini avec toi, sois certain qu’ils souffriront milles morts !
- J’en doute ! STARLIGHT EXTINCTION !!!
- Tu te débats inutilement, quand le comprendra-tu… Mais… !?
Par dépit, COBALT s’était laissé submerger par l’attaque. Malheureusement, il découvrit trop tard l’erreur fatale qu’il avait commise. Sa pimpante armure, fruit de nombreuses heures de labeur, se craquela et vola en éclat.
- Je n’ai jamais attaqué à l’aveuglette, cria le SAINT du BELIER. Tous les coups que je t’ai porté ne visaient qu’à fragiliser ton armure ! Je te l’ai déjà dit, elle n’est qu’une copie imparfaite de l’armure du PHENIX. Et elle n’arrive pas à la cheville de mon armure d’or, qui fut nourrie par le sang et le cosmos de tous ceux qui l’ont porté avant moi ! Tu n’es qu’un ersatz raté de ton ancêtre !
- Tais-toi ! PARTICULE RAIN !!!!
SHION, impérial, stoppa le rayon d’une main, achevant de semer le doute dans l’esprit de son rival.
- C’est irrationnel ! Tu ne peux me surpasser ! PARTICULE RAIN !!!
COBALT réitéra son attaque mais le SAINT la bloqua derechef, tout comme les suivantes.
- Je dois rêver… Tu… Tu parviens toi aussi à maîtriser les gravitrons !!
- Je ne les contrôle pas ! Aveuglé par ta vanité, tu ne t’es pas rendu compte que ton cosmos vacillait et ne te permettait plus de les rendre dangereux !
- Comment !?
L’homme à la chevelure de neige observa ses mains qui, sans raison, tremblotaient.
- Il faut te rendre à l’évidence, poursuivit le SAINT d’or. Tu as atteint les limites de ton pouvoir ! Que croyais-tu ? Il était évident que maintenir ton champ de force, tout en nous affrontant tour à tour, épuiserait irrémédiablement ton si puissant cosmos ! Tu as présumé de tes forces ! Ta fatuité sera responsable de ta perte !
CALAHËL déchiffra le cosmos de COBALT. Il le trouva effectivement très affaibli. Le champ de force devait lui réclamer à chaque seconde une énergie considérable.
- Triste constat ! Ton armure est en miettes et tu es aussi inoffensif qu’un nouveau né ! Je devrais avoir pitié de toi, mais je ne puis te pardonner le meurtre de mon père, aussi… STARDUST REVOLUTION !!!!
- Imbécile ! Je vais te démonter que je possède encore des ressources ! GRAVITY DISTORTION !!!
La poussière d’étoile se mit à graviter autour du surdoué, bien décidé à les utiliser en guise de projectiles. Cependant le SAINT d’or, vif comme l’éclair, enchaîna avec :
- CRYSTAL NET !!!! STARLIGHT EXTINCTION !!!
La toile d’araignée translucide emprisonna COBALT. Avant qu’il ne s’éclipse, il fut frappé par l’inflexible technique de SHION. Elle se combina aux sphères virevoltantes du STARDUST REVOLUTION et… éradiqua pour de bon l’orgueilleux MÜ. Le SAINT DU BELIER, totalement épuisé, s’écroula. DOHKO se jeta à son chevet et le releva doucement.
- Je vais bien… J’ai seulement besoin de rependre mon souffle… COBALT est-il… ?
CALAHËL voulut rassurer son congénère mais ne le fit pas. A quelques pas de nos trois compères COBALT, tenue impeccable, patientait sereinement. DOHKO, incrédule, s’approcha prudemment et le traversa comme si il n’était qu’un fantôme.

37)SOURICIERE

- Ce n’est qu’une illusion, assura le SAINT de la BALANCE. C’est probablement un enregistrement holographique, programmé pour se déclencher à sa mort !
DOHKO, plus encore que ses compagnons, s’étonna de son phrasé étrange. La représentation de COBALT se mit à parler, lui volant la vedette.
- SHION ! Si tu visionnes ce message c’est que, malheureusement pour moi, je suis passé de vie à trépas. Ce pseudo testament devrait te réjouir. Il est la preuve que j’envisage toute éventualité même celle, hautement improbable, où tu parviendrais à me vaincre.
- Même ainsi il reste antipathique, clama CALAHËL, les stigmates de son duel bien en mémoire.
- Je dois reconnaître que tu es extrêmement puissant, poursuivit l’hologramme d’une voix monocorde. Tu l’as toujours été. Ce qui, couplé à ton mépris, m’a poussé à développer un curieux sentiment de haine à ton égard.
SHION put aisément appréhender ces aveux. Lui aussi, devant les sempiternels louanges que le peuple MÜ accordait à COBALT, avait tacitement ourdi des pensées identiques.
- Piètres MÜ que nous sommes, songea-t-il.
- Il m’est difficile d’avouer que j’ai pu envier l’un de mes semblables, moi le petit prodige encensé par tous. Je souhaiterais avoir la carrure et la grandeur d’âme de MELCHIOR, mon glorieux aïeul. Car il n’aurait certainement pas organisé un traquenard aussi perfide en cas de défaite…
Cette phrase pénétra le cerveau des SAINTS d’or telle une lame brûlante. Ils se dévisagèrent, perplexes.
- Je ne sais si tu l’auras compris, mais je ne maîtrise pas la gravité mais les gravitrons, ces particules fantômes dont mon ancêtre avait autrefois perçu l’existence. Leur mystère disparaîtra à jamais car tu vas, toi aussi, emporté leur secret dans la tombe. Regarde !
Véritable mise en abyme, la maquette de la seconde MÜ se forma chimériquement entre les mains du COBALT onirique.
- J’ai ressenti ton cosmos s’approchant de notre patrie, continua-t-il. Un tel manque de discrétion m’a aussitôt mis la puce à l’oreille. Je crois deviner ton plan. Tu escomptes que tous les habitants de la cité viendront, toute affaire cessante, revoir le fils prodigue de leur bien-aimé ELU. Ce qui te laissera le champ libre pour rejoindre ton père, même pour quelques infimes secondes. Sois rassuré, je vais t’assister dans cette périlleuse entreprise. Je compte créer une sphère protectrice qui empêchera les membres du conseil de gâcher cette touchante réunion familiale.
Sur la maquette, le COBALT illusoire traça un cercle délimitant précisément le champ de force.
- Inutile de me remercier ! Car cette sphère a également quelques légers effets secondaires. Comme une démonstration vaut mieux qu’un long discours, observe ceci :
Sur la maquette, une sphère se dessina. Une faible étincelle se forma en son cœur et attira à elle toute matière emprisonnée à l’intérieur. SHION tourna les yeux vers la véritable maquette qui, justement, était entamé de la portion entourant la tour de l’ ELU.
- Voilà ce que je nommerais humblement un piège parfait. Apprend que j’ai placé un noyau gravitationnel au centre de ma sphère protectrice qui, si je meurs, va automatiquement se mettre en branle. A la manière d’un trou noir, il va générer une gravité si intense qu’il attirera à lui les plus infimes particules environnantes. Rassures-toi, cette attraction restera cantonnée à la sphère. Il n’y aura aucun risque pour les nôtres. Reconnais que, en dépit de cette ultime manœuvre de mauvais perdant, je suis parvenu à prouver que j’étais le meilleur. Rendez-vous dans l’autre monde !
L’image s’estompa. Aussitôt, le mécanisme du piége s’actionna. Comme un château de carte, la tour se démembra partie après partie. L’attraction était terrifiante. Les SAINTS, fermement cramponnés à ce qu’il restait de la tour, essayaient vainement de trouver une parade. Inexorablement, toute cette partie de la cité se disloquait. SHION, à bout de forces, cessa de lutter et se laissa entraîner. Il était déjà hors de portée pour DOHKO, qui s’époumona :
- SHION, Téléportes-toi !!!
- Adieu mes amis, pensa l’interressé. Puissez-vous me pardonner de vous avoir conduit à l’échafaud…
Le SAINT du BELIER s’arrêta. Un mystérieux sauveur lui avait agrippé le bras et le ramenait péniblement vers la tour.
- GANYMEDE, s’écrièrent à l’unisson les SAINTS.
Le SAINT du VERSEAU, bien amoché mais toujours entier, faisait son triomphale retour. DOHKO sortit un de ses nunchakus et lui envoya un battant. D’un coup sec, il ramena les deux hommes à une position sensiblement moins précaire.
- GANYMEDE, proclama CALAHËL. Content de te savoir en vie !
- J’ai la tête dure ! Même si elle est désormais bien cabossée, je survivrai !
- Nous devons trouver une solution, leur rappela DOHKO. Toutes les constructions partent à vau-l’eau ! Nous…
La tour se déplaça. Les fondations de cette partie de la cité, soumise à cette gravité surhumaine, avaient aussi abandonnées la lutte.
- SHION, cria le SAINT du SAGITTAIRE. Prends ma main ! Tu vas puiser en moi les dernières bribes de cosmos !
- Pardon ?!
- Toi seul peux nous tirer de ce mauvais pas ! Tu dois nous téléporter aux limites de cette sphère et, avec ton CRYSTAL WALL, empêcher cette maudite gravité de nous aspirer comme des grains de sable ! Dépêches-toi, nous ne tiendrons pas bien plus longtemps !
SHION, silencieusement, absorba le cosmos de CALAHËL. Alors que le néant se formait autour d’eux, il téléporta le groupe sur un arpent de sol, miraculeusement épargné, au confit de la sphère.
- CRYSTAL WALL, hurla-t-il en dressant sa barrière protectrice.
- DOHKO, c’est à toi ! Ouvres une brèche avec l’une de tes armes ! Nous n’avons plus beaucoup de temps ! Ma gorge me brûle, l’oxygène s’est déjà raréfié !
Le SAINT de la BALANCE, épée en main, allait s’exécuter. Mais une pensée soudaine bloqua son geste.
- Pourquoi t’arrêtes-tu, questionna GANYMEDE sans céder à la panique.
- Si je frappe la sphère, elle sera fragilisée ! En perdant de son homogénéité, peut être sera-t-elle attirée par le noyau gravitationnel ! Je pense que COBALT a soigné les moindres détails mais qu’il n’avait pas envisagé cette éventualité ! En ouvrant maintenant, nous condamnerons la cité, toute cette région ou peut être plus encore !
- Alors le choix est simple, conclut lugubrement CALAHËL. Il faut attendre que le processus s’interrompe de lui-même ! Je tiens à vous dire que j’ai été honoré de vous rencontrer et de combattre à vos côtés ! Puissent nos successeurs être animés de semblable esprit de justice !
Après ce monologue le SAINT, essoufflé, s’appuya sur l’épaule de DOHKO, afin de lui faire comprendre qu’il était désolé qu’il n’élucide jamais le mystère de ses origines. Finalement, ayant brûlé ses ultimes ressources, il s’effondra dans les bras du SAINT de la BALANCE.
- Ainsi tu n’auras pas à connaître les affres de la douleur, lui murmura-t-il. J’espère qu’à ton réveil, nous serons encore à tes côtés…
SHION, s’imprégnant de l’image de sa cité, commença à abaisser sa barrière défensive. GANYMEDE, calmement, l’en dissuada. Il se délesta de son armure qui se recomposa aux pieds du POPE en devenir.
- Dites au POPE et à CALAHËL que je leur serai toujours reconnaissant de leur inestimable présent ! Mon âme vous accompagnera toujours ! Veuillez bien sur la déesse !
- Que fais-tu… ?!
GANYMEDE, cosmos exacerbé, sauta par-dessus le CRYSTAL WALL. L’écharpe de SUN-YA enroulé autour du bras, il cria :
- SUN-YA, permets-moi de te rejoindre ! FIRELIFE COMBUSTION !!!
Tout se passa très vite. Le corps de GANYMEDE s’enflamma et, avant d’atteindre le noyau, explosa. L’explosion dispersa les gravitons agglomérés et fit perdre sa puissance à l’attraction mortelle. DOHKO, saisissant sa chance, écorcha la sphère et, CALAHËL sur l’épaule, se jeta à l’extérieur. SHION, écoeuré, saisit l’armure du VERSEAU et l’imita. La colonie était déserte. Le SAINT du BELIER, lucide, s’écria :
- La cité va imploser ! Nous ne sommes plus en sécurité ici ! Il faut nous enfuir !
- Je suis de ton avis, annonça un MÜ colossal, surgissant de nulle part. Permettez que je sois votre conducteur !
- MIRV !!!
Sans plus tarder, MIRV téléporta les trois SAINTS et l’armure auprès de sa tour de guet. Là, la population MÜ, sidérée, assistait à la fin de leur prodigieuse cité. Dans un vacarme infernal, la seconde MÜ et son pont d’accès plongèrent dans l’abyme. La tour de guet serait désormais le seul vestige de cette civilisation grandiose.
- L’attaque de COBALT a altéré le dispositif anti-gravitationnel de la cité, constata SHION. La ville était finalement plus fragile qu’il ne l’avait planifié…
- La seconde MÜ est détruite, pleurnicha ZEND. Tant d’efforts et de sacrifices réduits à néant en une minute…
Un peu oublié, CALAHËL, stupéfait, se réveilla et bafouilla :
- Suis-je aux enfers ?!
- Pas encore, répliqua DOHKO. Mais cela y ressemble !
- Où est GANYMEDE ?
Le SAINT de la BALANCE, incapable de parler, lui montra l’armure du VERSEAU, prématurément séparée de son propriétaire. CALAHËL, bouleversé, tourna le visage afin de dissimuler ses larmes. DOHKO, respectant sa pudeur, s’approcha de SHION, en colloque avec les quatre autres membres du conseil.
- Nous ignorions que COBALT était revenu, dit l’un d’eux. Je te le jure sur tout ce que j’ai de plus cher !
- Je vous crois, coupa-t-il. Mais maintenant que la cité n’est plus, les décisions s’imposent !
- Nous allons la reconstruire, proposa un deuxième. Elle sera plus belle et plus majestueuse qu’elle ne l’a jamais été !
- Ce n’est pas la bonne solution, rétorqua le SAINT du BELIER. Le vaste monde ne demande qu’à vous accueillir ! Pourquoi continuer à le fuir ?
- SHION a raison, approuva ZEND, pourtant reconnu comme le plus conservateur des membres du conseil.
- ZEND ?! As-tu perdu l’esprit ?!
- Au contraire, je le recouvre ! Même si aucun de nous ne consent à l’avouer, cette retraite était devenue beaucoup trop pesante ! Il est temps d’affronter nos peurs et de retourner auprès des humains ! SHION et COBALT ont ouvert la voie, à nous de la suivre ! C’est ce que l’ ELU désirait par-dessus tout !
- COBALT était obsédé par son ancêtre, murmura MIRV à SHION. Il aurait vendu son âme au diable pour parvenir à l’égaler. C’est pourquoi il est allé sur l’île de la reine morte. Il voulait découvrir la vérité. Savoir si, oui ou non, MELCHIOR était responsable de la disparition de notre première terre.
- Je le sais. Mais malgré cela, je l’ai envié. Il a été le premier à oser s’aventurer hors de la colonie. C’était un homme courageux, mais il ne se battait pas pour les bonnes raisons.
Ignorant les révélations des deux anciens APPENDIX, l’inaltérable ZEND déclara :
- Notre peuple doit nécessairement avoir un ELU à sa tête ! Désormais, il nous faut une personne capable de nous guider au mieux dans ce nouvel exode ! Je propose que cette fonction soit attribuée à SHION qui connaît déjà le monde des prim… Des humains ! Il est le plus qualifié pour succéder à son père !
- Quoi ?!
Tous les regards convergèrent sur le SAINT d’or qui, lui, chercha de l’aide auprès de DOHKO et CALAHËL.
- Je suis honoré de votre confiance ! Mais je suis au service d’ ATHENA ! Vous me voyez contraint de refuser cette proposition ! Par contre, voici l’être qui pourrait parfaitement remplir cet office !
- Moi, s’écria MIRV, sur qui se braquaient toutes les pupilles.
- Malgré ses erreurs passées, MIRV est fort et sage ! Il saura, mieux que moi, veiller sur la colonie ! Qu’en pensez-vous ?
Les MÜ, y compris les membres du conseil, approuvèrent à l’unanimité.
- Tu n’as plus le choix mon ami ! Tu viens d’être élu par la vox populi !
MIRV, un peu dépassé, se reprit et accepta joyeusement ses nouvelles attributions. SHION, lui laissant la parole, revint vers ses frères d’armes.
- GANYMEDE est mort en héros, rassura-t-il CALAHËL. Je fais le serment que son sacrifice n’aura pas été vain !
Le SAINT du SAGITTAIRE, bien que toujours peiné pour son ami, se révéla inquiet pour une tout autre raison.
- Le sanctuaire est en danger, cracha-t-il. Je le sens distinctement !


A suivre...
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MessagePosté le: Lun 26 Mai - 15:19 (2008)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

Très long à lire, mais ça en vaut la peine. C'est excellent. J'ai beaucoup aimé l'histoire des MÜ et de leur cité. Les combats sont toujours aussi intéressants. Il y a tellement de détails, tu as beaucoup d'imagination Chrysos. C'est superbe. J'ai beaucoup aimé aussi les pouvoirs de gravité de Cobalt ainsi que la théorie des gravitrons..

Tu fais mourir Lawrence et Ganymede.. Mais dans l'animé, il est dit que les précédents Saints d'or ont été tués au cours de la bataille d'Hades...
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MessagePosté le: Jeu 27 Aoû - 23:16 (2009)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire Répondre en citant

Et voilà, je continue la lecture de ton histoire en relisant cette partie 2. Je ne vois pas quoi dire d'autre: c'est tout simplement excellent. Tout y est. Tous les éléments pour réaliser un très bon récit. Sans compter que l'esprit Saint Seiya est plus qu'omni-présent.

COBALT est un adversaire redoutable. J'aime beaucoup ce personnage. Ses techniques de combat sont incroyables et sortent de la traditionnelle "surpuissance", c'est du jamais vu dans Saint Seiya. La gravité, il fallait y penser. Je me demande comment tu as fait pour imaginer un tel scénario! Je me régale.

Ecrire le nom des personnages en majuscules, c'est très bien aussi. Ca donne du relief, au sens propre comme au figuré. Très bien pensé.

Tout ce que j'espère, c'est que la fanfic que je suis sur le point de commencer, qui sera la suite de celle que je suis en train de publier, arrivera à la cheville de la tienne!

Félicitations Chrysos! Okay
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:38 (2017)    Sujet du message: Il était une fois au sanctuaire

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